‹ Hydraulique fluvialeChapitre 7 sur 152 · Première loi de Daasse. E.oi de Belgpnind. — La · texte numérisé non relu

Première loi de Daasse. E.oi de Belgpnind. — La

hauteur de la pluie annuelle croît en général avec l'altitude, jusqu'à une certaine limite. C'est la, première loi de Dausse [Anîiales des Ponts et Chaussées, 1842, page 186). On verra que, pour être exact, il faut compléter cet énoncé en ajoutant: « Sauf Taccroissement que provoque le voisinage de la mer. » — Sans parler de celle-ci, Dausse dit

« toutes choses égales d'ailleurs, » ce qui comprend aussi rinfluence de rorientation, etc. *. — Voici quelques chiffres : A Auxerre, où Tudomètre est à 122",30 au-dessus du niveau de la mer, on n'a eu que 0",500 en 1864, tandis qu'à Lacolancelle, localité située comme la première dans la vallée de l'Yonne, mais à l'altitude 279", 23, on a recueilH dans l'appareil 0",702. Il y a eu des différences analogues en 1861, 1862, 1863, 1866, 1867 et 1868 ; mais en 1863 une petite différence inverse a été relevée : 0°,732 à Auxerre, contre 0",71 1 à Lacolancelle. — En 1881 , la pluie recueillie au sommet du Morvan, à l'altitude 902», a été de 1"^,26 : aux Seltons, altitude 596», de 1~,40 ; à Joigny (82»), 0»,51. Le maximum de la pluie correspond à 600» de hauteur environ dans le bassin de la Seine.

On constate souvent la même loi pour une pluie distincte. C'est ainsi qu'on cite, dans le bassin de la Garonne, une pluie ayant donné 0»,044 à Agen, 0»,06l à Toulouse, 0»,069 à Foix et 0»,170 à la hauteur de 2,000 mètres environ. Des observations plus multipliées auraient peut-être fait découvrir un maximum entre les troisième et quatrième ordonnées.

Ligne des altitudes.

M. Belgrand a admis la Loi de Dausse ; mais il a cependant constaté des proportions inverses entre les altitudes et les hauteurs de la pluie annuelle, dans un certain nombre de circonstances spéciales. « Les plateaux et les pentes des montagnes sont déchirés par des vallées profondes, et ces vallées sont reliées entre elles par de grandes dépressions telles que celles de la Champagne sèche et humide, etc. 11 pleut beaucoup plus dans quelques-unes de ces dépressions que sur les montagnes et plateaux voisins. »

1. Loi d'Arago. — Notons en passant la loi d'Arago : « En un lieu queU conaue, la pluie s'accroît rapidement dans le trajet des couches inférieures de l'atmosphère. » Cette loi n'est pas en contradiction avec celle de Dausse.

§ IL LES PLUIES ANNUELLES il

Ce qui prouve bien que Finfluence de Taltilude peut être dominée par les formes du terrain et par Torientation des venls pluvieux, c'est qu'à Avallon et à Vézelay, sur les bords des coteaux qui longent le Cousin et la Cure, d la même altitudcy les hauteurs annuelles de pluie ont toujours été plus fortes au second point qu'au premier, de 1861 à 1868. En 1866, 0",738 à Avallon ; 1",244 à Vézelay. « Les vents pluvieux sont déviés par la masse montueuse du Morvan ; il passe beaucoup plus de nuages à Yézelay, qui est à l'extrémité du revers occidental, qu'à Avallon, situé sur le revers oriental. Des contrastes du même genre, mais beaucoup plus prononcés, se remarquent dans les pays de grandes montagnes. »

L'influence du voisinage de la mer sur la hauteur annuelle de la pluie a été signalée par M. Belgrand : au phare de Fatou ville (Eure) on a recueilli 0"',6S0 d'eau en 1864 contre 0°,500 à Auxerre. Les côtes du nord-ouest reçoivent de 0",80 à 1" de pluie, tandis que Paris n'en reçoit pas 0"»,60, année moyenne. Sur les montagnes, en 1881, la pluie annuelle a atteint de 1",13 (monts du Forez) à 1°,26 (sommet du Morvan) et 1",40 dans le Jura et les Vosges. Il paraît bien établi que la pluie décroît lorsqu'on s'éloigne de la mer, jusqu'en un certain point où l'influence de Taltitude devient dominante ; on a vu cependant que celle-ci ne se maintient pas toujours jusqu'aux sommets.

En conséquence, la loi de Belgrand^ qull convient de substituer à celle de Dausse, peut s'énoncer ainsi :

« En général, la quantité annuelle de pluie, dans un même bassin, varie en sens inverse de la distance à la mer, puis dans le même sens que l'altitude, du moins jusqu'à une certaine limite de celle-ci. »

ift. Fréquence des pluies. — M. de Gasparin donne les chiffres suivants :

Angleterre : partie occidentale, 160 jours en moyenne par an ; partie orientale, 153. L'automne l'emporte sur les autres saisons dans tout le pays, pour les nombres de jours comme pour les hauteurs de pluie ;

France : seplenlrionalo, 143 jours ; méridionale, 91 ; Russie : 101 jours.

&. de nord et le midi de la France. — Il pleut plus souvent dans le nord de la France que dans le midi. Si donc on se plaçait au point de vue de la fréquence du phénomène, la partie septentrionale devrait être classée comme étant plus pluvieuse que l'autre , tandis que nous avons dit le contraire en donnant les renseignements relatifs aux quantités annuelles d'eau tombée. Les jours de pluie se partagent à peu près également entre les saisons, à l'exception de Tété dans la partie sud (15 jours seulement).

6. L*a fréquence des pluies et Taltltude. — Réserve faite du voisinage de la mer, la fréquence des pluies diminue souvent quand on s'élève dans un bassin. En 187S, 122 jours à Lyon, 75 jours à Annemasse, tandis que les hauteurs d'eau recueillies sont, respectivement, de 0'",775 et i™,080.

9. Influence cétlére. — Quant à l'influence colière, les chiffres suivants la font ressortir. En 1872, à Yvetot, 223 jours pluvieux, tandis que la moyenne pour tout le bassin de la Seine ne dépasse pas 164 jours. Les plus hautes stations du Morvan se rapprochent des nombres relatifs aux stations du voisinage de la Manche.

En ce qui concerne la Seine, il existe un minimum vers le centre du bassin, pour les nombres de jours pluvieux, et deux maximums : dans le bas et dans le haut.

8. Comparaison des années. — Le phénomène de la pluie subit de grandes variations d'une année à l'autre (Annexe A), sous le rapport de la fréquence comme sous le rapport de la hauteur totale : 101 jours à Rouen en 1856, 197 jours en 1872.

.^ m. PLUIES PROLONGÉES 19

Page 1