C. LA VITESSE DES EAUX PENDANT LES CRUES
C — I^a vitesse des eaux daus les torrents pendant les
eraes.
(Extrait de Touvrage de M. SureU.)
Cherchons à nous faire une idée de la vitesse des torrents, lorsqu'ils sont gonflés par une crue.
On sait que dans les ^andes vitesses, la résistance à Técoulement est simplement proportionnelle au carré de la vitesse, et la formule qui exprime cette vitesse est alors celle-ci :
' «=81 sj'^
(D'Aubuisson, Hydraulique^ page 413.) Dans cette formule, p exprime la pente par mètre, s la section du fluide, et c le périmèlre mouillé. Elle convient mieux qu'aucune autre à l'écoulement des torrents. Appliquons-lui les données les plus ordinaires.
Supposons que les eaux coulent à plein bord sur une pente de 0",06 par mètre, et dans un canal ayant 8 mètres de largeur sur 2 mètres de hauteur. Je dois dire que cette dernière hypothèse se justifie par un bon nombre d'observations qu'on peut faire dans les parties où les torrents sont naturellement encaissés. Elle se justifie aussi par l'existence d'un grand nombre de ponts, dont le débouché présente toujours des dimen- * sions au moins égales à celles-ci^ et sous lesquels on a pu observer la hauteur des eaux dans les crues. Ainsi ces trois données peuvent être considérées comme exprimant les circonstances les plus ordinaires des crues, et comme étant toujours surpassées dans les grands débordements.
On a, d'après cela :
p = 0«»,06 s = 16™,00 c = i2",00 D'où l'on tire :
La vitesse des eaux serait donc d'un peu plus de 14 mètres par seconde.
Or une pareille vitesse est excessive. Celle des fleuves les plus rapides ne dépasse pas 4 mètres ; encore ces exemples sont-ils cités comme se rappoi-tant à des cas extraordinaires. La vitesse des vents impétueux est de 15 mètres ; ce qui est tout près de celle que nous venons de trouver. On cite, comme un cas de prodigieuse vitesse, l'exemple rapporté par Bouguer, d'un torrent, parti du Cotopaxi, et gonflé par la fusion brusque
dee neiges qui couvraient des bouches volcaniques. Ce torrent emporta six heures après l'explosion du volcan^ un village situé à trente lieues du cratère, en ligne droite. En admettant la lieue de 5,000 mètres, cela ne ferait qu'une vitesse de 6'°,94 par seconde ; et, pour arriver à la vitesse de 14 mètres, il faut supposer que les contours du terrain ont à peu près doublé le parcours. Or c est là justement ce qu'ajoute Bouguer, et son observation donnerait alors un résultat conforme à celui que le calcul nous donne ici, pour la vitesse possible de certains torrents.
Si Ton calcule la masse de liquide qui s'écoule dans l'intervalle d'une seconde, sous l'influence d'une vitesse de 14",28, par la section que nous avons assignée aux torrents, on trouve un cube de 228",48. — Pour se faire une idée de. cet énorme débit, il faut savoir que la Garonne ne débite, en femps ordinaire, que 150 mètres cubes d*eau, que la Seine n'en débite que 130, etc.. Ainsi, un tofrent de moins de cinq lieues de longueur, lorsqu'il est enflé par les orages, dégoi^e plus d'eau qu'il n'en passe ordinairement sous les ponts de ces grands fleuves!... 11 n*est pas surprenant, dès lors, que la durée des crues aoit si courte dans les torrents.
D. — Rapport da volame de la plaie an volame reeueilll dans des réservoirs on éeonlé par les rivières.
OBSERVATIONS DE M. LAMARLE.
Dans le mémoire de M. Lamarle sur l'alimentation du canal de la Sambre à l'Oise, publié dans les Annales des Ponts et Chaussées de 1842, on trouve (page 165) que les volumes d'eau recueillis pendant la saison froide se sont élevés jusqu'aux 65 centièmes des volumes de la pluie. Ce rapport est tombé à 0,015 et 0,007 en juin, s'est relevé à 0,29 en juillet, par suite d'un orage ayant donné 0,036 d'eau en douze heures. Il s'agit d'un pays de petits vallons, où ne jaillit aucune source pérenne d^une grande importance.
OBSERVATION DE U> MOCQUERY.
L'une des conclusions de l'étude de M. Mocquery sur la partie supérieure du bassin de la Saône (Anna/w, 1879) peut se formuler de la manière suivante :
La végétation et l'évaporation absorbent les 62 centièmes de la pluie ; la rivière débite 38 centièmes. Ces quantités sont des moyennes calculées d'après plusieurs années d'observations ; la part de l'eau débitée augmente en môme temps que le volume tombé, elle a été inférieure à 0,23 en 1858 et supérieure à 0,50 en 1867.