OBSERVATIONS DE M. REICH
On lit dans le mémoire de MM. Belgrand el Lemoine de 1870: a Le principe fondamental de M. Dausse, que les pluies d*été ne profitent point aux cours d'eau *, est applicable aux napper souleiTaines. Dans les terrains perméables, l'évaporation est tellement active pendant les mois chauds qu'une très petite pailie de la pluie arrive alors à ces mag^asins d'humidité. La differenceque présentent, sous ce rapport, la saison chaude et la saison froide est encore plus considérable que celle qui exprime lu proportion d'eau de pluie reçue dans des terrains imperméables, par les j^rands réservoirs artificiels. Toutefois pour que Ton puisse comparei entre eux les différents mois, nous donnons ci-dessous les nombres recueillis à Freyberg (Saxe), d'après une moyenne de vingt-neuf années d'observation (^1830-1858) par le .«savant M. Reich, inspecteur généraVdes mines de Saxe. 7>
Rapport^ pour les différents mois de tannée^ des quantités d*eau recueilUes dans les deux réservoirs de Freyberg à la quantité de pluie tombée.
Superficie du bassin versant 7,800 hectares environ.
Hauteur de pluie annuelle 794 millimètres.
Novembre..
Décembre.
Janvier
Février
Mars
Avril
Moyenne da 1"» novembre au 30 avril..... 0,»)2
Mal
Juin
Juillet
Août
Septembre . Octobre . . . .
Moyenne du 1» mai au 31 octobre 0,23
Moyenne générale de l'année..
OBSERVATIONS DE M. GRAEFF.
Dans le département de la Loire, sur le Furens, TAuzon et le Sornln M. GraëfTa trouvé les rapports suivants entre les débits des cours d'eai et de la pluie :
Hiver 1,245
Printemps . » 0,681
Été 0,272
Automne 0,630
Moyenne annuelle : 0,641.
1. C*est ce que nous avons appelé /^ seconde loi de Dausse, La premier concerne les rapports de fe pluie avec l'altitude .
Ces derniers résultats diffèrent beaucoup des précédents, parce que le terrain est granitique. Dans la région calcaire de l'étang de Gondrexange, le même auteur a trouvé : 0,86^, 0,458, 0,323, 0,491 ; moyenne annuelle 0,403. Gela prouve de nouveau qu'il ne faut qu'avec beaucoup de réserveconclure d'une région à une autre, tant qu'on n'est pas bien fixé sur les conditions comparatives géologiques, topographiques, agronomiques, 'etc. Cependant, en se reportant aux constatations des auteurs, on peut toujours évjter, quand on est obligé de faire des hypothèses, les grosses erreurs auxquelles on ne pouvait guère échapper autrefois.
E. — Lies torrents éteints.
(Extraits de Touvrage de M. Surell.)
De même que certaines rivières sont arrivées d'elles-mêmes à un état d'équilibre stable, certains torrents se sont éteints sans que l'homme ait eu à s'en mêler. « On est souvent frappé, dit M. Surell, dans son Élwle suj* les torrents des Hautes- Alpes, par l'aspect d'un monticule aplati, placé à la sortie d'une gorge, et dont la surface est dressée en éventail, suivant des pentes très régulières : c'est le cône de déjection d'un ancien torrent.
« Quelquefois, il faut une longue et minutieuse attention pour discerner la forme primitive, masquée comme elle est par des massifs d'arbres, par des cultures et souvent même par des habitations. Mais lorsqu'on l'examine avec soin et sous plusieurs aspects, la figure si caractéristique des lits de déjection finit par apparaître très nettement, et il devient impossible de s'y méprendre. Le long du monticule découle un petit ruisseau, qui sort de la gorge et traverse tranquillement les champs : c'est lui qui formait l'ancien torrent. Dans le fond de la montagne, on découvre l'ancien bassin de réception; reconnaissable aussi par sa forme.
« Ces torrents éteints (qu'on me passe cette expression) sont plus multipliés qu'on ne le pense d'abord. On en découvre un grand nombre, dès qu'on a une fois la clef de cette recherche, et qu'on dirige l'attention de ce côté.
(n L'emplacement du bourg de Saotnes^ entre Gap et Embrun, peut être cité, entre autres, comme un exemple fort remarquable de ce genre de formation.
« Le bourg tout entier, avec une partie de son territoire, est couché sur un cône de déjection dont la largeur dépasse 1.500 mètres, et couvert de champs fertiles. La nature de ce terrain n'est pas douteuse, non plus que son origine. Il a été fouillé jusqu'à de grandes profondeurs par les puits du bourg. Les tranchées d'une route nouvellement rectifiée l'ont éventré dans toutes sortes de directions. Dans le bas, la Durance a taillé des berges de plus de soixante-dix pieds de hauteur, qui forment