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DÉBOUCHÉS DES PONTS

8&. lndi€sations de Ganthey. — « Le débouché d'un pont qu'on projette, dit Gauthey, est moins difficile à bien déterminer lorsqu'il existe près de son emplacement d'autres ponts sur la même rivière ; alors on a soin de mesurer pendant les crues la section du fleuve au passage de ces ponts et d'observer la vitesse de l'eau et la chute qui se forme ordinairement en amont. Au moyen de comparaisons fournies par ces données, on peut quelquefois fixer le nouveau débouché d'une manière assez exacte. » Eu d'autres termes, si l'on se trouve entre deux ponts ne donnant lieu qu'à une chute de quelques centimètres, de l'amont à l'aval, on adoptera le débouché le plus grand des deux, et l'on se tiendra la conscience en repos. C'est ce qu'on fait le plus souvent, et l'on n'a pas raison si l'on en juge par les résultats de nombreux procès*. « Entre deux ponts de 200 mètres qui se trouvent parfaitement suf-

1. Eq terminant ce résumé de Tarlicle de MM. Vaulhier, nous rappelons que M. l'ingénieur en chef Vauthier, l'un des auteurs, est bien connu des nydrauliciens et a été souvent cité par M. Dupuit. Voir notamment les Klude-f sur le mouvement des eaux, pages 8 et 9 de lavanl-propos et pages 88 et 89 (édition de 1863). Voir dans le même ouvrage, page 129 de i'éditionde 1863, des calculs amenant à la prévision d'une surélévation locale, dans un cas analogue à celui des i<", 20 dont on relate ci-dessus l'observation.

2, On lit dans le préambule d'un arrêt du Conseil d'État du 17 juin 1881 ce qui suit : a Considérant qu'il a été reconnu par tous les experts que les dommages qui auraient été causés aux propriétés voisines de r Hérault par la crue exceptionnelle de celte rivière, dans le cours du mois de sep^ismore 1875, ont été notablement aggravés, aux al>ords du pont de Paulhan, par suite de la modification apportée par l'établissement du dit pont et des remblais insubmersibles qui raccompagnent, dans le régime des eaux de la rivière; que, dès lors, la Compagnie requérante (Compagnie des Chemins de fer du Midi) était tenue d'indemniser les propriétaires des terrains inon*

fisants, à Tamont et à l'aval du point qu'on considère, un pont de 300 mètres ou de 400 mètres peut se trouver insuffisant. » Ainsi parle Dupuit. Nous allons donner sa démonstration.

SB. Objections de Dapuit. — Supposons les dispositions locales lîuivantes :

On a construit en AB un pont de 200 mètres ; la rivière était encaissée entre les deux rives, distantes aussi de 200 mètres et assez élevées pour que les plus grandes crues ne pussent les atteindre. Ce pont n'a eu et ne pouvait avoir aucune influence fâcheuse sur le régime des eaux. Maintenant on veut établir en amont un pont vis-à-vis de la ville C, où le profil de la rivière est tout à fait différent. Là le courant des grandes eaux est divisé en deux bras à peu près égaux, de 300 mètres de largeur, par une tle insubmersible, ayant 2 kilomètres de longueur. Le succès obtenu en AB peut engager ringénieur à fermer le bras EH et à établir un pont de 200 mètres dans le bras DC. Cette solution est d'ailleurs entièrement conforme à l'ancienne théorie. Or, voici quelles peuvent en être les conséquences.

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