I. DÉCLIVITÉS, VITESSES, DÉBITS
donne les débits jusqu'à 8 mètres au-dessus do Tétiage; les vitesses n'ont pas été mesurées par de plus grandes hauteurs.
Les débits de la Loire à Mauves.
( L'étiage correspond à 0™, 40 au-dossous du zéro de Téchelle locale.
153. Terrains impemiéables. — Près do la moitié de la superficie totale du bassin de la Loire se compose de terrains imperméables. Quand une masse de pluie tombe sur une partie de ces terrains, le fleuve reçoit très vite un immense volume d'eau, si la terre a été saturée pendant les jours précédents. Mais les divers affluents de là Loire ne sont pas soumis simultanément aux mêmes influences atmosphériques, fort heureusement.
154. E«esafflaents. — On divise les affluents en trois groupes :
Le premier, constitué par la haute Loire, rAllier et les petits affluents en amont du Boc-d'Allier, reçoit surtout les eaux amenées par les vents de Touest et du midi *.
Le second groupe est composée du Cher, de Tlndrc et de la Vienne, qui débouchent on Loire entre Tours et Saumur. Le bassin de ces affluents est très étendu; il ne compte pas moins de 60,000 kilomètres carrés composés, pour les trois quarts, de terrains perméables. Il est soumis à Faction des vents de l'ouest et du nord-ouest.
1. Les hautes montagnes d'où descendent la Loire et rAllier, « arrêtant au passage le courant pluvial de l'ouest et du nord-ouest, reçoivent des quantités d*eau considérables. » (Cézanne, p. 159.) Le faîte des Cévennes est situé entre les sources de l'Hérault et de la Loire ; le bassin de celle-ci renferme une petite surface de la chaîne, et cela suffit pour augmenter le nombre des inondations dans la vallée de notre fleuve central.
Lo troisième groupe est formé de TAuthion et de la Maine, qui reçoivent principalement la pluie par les vents d'ouest.
La Loire reçoit encore, à Nantes même : la Sèvre sur la rive gauche, TErdre sur la rive droite.
ISS. E«e transport des sables. — Voici comment Dubuat décrit le mouvement des sables dans une rivière :
La manière dont l'eau courante travaille le fond du lit, quand il est de nature à lui céder, et dont se fait le transport du sable qu'elle charrie avec elle, est loutà fait admirable, et mérite d'être rapportée. Tantôt c'est un tourbillon qui emporte la fumée; et cet effet a lieu quand la vitesse est assez grande pour que le choc du fluide soit pleinement victorieux de Tinerlie des molécules solides; tantôt c'est un travail réglé, plus paisible, et pour ainsi dire mélhodique, qu'on peut admirer comme un chefd'œuvre de dynamique. Je vais essayer d'en donner une idée.
Lorsque la vitesse au fond du lit est assez grande pour faire glisser ou roukr des corps spécifiquement plus pesants que leau, ces corps ne sont point entraînés d'une manière uniforme, mais ils cheminent, pour ainsi dire, par relais. Prenons le sable pour exemple : Quand le fond du lit est de sable un peu gros et bien visible, et que la vitesse s'y trouve de 10 à 12 pouces par seconde, il offre aux yeux le dessin de ces tapisseries connues sous le nom de point de Hongrie, en présentant des sillons irréguliers, dont la direction est perpendiculaire au cours de Teau. Chacun de ces sillons est composé de deux glacis à pente opposée; celui qui regarde le côté d'où vient l'eau est une pente fort allongée, dont le sommet est commun à l'autre pente plus roide, qui regarde le côté d'aval. Le profil d'un sillon est assez ressemblant à celui du glacis et du chemin couvert d'une place de guerre. A peu de distance du pied du talus le plus roide, commence la rampe douce d'un autre sillon, et ainsi de suite en descendant. Un grain de sable, poussé par le courant, monte la pente douce du premier talus, et étant arrivé au sommet, il roule par son propre poids du haut en bas du talus opposé ; là il demeure en repos, à Tabri de l'action du fluide, et il est recouvert par d'autres grains, qui viennent à leur tour. Ce travail ressemble assez à celui des terrassiers qui roulent la brouette, en montant avec leur charge la rampe du remblai, pour la verser au sommet, et en faire rouler les terres du haut en bas : ces grains de sable, ainsi enterrés, restent en repos, chargés et recouverts par les derniers venus, jusqu'à ce