‹ Hydraulique fluvialeChapitre 30 sur 152 · I. LES DÉBITS D'EAU ET DE VASE · texte numérisé non relu

I. LES DÉBITS D'EAU ET DE VASE

antérieurement déposées par cette rivière, et qui encombraient son lit. D après les chiffres qui précèdent, on ne sera pas surpris que celte opération, qui a d'ailleurs duré un certain temps, ait parfaitement réussi, car on peut confier aux eaux en mouvement des quanlités énormes de limon*. Mais l'exemple de la Vilaine nous montre que les eaux ne remettent pas la vase en suspension aussi facilement qu'elles la transportent : qi^and une marée dépose sur une surface qu'elle n'a surmontée que d'une faible hauteur, la vase reste, parce que la vitesse qui serait nécessaire pour la remise en suspension n'est reprise, après l'étalé, qu'à un moment où le dépôt est découvert ; les matières se tassent entre les marées, et à défaut d'une agitation marquée s'agrègent aux dépôts antérieurs ; il faut un travail de rhomme pour rétablir la situation. L'agrégation se produit aussi sur les talus. — Le succès obtenu par M. Eon- Duval s'explique sans doute par des circonstances spéciales ; il a néanmoins une grande importance, parce qu'il montre co que l'on peut parfois obtenir, en procédant près des embouchures vaseuses par voie d'entretien ••Malheureusement, une administration est moins propre qu'une corporation locale à procéder avec suite, quand il s'agit de choses de ce genre; les hommes changent, et les petits moyens n'ont pas toujours auprès des nouveaux venus le même crédit qu'auprès de leurs prédécesseurs.

&8. I^es colmateg^es dans la Oaronne. * Les matières limoneuses et vaseuses, dit M. Baumgarten dans son mémoire sur la Garonne, coulent d'une manière continue jusqu'à la mer. Il n'y a de dépôts en route que ceux qui se font dans les parties où la vitesse est tout à fait insensible; ce sont ceux qui fertilisent les alluvions ; la hauteur de ces dépôts peut être de 0'",40 à 0",50 par an, lorsqu'ils se font en contre-bas de l'étiage dans les circonstances les plus favorables.

&e. Vallée de l'Isère. — En cinq campagnes, dit M. Drizard

\, Toutefois, une partie de la vase ramenée par le (lot a dû laisser des dépôts au moment de Tétale en divers endroits, entre la mer et le point dévasé .

2. Voir, dans le même ordre d'idées, la notice sur le port de Landerneau (pages 143 et 144 dn Tome V des Ports maritimes de la France),

66 CHAPITRE ïir. LES COURS D'EAU

daas 8a note sur les colmatages de llsëre, nous avons obtenu des dépôts de plus de 2 mètres de hauteur et d'une grande richesse.

AO. La Crau. Les Landes. — Ce n*cst pas seulement au voisinage des rivières qu'une partie des limons est artificiellement retenue et utilisée; plusieurs canaux portent au loin des eaux vaseuses empruntées à la Durancc : a Dans la Crau, on remarque çà et là des parties cultivées, entourées de grands arbres au milieu desquels la ferme est cachée. Ce sont les oasis de la plaine. Sans transition, on passe de là plaine découverte, nue et brûlante, dans l'ombre fraîchement sombre des ormeaux et des peupliers, dont le pied baigne dans les canaux d'irrigation. A l'abri de ces arbres, tout réussit, caries eaux de la Durance, chargées du limon noir des terrains liasiques qu'elles traversent, sont portées jusqu'aux extrémités de la Crau... Les prairies défendues par les arbres à feuilles caduques contre l'ardeur du soleil en été, et fumées par le pacage des moutons en hiver, sont aussi vertes que dans le Nord de la France... Le mûrier, le figuier, l'olivier, le cerisier et les autres arbres fruitiers prospèrent à l'abri du mistral, défendus par les rideaux de magnifiques cyprès qui bordent les rigoles d'arrosement. Dans les mêmes conditions, les légumes prospèrent très bien sur le sol nettoyé de pierres, et réduit aux alluvions fertiles déposées par les eaux. » (Ch. Martins.) Ce tableau ramène forcément la pensée sur le célèbre projet de M. Duponchel, tendant à la transformation des Landes au moyen de là démolition d'un pan de montagne, et à l'aide de canaux portant les limons artificiels qui en proviendraient sur toute l'étendue de notre mer de sable.

61 . Limonaires dans le Doubs. — L'emploi « des eaux troubles pour le limonage des terres est, dans nos contrées^ comme partout ailleurs, une des opérations les plus fructueuses en agriculture ; mais ces eaux sont plus ou moins fertilisantes selon la qualité et la quantité de limon qu'elles charrient, et selon la saison et la hauteur des crues. » M. Parandier évalue à 150,000,000 de mètres cubes le volume d'eau trouble débité par le Doubs pendant une crue moyenne.

i. Le Doubs (Mémoire de M. Parandier.)

§ ir. LES DÉBITS DR SABLE ET DE GRAVIER 67

Chaque mètre oube tenant en suspension 427 gr. 60 de limon, il en passe 19,000,000 de kilogrammes, dont la plus grande partie est perdue pour l'agriculture. L'action des eaux troubles du Doubs est très renommée dans le pays ; mais on manque dos moyens nécessaires pour l'utiliser en grand.

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