I. RÉSERVOIRS D'EMMAGASINEMENÏ DES CRUES
Soit MBACN (fig^. 4) la courbe des débits en cet endroit. Si, immédiatement en amont de cette localité, on avait un réservoir dans lequel on pût emmagasiner à volonté, à partir du moment T' où le débit est BT', tous les excédents de débits, jusqu'au moment T", où le débit est naturellement revenu à la même valeur, on aurait emmagasiné un volume représenté par la surface de la calotte BAC. Mais il est bien évident que ce moyen est tellement éloigné de) ceux qui sont praticables, qu'il ne peut donner qu'un aperçu très insuffisant des volumes qu'il faudrait réellement emmagasiner derrière un grand nombre de barrages cons-
truils à de grandes distances des points qu'il s*agit de protéger. Dan« l'hypothèse de ce calcul on retiendrait le strict nécessaire sans aucune déperdition, tandis qu'en réalité les effets des retenues se transmettraient toujours avec une très grande perte *.
Quoi qu'il en soit, si l'on voulait appliquer cette manière de découronner horizontalement les courbes des débits aux petits cours d'eau, au moyen de barrages disposés de manière à ne fonctionner que lorsque la crue atteindrait une certaine hauteur, il faudrait avoir égard à une nou-
1. On a depuis longtemps appliqué au Rhône cette manière simple d'avoir des limites inférieures des retenues, mais en ayant soin de prévenir qu'elle supposait des moyens surhumains. M. Vallès, page 292, l'a aussi appliquée à la crue de 1846 dans la Loire, à Roanne. Il a seulement omis de dire que les volumes ainsi calculés étaient nécessairement bien inférieurs à ceux qu'il faudrait réellement retenir.
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velle cause de déperdition des efTets des retenues pour les régions d'avaL
Rappelons, ce qui est connu de tout le monde, que lorsque les courbes des débits sont arrondies vers leur sommet, les débits maxima diminuent, dans la propagation du flot de la crue, de l'amont vers lavai (voir la noie B), et que cet aplatissement des crues est surtout très prononcé pour les crues courtes, comme le sont en général celle des petits cours d*eau. Or, si Ton tronquait horizontalement la courbe des débits MBACN, de manière qu'elle prît la figure MBGN, il arriverait que, dans sa propagation vers l'aval, elle commencerait par s'arrondir avant de s'abaisser, de sorte que dans l'endroit où le maximum se produirait dans un intervalle de temps TT", après le moment où Ton aurait commencé à faire la retenue, le débit CT" serait encore égal à BT'. Or si, par l'efTet de l'aplatissement naturel, le débit maximum AT avait dû se réduire à AjTi dans la localité d'aval, il s'ensuit qu'à l'endroit où la reteiîue serait opérée, le débit maximum serait diminué de AD, tandis que, dans la localité inférieure, il ne le serait que de A,D,.
Au point de vue de l'utilité des retenues pour les régions inférieures comme à celui de leur exécution moins difficile, et de l'avantage de la suppression de oute manœuvre dans laquelle on se tromperait [le plus souvent, les barrages avec ouvertures permanentes dans le bas nous paraissent, comme nous l'avons déjà dit, devoir être préférés. Dans le cas où des réserves d'eau seraient utilisables pour Tagriculture, des barrages pleins pourraient être adoptés si l'on parvenait à concilier d'une manière pratique l'intérêt des irrigations, qui ferait tenir les réservoirs pleins, avec celui des inondations qui demanderait qu'ils fussent vides*. Nous croyons donc nous accorder avec la plupart des ingénieurs, en supposant qu'ils seront disposés avec des ouvertures permanentes, ou entièrement fermés dès le commencement des crues, ce qui les fera agir sur des débits beaucoup plus petits que le débit maximum.
Pour avoir une limite encore bien inférieure des volumes à retenir pour abaisser en un endroit donné le débit maximum de AT à AT', on peut supposer que le barrage soit placé immédiatement en amont du point où l'abaissement doit être produit. Il fonctionnerait évidemment bien plus utilement qu'un ou plusieurs barrages situés en amont à de grandes distances, dont il serait impossible de coordonner le jeu de maniëi^ que dans toutes les crues, malgré leui-s innombrables variations, les effets utiles de ces retenues pussent s'ajouter au lieu de s'annihiler partiellement les unes par les autres. Dans cette hypothèse, sojt BAC (fig. 6) la courbe des débits avant l'établissement du barrage. Si, à la limite d'amont du remous produit par le barrage, la courbe des débits était sensi-
1. II est bien entendu que ces barrages pleins auraient des ouvertureB de fonds pour vider les bassins après les crues.