‹ Hydraulique fluvialeChapitre 51 sur 152 · I. DÉCLIVITÉS, VITESSES, GRAVIERS · texte numérisé non relu

I. DÉCLIVITÉS, VITESSES, GRAVIERS

vriers qui oot enterré ces rognures implantèrent à côté de menues branches de chêne pour pouvoir les retrouver plus facilement; ces branches, quoique cassées à la surface du gravier par la violence des eaux et couchées horizontalement, sont cependant restées attachées à la partie de la tige fichée dans le sol, et n'ont offert aucune trace de strie ou de frottement provenant de matériaux roulants.

« On peut donc affirmer qu'aujourd'hui les graviers proprementdits de O'^jOS à O'^ylS de long, comme ceux de la Garonne, marchent très peu ; que leurs déplacements sont tout à fait locaux; qu'ils proviennent en général des bancs de gravier contemporains d'un grand cataclysme bien antérieur aux temps actuels, bancs que l'on trouve à une très grande hauteur audessus des plus grandes crues, qu'il n'en descend guère ou pas du (oui des montagnes actuelles. Ce qui est encore une preuve à l'appui de cette opinion, c'est qu^en aval de Rioms ou de Langoiran» dans le département de la Gironde, on ne rencontre plus de bancs de ces graviers ; s'ils s'arrêtaient et s'accumulaient en route, le fond du lit s'exhausserait; or ce lit ne s'exhausse pas ' non plus, puisque sur un grand nombre de points Ceau coule non sur le gravier mais sur le tiifj F argile et le roc qui forment le terrain tertiaire de la vallée. »

Le sable ne forme qu'exceptionnellement des bancs isolés, mais il est mêlé au gravier, dans la proportion de 20 à 40 pour cent. Les courants violents de la Garonne l'entraînent jusque dans la partie maritime du fleuve et dans la Gironde.

« Les matières limoneuses et vaseuses sont tenues en suspension dans l'eau et coulent avec elle d'une manière continue jusqu'à la mer*. Il n'y a de dépôts en route que ceux qui se font dans les parties où la vitesse est tout à fait insensible ; ce sont eux qui fertilisent les alluvions. La hauteur de ces dépôts peut être de 0",40 et 0"*,S0 par an, lorsqu'ils se font en contre-bas de Téliage dans les circonstances les plus favorables. Ces matières en suspension colorent les eaux en rouge

i . On ne sait où Fauteur d*un ouvrage considérable, récemment publié, a recueilli les renseignements d*après lesquels il parle de Texhaussement du lit des rivières comme d*un fail ordinaire.

2. Sauf les retours par le flot, et sauf la chance qu'a chaque particule de se déposer à l'étalé^ en un point où peut-être elle ne sera pas reprise.

chocolat lorsqu'elles tirent leur origine du Tarn, en rouge jaune lorsqu'elles proviennent du Lot, en noir lorsque c'est TAveyron qui les fournit et en blanc sale lorsqu'elles viennent de la Garonne seulement. Dans les anciennes rives corrodées, on voit souvent les couches successives de ces vases de différentes couleurs, parfaitement caractérisées. »

CRUES ANTÉRIEURES A Ik SECOxNDE MOITIÉ DU XIX- SIÈCLE

118. Avant le Xl^ir siècle. — D'après M. Paycu (rapport du 22 mai 1867), de grandes crues ont désolé le bassin de la Garonne en 1428, 1435, 1599, 1652, 1653; mais ou u a pas de documents permettant d'en déterminer la hauteur. On peut cependant conjecturer que plusieurs de ces inondations ont dépassé tout ce qu'on a vu au xvni" siècle et jusqu'en 1856, date de la dernière crue étudiée par notre auteur.

1141. Crues do XTOI« siècle. — M. Paycn cite celles di* 1712, 1768 et 1770. Nous trouvons en outre, dans le mémoire de M. Baumgarten, 1772 et 1791, et pour le Tarn, 1766,1773, 1793; pour le Lot, 1728 et 1783.

La crue d'avril 1770 se serait élevée à 6°, 36 à Toulouse, 10»,58 à Agen, 10",76 àMarmande et 12»,43 àLangon. Les débits correspondants seraient: 4.300, 6.436, 6.035 et 7.999 mètres cubes. Une crue plus forte, en 1772, aurait atteint la cote de 7"*,88 à Toulouse (Dieulafoy).

Nous trouvons dans le résumé du t. III du Bulletin météorologiqu€j par M. Belgrand, que la crue de 1770 (6 au 9 avril) se serait élevée à Toulouse à 7",36, et celle de 1772 (8 au 9 septembre) à 7"*,80.

lis. Première molÉlé du XOL^ siéele.— - On n'a noté que les crues de 1807, mai 1827, et mai-juin 1835, plus quelques autres à Tonneins seulement* La première s'est élevée à9",'82 àLangon. La seconde à 6"',36 à Toulouse (7'",05

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