‹ Hydraulique fluvialeChapitre 84 sur 152 · CRUES POSTÉRIEURES · texte numérisé non relu

CRUES POSTÉRIEURES

ei8. Crue de septembre tse3. — En 1857 et 1858, pas de crue atteignant 3", 50 au pont Morand ; en novembre 1859, crue de 4"»,80. Pas de crue en 1860; en 1861, 3",60; en 1862, 4™,20.

En septembre 1863, crue de 5™,! 8. M. l'ingénieur Gobiu en a rendu compte dans une note lue à l'Académie de Lyon le 26 février 1864. Nous lui empruntons les détails suivants :

La crue a été produite exclusivement par la pluie torrentielle qui est tombée dans le bassin du Haut-Rhône, pendant toute la journée du 25 septembre et toute la nuit suivante, sans interruption; le vent du sud soufflait avec intensité, et Forage a été tellement violent à Seyssel^ que les communications électriques ont été interrompues pendant plusieurs heures entre celte ville et Lyon.

§ ni. CHUKS POSTKRIKURES 251

L'Arve et le Fier, affluents du Rhône, ont été moins forts qu'en mai 1856; mais la rivière des Usses, qui se jette dans le fleuve au-dessus de Seysscl, n'a jamais atteint un niveau aussi élevé; TAin a dépassé la crue de 1856 de 0",33, au pont de Chazey.

Au-dessous de Seyssel, la pluie a été moins intense, et, à Lyon, il n'est tombé qu'une quantité d'eau insignifiante, bien que le ciel ait été constamment chargé de gros nuages noirs; la violence du vent a retardé la transfçrmation de ces nuages en pluie et les a accumulés sur les montagnes du haut Bugey. Sans cotte circonstance, qui a empêché les affluents inférieurs d'apporter leur contingent à la crue, l'inondation eut été au moins aussi désastreuse qu'en 1856. La comparaison des hauteurs montre que la crue de 1863 a été supérieure à celle de 1866 de 0",33 au pont de Chazey sur l'Ain, égale à Seyssel, inférieure de 0",98 au Sault, de 0",21 à Miribel et de 1°,04 à Lyon.

Les eaux ont envahi la plaine de la Chantagne (Savoie), en passant par les intervalles et les parties basses des digues ; elles se sont accumulées contre le remblai transversal du chemin de fer Victor-Emmanuel, où elles ont atteint le niveau des rails; elles se précipitaient ensuite dans le lac du Bourget, en passant sous les deux ponts de 80 mètres de débouché total, établis dans la plaine sous le chemin de fer ; la différence de niveau des eaux, à l'amont et à l'aval du remblai, était de 1°,02, au moment du maximum. Il en est résulté que la crue observée au hameau de Montcrsent, contre le Mollard de Vions, a dépassé de O'^jiO celle de 1856 et de 0",15 celle de

Le niveau du lac du Bourget s'est élevé de 1",42 pendant la crue, et il a atteint son maximum à Aix, le 27 septembre, entre dix et onze heures du matin, soit trente-six heures après le maximum observé à Chanaz, à l'embouchure du canal de Savières qui met en communication le lac avec le Rhône.

Le lac du Bourget ayant une surface de 38.660.000 mètres carrés, il en résulte qu'il a retenu, pour une ascension de 1°,42 pendant la crue, un volume d'eau de 54.897.200 mètres cubes; on voit qu'en retranchant de ce chifl^rc la part des affluents directs du lac, il reste encore un cmmagasinemcnt

.252 CHAPITRE Vil. LE RHONE

considérable dû au déversemenl des eaux du Rhône dans le lac et dont TeiFet atténue sensiblement la crue en aval.

Cette crue a permis de constater Tefficacité des travaux: exécutés pour défendre Lyon contre les inondations du Rhône, et, bien qu'elle soit notablement inférieure à <^.elle de 1836, elle eût cependant submergé complètement les anciens quais de Retz et de THôpital, ainsi qu'une partie du quai Saint-Clair. L'ancienne digue en terre, qui constituait autrefois la seule défense des Brotteaux et de la Guillotière, eût probablement été coupée; car la partie restante, qui protège encore quelques terrains eu avant de la digue actuelle, a été affleurée, et ce n'est qu'avec beaucoup de peine que les propriétaires riverains ont évité la submersion de leurs terres.

L'influence de la crue s'est fait sentir par infiltration, dans le lac du parc de la Tète-d'Or ; à l'origine de la crue, le niveau de ce lac marquait 2 mètres à l'échelle; il s'est élevé de 1 mètre et a atteint son maximum le 28 septembre, à six heures du matin; une heure après, on faisait déverser le tr.op-plein dans l'égout collecteur des quais d'Albret et Castellane, dont la vanne d'aval avait été ouverte à la fin de la crue pour rétablir les communications avec le fleuve.

M. Gobin a trouvé, à l'aide de flotteurs, que la vitesse superficielle du fleuve était de 3 mètres au moment du maximum, entre le pont Saint-Clair et le pont Morand.

IStO. Crue de décembre tS89. — Des crues de plus de 3", 50 à réchelle du pont Morand ont été constatées en juin i864 {4",36); octobre 1863 (3",93); avril 1867(3",o7); novembre 1870 (3•^97) ; mai 1872 (3^,67); octobre 1872 (3»,60) ; novembre 1874 (4'",67); janvier, août et novembre 1875 (4"»,79, 4»,89, 3»,58); mars 1876 (4«,21); février, mai et juin 1877(4",84, 4",06, 4'",2o); mai et décembre 1878 (3»,75 et 3»,89); juillet 1879 (3"",53); octobre 1880 (3»',70); 28 novembre et 5 décembre 1882 (4",03 et 3",60). Enfin, nous arrivons à la grande crue du 28 décembre 1882, qui a marqué 5",77 à l'échelle du pont Morand. En ajoutant les 0",38de différence accusés par M. Belin, cela fait 6", 15 au-dessus du plus bas étiage connu en 1856. Par rapport à l'étiagc de 1872 ( — 0",6l), 6'-,38.Ce sont les cotes 6'",60, de 1856, et 6'°,13 qu'il faut comparer, puisqu'elles partent du même repère. La crue de 1882

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