CRUES ANTÉRIEURES AU XIX" SIÈCLE
l&O. Saint Grégoire le Grand. — Il faut mentionner d'abord les renseignements donnés par saint Grégoire de Tours, dans ï'Hisloire ecclésiastique des Francs : « La cinquième année du règne de Childebert, le pays d'Auvergne fut afUigé par de grands déluges, au point que la pluie ne cessa pas de tomber pendant douze jours. La Limagne fut tellement inondée que beaucoup ne purent faire leurs semailles. Les rivières de Loire et d'Allier, ainsi que les torrents qui se jettent dans cette dernière, se gonflèrent à ce point qu'elles dépassèrent des limites qu'elles n'avaient jamais franchies. Il en résulta la destruction de nombreux troupeaux, le ravage des cultures et la ruine de bien des édifices... On était au mois de septembre. »
Ift?. AI . Godard-FauUrier. — Les digues de défense contre les crues remontent, dans la vallée de la Loire, à une époque très reculée : « Après Louis le Débonnaire, dit AI. Godard-Faultrier (L*il/yoM,t. II, pages 212 et suivantes) les levées furent grandement négligées. On avait cessé de les confier à un corps régulier de travailleurs; elles étaient abandonnées aux soins de chaque propriétaire riverain. De là, ces courbes, ces angles, que l'on remarque encore aujourd'hui, et qui accusent Tabsence de tout ensemble; de là aussi, lors des grandes crues, ces inondations fréquentes dans la vallée (de TAu- Ihion).
Levée d'Anjou. — « Des le commeucemonl du xui° siècle, la levée d'Anjou pouvait servir de chemin aux piétons et aux
chevaux durant la sécheresse. Henri*, toujours en vue du commerce et de Tagriculture, contribua beaucoup à Tentretien et à l'accroissement des digues... Le plan conçu par les princes carlovingiens, abandonné avant lui à des directions partielles et capricieuses, recouvra son ensemble. Un corps fut formé, ayant ses privilèges, ses affranchissements, et devant en temps de guerre marcher sous une seule et même bannière. Il se composait des serfs habitant les campagnes voisines de la levée.
«... Le dessèchement progressif de la vallée, par l'effet des turcies, eut l'avantage de favoriser Taisance des serfs qui l'habitaient. A des époques perdues dans la nuit des siècles, les souverains de l'Anjou, afin de récompenser sans doute les travailleurs aux levées, leur accordèrent une parlie des terrains encore submergés, à la réserve de diverses redevances féodales ; ces terrains, insensiblement convertis en pâturages, demeurèrent indivis entre tous les habitants de l'ancien comté de Beaufort, sous le nom général de communs. » L'auteur parle des génisses « étendues sur une herbe fraîche, à l'endroit qu'occupait jadis le sable stérile de la grève. » Il semble que le large Val- de l'Authion ait été longtemps ravagé par les crues du fleuve, et que la levée ait limité les divagations de celui-ci. On ignorait alors que les digues insubmersibles surélevassent les inondations^ en les disposant de manière à défendre le Val contre les courants, tout en laissant des ouvertures pour l'entrée des eaux débordées, on aurait vraisemblablement mieux concilié tous les intérêts. Cependant il y aurait eu de sérieuses difficultés d'exploitation, eu égard à la largeur du Val; la création de tertres, pour y établir des villages, serait devenue nécessaire.
158. L.*abbé Travers. — La bibliothèque de Nantes possède le précieux manuscrit de Y Histoire des Evêques de Nantes, du comté et de la ville, écrit au milieu du xvm* siècle, qui a été publié en 1836 par MM. Forest et Savagner sous le titre :