L. LES MARÉES ET LES CRUES
coulement est peu sensible. Il est à remarquer que là où les plantes de surface abondent, le fond se tapisse de mousse, de sorte que tôt ou tard, faute d'entretien, il aiTive que le coui-s de Teau se trouve complètement intercepté. C'est ainsi que bon nombre de fossés particuliers finissent par ne plus être en communication avec les grandes artères de dessèchement.
Les al(^ues, et notamment les hydrophytes, se développent aussi bien dans les eaux courantes que dans les eaux mortes. Elles forment des amas de lianes entrelacées qui amènent l'exhaussement de l'eau en diminuant sa vitesse. De plus, en prenant parfois leur point d'appui sur les parois du lit, les lianes déterminent souvent des espèces de bairages contre lesquels s'accumulent les matières étrangères charriées par les eaux. Ce n'est donc pas sans raison que les algues sont considérées comme une des plantes les plus nuisibles au bon entretien des artères de dessèchement. Nous ajouterons que, par les temps de forte chaleur, les hydrophytes se multiplient avec une incroyable rapidité.
Moyens préservatifs contre les plantes de surface. — Les plantes de surface s'enlèvent au râteau de bois à dents serrées.
Les crucifères et les naïades ne donnent lieu à aucune difiiculté, mais les algues, en raison de leur forme et de la flexibilité de leurs éléments, échappent presque toujours au râteau. Quand la faux les détache des rives, il arrive souvent que les lianes retombent au fond. Toutefois, on obtient un résultat assez satisfaisant en se servant de râteaux à longues dents, et en ayant soin de retourner le râteau plusieurs fois sur luimême avant de le retirer de l'eau.
Roussel, Conducteur des ponts et chaussées.
I^. — Lies miirées et les crues.
Quand on établit un barrage élevé, en travei*s d'une rivière, le remous s'étend au loin, mais en s'atténuant; si dans son amplitude se trouve un pont, le remous de celui-ci s'ajoute à- une fraction du premier, et ainsi de suite s'il y a d'autres causes de surélévation en remontant vers l'amont. C'est l'efTet bien connu de la cumulation des exhaussements ; mais il y a des atténuations à mesure que la distance augmente.
Le pont supposé ayant une section mouillée agrandie, en raison de la hauteur restante du remous du bai-rage, son remous propre est atténué, sauf le cas où l'effet du barrage aurait amené les eaux à dépasser les naissances.
La hauteur d'une cruej en un point donné d'une rivière, dépend de trois facteurs î
Le débit que verse Tamont ;
Le niveau existant en aval, au moment où se produit le maximum au point considéré ; '
Les circonstances locales en ce point.
Le relèvement, au-dessus d'une ligne régulière de pente passant par un niveau connu existant à une certaine distance en aval, ne dépend pas seulement de la différence entre le débit maximum et celui qui s'écoule alors à cette distance ; il résulte aussi de la sommation (Tune sorte dHnté" gralCy dont les éléments sont affectés de coefficienls d'autant plus petits qu'ils concernent des causes plus éloignées. Il va de soi que cette int^rale peut comporter des termes négatifs.
L'influence de la marée dans un proûl en travers lointain, vers l'amont, sans que des augmentations et diminutions alternatives de la hauteur s'y fassent sentir, a été singulièriement exagérée ^ Il semble qu'on admette que le phénomène de l'écoulement en Loire dépende seulement du niveau de la haute mer et non de celui de la basse mer.
Que le débit augmente dans un fleuve barré, et le point de tangence de la parabole du remous descendra vers l'aval ; qu'il diminue, et il remontera vers l'amont. De même l'influence d'une grande marée ne s'étend plus jusqu'à sa limite ordinaire, mais seulement jusqu'en un point d'autant plus rapproché de la mer que la crue est plus forte.
Tout au moins voudra-t-on bien admettre que l'influence de la marée sur des crues cotant environ 40 mètres à Nantes, au-dessus du zéro de Saint-Nazaire, ne peut être notable. La seule adhésion à cette conclusion, plus que justifiée, deviendra le point de départ de nouvelles recherches dans l'intérêt d'une grande cité terriblement menacée : on ne pourra plus rejeter sur la marée les maux présents et à venir, et les représentants locaux des populations, sortant de leur inaction, feront procéder à des études qu'ils conviei'ont ensuite l'administration à contrôler. Les faits bien éclaircis, tous les pouvoirs reconnaîtraient sans doute que des sacrifices sont nécessaires pour rétablir la situation, à Nantes même et dans le lit du fleuve jusqu'à la baie de Paimbœuf.
1. Le contre-courant de flot cesse d'exister longtemps avant les simples oscillations de la courbe des hauteurs. Pendant la crue du 9 février 1860 (planche du Rapport sur la transformation de la basse Loire ; in-4", 1869), qui n'a marqué que 4™ ,34 à l'échelle de Mauves, il n'y a pas eu de contre-courant à La Martinière ; l'oscillation des hauteurs, réduite a 1"^,13 en ce point, n'a pas été saisi ssable à Nantes. Cependant la marée dépassait 6 mètres à Saint-Nazaire, tandis que les vives-eaux d'équinoxe n'atteignent pas cette cote par temps calme. Les tempêtes ne relèvent jamais assez le niveau de la mer pour qu'il ne reste pas inférieur de plusieurs mètres à celui des crues extraordinaires à Nantes.
ANOBKS, IUPRIMKKIK DUKDIM KT C'^^^ RUE OARNIBR, 4.
ib^Gobgle-