I. DÉCLIVITÉS, VITESSES, GRAVIERS
uaissance à des îles, qui commencent par n^être que des graviers blancs; quelques végétations spontanées se développent, puis les hommes font des plantations. Tantôt les rives se maintiennent intactes pendant de longues années, tantôt on constate (178S à 1825) des déplacements de plus de 500''* « Certaines corrosions n'ont lieu que pendant les moyennes et basses eaux : c'est ce qu'on remarque encore aujourd'hui à la rive gauche, vis-à-vis l'île Megniel, et ce qui a eu lieu anciennement à la rive droite, vis-à-vis l'île Lagahuzère. Cet effet se produit lorsque des bancs de graviers placés en écharpc dans le lit donnent lieu, par des eaux suffisamment basses, à des courants normaux à ces bancs qui vont frapper la rive opposée et la creuser à la base. D'autresxorrosions sont dues à la violence des courants directs, lorsque les eaux sont hautes. Enfin le plus grand nombre n'a lieu que par l'afTaissement et le glissement des berges, qui s'opèrent seulement deux ou trois jours après que les eaux sont rentrées dans leur lit, à la suite d'un grand débordement : dans ces circonstances les terres fortement imbibées sont poussées en dehors par les eaux qui, après avoir pénétré le sol de la plaine, refluent soutcrrainement vers la rivière, et n'étant plus soutenues par les eaux du courant finissent par s'affaisser. » (Baumgarten.)
Sur les bancs de graviers en mouvement pendant les crues, il n'y a que les graviers de la surface qui roulent; ils marchent sur une surface qui se relève assez doucement, franchissent l'arête et tombent sur un talus raide. D'autres les recouvrent, et ils ne se remettent en marche que longtemps après. Le talus terminal peut avoir un de hauteur pour deux ou trois de base. M. Baumgarten ayant fait mesurer la longueur de l'arête saillante d'une grève en marche, on a trouvé près de 180° ; l'année suivante, celte arête avait marché de 30", puis de 20° dans une autre année. Enfin, douze mois plus tard, des sables s'étaient déposés en aval et le talus n'était plus visible. La surface antérieure, sur laquelle les graviers roulaient, n'était pas un plan, mais une surface convexe dont la forme n'a pas varié. Les graviers mis en mouvement étaient assez me/èw^ et généralement de la grosseur d'une forte noix et de petits œufs de poule : la vitesse des eaux qui avait amené ce résultat pouvait bien êti'e de 2*» à 2»^50.
Lorsque les eaux sont très hautes, les g^raviers en roulant sur la surface inclinée antérieure peuvent en hausser Tarète, qui formerait un véritable barrage en eaux basses, si les courants ne creusaient des passes au travers avant le retour de l'étiage.
« ... Si les graviers (dans Tcxemple qui précède) ont avancé de 50 mètres en deux ans, il ne faudrait cependant pas en conclure que la marche générale des graviers dans la Garonne est de 25"" par an : cette marche générale est bien plus faible. » V arête ne descend que lorsqu'U survient une modification notable dans le lit, soit par la corrosion des berges^ soit par des travaux dans le lit mineur ou dam le lit majeur^ de nature à augmenter les vitesses et à rompre Téquilibre antérieur.
« Je me suis assuré, dit Baumgarten, que les graviers qui existent au milieu du lit même', et qui découvrent de 0",80 à l""^ quoique soumis aux plus forts courants, ne sont pas entraînés. Plusieurs ingénieurs ont exprimé des doutes à cet égard... ; ils pensaient qu'ils pourraient être entraînés par les hautes eaux et que les eaux moyennes en déposeraient d autres. Pour lever ce doute, je fis enterrer en novembre 1845, à des profondeurs de 0",15 à 0"*,30, des rognures de bois de 0",30 à 0",40 de longueur et de 0",20 de diamètre, dans quatre localités où les courants sont très forts... Le 16 août 1846, j'allai à la recherche de ces rognures; sur quatre, trois furent retrouvées à la même place, la surface des graviers était restée à la même hauteur. » La quatrième rognure avait été emportée.
« On ne peut pas non plus dire qu'il a passé par-dessus ces graviers, dont la surface est très compacte, et qui est formée par des galets qui ont en moyenne 0",08 et 0",10 de longueur ^ et dont quelques-uns ont même 0°,lo et 0",20, une certaine masse de menus graviers ou gros sable qui aurait exhaussé momentanément le fond pendant les hautes eaux, car les ou-
1 , ]J*après cela, on ne sera pas surpris d'apprendre, par la lecture d'un autre chapitre, qu*avec des rives défendues par des endiguemenls à tracés perfectionnés, des chenaux conservent de grandes profondeurs indéfiniment, sans dragages. 11 y a cerlainement encore des mouvements, mais non des déplacements de bancs.
2. On ne comprend pas très bien ce passage, mais on voit un peu plus loin Qu'il s*ogit de gros graviers. Ainsi, il y a des bancs en marciie formés de petits graviers ; les gros sont au contraire & peu près fixes.