V. ANNONCE DES CRUES
pluie, quand la rivière est à Tétiage, pour ramener le 8ol à ne plud rien absorber. On admet qu'il suffit de prendre, entre zéro et 0,039, un nombre calculé par une proportion quand la hauteur à Féchelle est entre l^'ySO et zéro. La crue d'octobre 1872 a été causée par une chule d'eau de O'^yOSS, qui a eu lieu les 18) 19, et 20. Le 18, la cote de la Loire étant deO"^, 90 audessus de Tétiage, le nombre de millimètres à retrancher d'après la règle admise se trouvait égal à 12. Mais il était déjà tombé, le 15, le 16 et le 17, dix millimètres d'eau, qui avaient commencé à saturer les terres; il ne restait donc que 6", 002 à déduire du total fourni par les udomètres^ pendant les trois jours principaux. Cette crue d'octobre coiTCspond en résumé à une pluie effective de 0,036 en 3 jours; sa hauteur a été de 4-',25.
« Nous concluons de cet exposé, dit M. Guillemain, que l'on peut, soit par ce moyen, soit par tout autre, tenir compte de toutes les données du problème, sinon d'une manière rigoureuse, au moins approximativement. On gagnera ainsi un ou deux jours pour un premier avertissement, auquel la précision est inutile, mais dont la diffusion peut être précieuse, en raison des préparatifs qu'exigent les sauvetages. »
lOO. Recherches complémentaires. ^ Les ingénieurs ne sont pas arrivés à des résultats complètement satisfaisants, et il faut chercher encore. Mais on est dans la bonne voie, et l'annonce des crues sera faite avec une approximation de plus en plus grande. L'organisation du service est très avancée, et le public est à l'abri des désastreuses surprises qui l'ont frappé à d'autres époques : si les populations de la Garonne avaient été mieux renseignées en 1875, les statistiques n'auraient pas eu à enregistrer les chiffres qu'on va lire.
Signalons les recherches de M. l'Ingénieur Mocquery, publiées dans les Annales de 1879. D'après l'auteur, on peut établir, pour les parties supérieures du bassin de la Saône où les crues se propagent sans rencontrer d'affluent, des formules donnant les hauteurs à 10 ou 15 kilomètres en aval de chaque point d'observation. Les avis télégraphiques n'arriveront pas avec^une grande avance; mais ils pourront cependant êlro utiles.
i06 CHAPITRE IV. LES CRUES
lOI. Garonne^ 540 victimes. — Des relevés officiels onl fait connaitre que le nombre des victimes a été, pendant rinondatioii de 187S :
Ariège 73
Haute-Garonne 330
Tarn-et-Garonne 116
Lot-et-Garonne 20
Gironde 1
Total 540
Eu septembre 1875, des pluies désastreuses se sont abattues sur les départements deTAude, de l'Hérault, de la Lozère, de TArdèche et sur une partie des déparlements voisins. La ville de Saint-Chinian est située sur un pelit afUuentde TOrb^ dont le lit est resserré entre deux rangées de maisons; le 12 septembre les habitants furent surpris par une crue si haute que vingt maisons furent détruites, si subite que cent personnes furent noyées.
1€M. E«a crue de Janvier 1 V05. — Les arches des an* ciens ponts de la Seine, dit Belgrand {Etudes hydrologiques ^ 1872 ; page 317), étaient très petites et, dans les fortes gelées, lesglacess'accumulaient facilement en amont et y formaient de véritables barrages. Chacun de ces bandages déterminait au-dessus des ponts une retenue d'eau plus ou moins grande^ et au moment de la débâcle cette retenue, brusquement lâchée, s'augmentait de pont en pont d'une manière eKtranaturelle.
L'accroissement de hauteur qui en résultait à Paris était quelquefois considérable.
Ainsi, en janvier 1795, la rivière, prise de glace depuis le 25 décembre 1794, par des eaux très basses, était tombée à un niveau très voisin du zéro à 1 échelle de la Tournelle. Le dégel et la débâcle, survenus le 27, firent monter en deux
jours le niveau de Tcau à S",36; deux jours après il tombait à 3", 75. De telles oscillations ne peuvent s'expliquer que par la lâchure bnisque des retenues, produites à chaque pont par les barrages de glaces.