PLUIES PROLONGÉES
Toutes ces moyennes : hauteurs, nombres de jours, n'ont d'intérêt que pour dos questions très générales. Quand il s'agit d'annoncer à Tavanco la hauteur d'une crue, c'est principalement aux chiffres concernant les dernières pluies qu'on doit avoir recours. Il ne faudrait pas d*ailleurs considérer comme suffisante l'observation des hauteurs depuis que le danger existe ; l'état antérieur du sol et des cours d'eau doit être, en outre, pris en considération.
•. Satorailon du sol. — Quelle que soit la saison, si la terre est saturée et les cours d'eau déjà en crue, au moment où de grandes masses liquides s'abattent sur un bassin, le résultat sera sensiblement le même.
lO. €>ae désastreuse. — C'est dans ces conditions qu*a eu lieu la désastreuse inondation de 1873 dans le bassin de la Garonne. «La crue des 22, 23, 24 juin, dit M. l'ingénieur DieulafoyS a été le résultat de plusieurs causes qui ont, les unes favorisé, les autres plus spécialement déterminé l'inondation. Dans la première catégorie nous devons ranger les pluies persistantes du mois de juin, qui ont accru les sources, déterminé un gonflement permanent des rivières et saturé le sol au point de le rendre imperméable, et incapable d'absorber de nouvelles quantités d'eau. Dans la seconde, les pluies d'orage tombées sans discontinuité les 20, 21, 22 et 23 juin, dans tout le bassin de la Garonne et de l'Ariège, et la persistance du vent ouest-nord-ouest pendant la même période. ^» M. Dieulafoy attribue à ce vent la fonte immédiate des « couches peu denses » des neiges « qui s'étaient depuis peu déposées. » Il parait qu'en réalité il n'est pas tombé de neige dans l(»s Pyrénées en juin 187S, mais il en restait certainement encore, et les eaux ont dû les entraîner.
1. Rapport du 3 août 1875. TouIousp, typographie Mélanie Dupin, 1875.
Dans les trois journées du 21 au 23, on a recueilli à Toulouse 0",123 de hauteur d'eau dans les pluviomètres et à Foix 0",179. La crue de TAriège est venue se superposer à celle de la Garonne, et a produit le gonflement final. La plaine de Toulouse a été subitement envahie et la crue s'est élevée à 9",47, tandis que la plus haute crue précédente n'était montée qu'à 7"88 (en 1772.)
Le maximum de la pluie n'a pas eu lieu, en juin 1875, dans la haute montagne ; mais vers son pied. Il n'y a pas eu de crue dans la partie supérieure du bassin de la Garonne.