V ANNONCE DES CRUES
Il est inutile d'insister sur la nécessité de prévenir les populations, lorsque des crues se préparent.
Pour les localités situées dans le haut des'vallées, il faudrait indiquer les hauteurs de pluie tombant dans ]a montagne, pour ainsi dire à mesure que le phénomène se produit; mais cela est malheureusement presque toujours impossible. Pour les localités plus basses, on fait connaître les hauteurs d'eau aux échelles d'amont, et les prévisions qui en découlent d'après la comparaison avec les crues précédentes /mais il est difficile de bien faire cette comparaison.
OV. Eies craes de la Seine A Paris. — Dans les bassins mixtes, comme celui de la Seine, le maximum des grandes crues est déterminé par les pluies tombées sur les parties imperméables. Les crues arrivent en trois ou quatre jours à Paris. Les eaux des terrains petméables soutiennent la crue, la font durer plus longtemps*
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§ V. ANNONCE DES CHUES t03
A la suite de rapprocfaemento patiemment faits, M. Belgrand a reconnu qu'on peut annoncer la hauteur d'une crue à Paris au moyen d'observations sur les affluents torrentiels : l'Yonne à Clamecy, le Cousin à Avallon, l'Armançon à Aisy, la Marne à Ghaumont et à Saint-Dizier, TAire à Yraincourt, TAisne à Sainte-Menehould. On néglige ce qui se passe dans le G&titoais et dans la Brie, dont les crues sont toujours passées quand arrivent les eaux torrentielles qui déterminent le maximum à Paris.
98. Réii;le approximative. — La hauteur de la montée à Paris, quand elle n'est pas précédée d'une décrue, est égale au double de la hauteur moyenne des crues des affluents aux points indiqués ci-dessus. Dans le cas contraire, il ne faut plus multiplier que par un et demi (exactement 1 ">. 55) au lieu de deux; mais il peut y avoir quelquefois de grands écarts, tandis que dans le premier cas ils ne dépassent pas 0°',60 d'après M. Belgrand. — C'est déjà beaucoup, et par conséquent il reste des efforts à faire pour perfectionner la méthode actuellement en usage.
Le Journal Officiel fait connaître les hauteurs probables trois jours à l'avance. Ces annonces ont permis de tracer les courbes de la petite plancïhe ci-jointe, pour la crue de novembre-décembre 4882.* Les différences ou erreurs sont quelquefois grandes, cîe qiiï^tiéiit en partie à ce qu'on s'attache à donner des chiffres pïiitbl'fbi'ts que faibles. Quand on sera plus assuré de rencontrer juste; on se défera sans doute de cette tiabitude, parce qu'il est fâcheux d'induire les gens en frais, pour ranger des objets qui n'auraient pas été atteints.
Nous voyons, dans le dernier compte rendu de M. de PréaudeaUf que le maximum annoncé pour la Marne à Çhalifert, eh mars 1882, a été de 1",63, tandis que la rivière ne s'est élevée qu'à 1",17. De même, pour l'Oise à Venette, â^jW au Ueu de 3°*, 14* Quelques faits en sens inverse se sont produits.
Nous avons indiqué sur notre planche, par une ligne poiutillée, les annonces rectifiées vingt-quatre heures après le premier avis* Les différences avec la réalité ne sont pas toujours dans le même sens que d'après les annonces primitives»
9B. Eies emes de la E<oire an Bec-d* Allier. — Premières prévisions. — M. Guillemain formule de la manière suivante, pour le Bec-d'Allier, Tune des méthodes qu'on peut suivre pour les premières prévisions des crues de la Loire.
Les débordements sont déterminés en général par les pluies de trois jours consécutifs.
Le maximum de la crue, au Bec-d' Allier, apparatt de S8 à 60 heures après le moment qui peut être considéré comme le centre de la période pluvieuse occasionnant chaque onde, dans la partie supérieure de la vallée.
Les rapports de la hauteur de la crue à la quantité d'eau tombée' sont à peu près les suivants, une /ois que les terraùu sont imprégnés Seau :
Règle. — 12 millimètres par jour^ pendant trois jours consécutifs, amènent la Loire à remplir son lit, c'est-à-dîre à un état voisin du débordement.
20 millimètres par jour^ pendant trois jours consécutifs, donnent une crue de i^^ySO au dessus de Tétiage.
35 millimètres/?ar/our, pendant trois jours consécutifs, sont suivis d'une grande inondation, comme celle de 1866.
Ces indications font connaître le rapport présumé de la hauteur de la crue à ce que M. Guillemain appelle la pluie effective^ entendant par cette expression celle qui produit un effet direct sur la crue, quand la terre ne peut plus rien absorber. Lorsque le sol n'est pas saturé, les renseignements udométriques qui parviennent à l'Ingénieur donnent la pluie brute, et non la pluie nette ou effective ; pour se rendre compte de l'absorption, on observe les effets de la pluie sur les cours d'eau, effets qui sont d'autant moindres que les terrains sont plus altérés.
Correction. Des comparaisons suffisamment prolongées semblent démontrer que la saturation existe lorsque l'échelle du Bec-d' Allier marque 1", 30, tandis qu'il faut 39 millim. de
i. Évaluation de la pluie moyenne : On se rend compte par les reoseignementsudom étriqués de la quantité d*eau tombée, moyennement, dans le bassin en amont du Beo-d'AIlier. On partage, pour y arriver, ce bassin en un certain nombre de régions, de superfîcies connues, contenant chacune un ou plusieurs udomètres, et Ton en déduit la quantité moyenne d*eau tombée chaque jour, pendant Ja période pluvieuse qui donne naissance à la crue.