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I. LES EAUX, LES GRAVIERS ET LES LLMONS

Par exception le maximum de Tlsère, à Fembouchure, a été supérieur en 1856 à ceux des crues antérieures; mais à Grenoble le volume débité à la seconde a atteint en 1859 un chiffre beaucoup plus élevé qu'en 1856 :

Drôme, 1842 1.750 mètres cubes.

Ardëche, 1827 7.000 —

Durance, nov. 1843 .... 6.000 —

ItOO. Orandes craes antérieures à celle de 18SG. — On a gardé le souvenir d'un certain nombre de crues désastreuses : celle de 1548 paraît avoir été la plus haute de toutes. Dans le xvm' siècle, oncite celles de 1711 etde 1756; puis celles del802, 1811, 1812 et 1827 au commencement du xix®. La crue de 1711 eut lieu en février, celle 1756 en janvier, celle de 1811 en mai, 1812 en février, 1827 en octobre.

Nous arrivons à la grande inondation de 1840, « dont furent victimes neuf de nos départements les plus riches : la Côte-d'Or, Saône-et-Loire, TAin, Tlsère, la Drôme, TArdèche, le Gard, les Bouches-du-Rhône et particulièrement le Rhône, qui eut à supporter des perles incalculables. Des pluies torrentielles tombèrent sans interruption, du 27 octobre au 2 novembre, dans les bassins du Rhône et de ses affluents. Le Rhône rompit partout ses digues; il monta à Lyon à 5", 57 audessus de Tétiage * et se répandit dans tous les pays avoisinants avec une rapidité sans exemple, à ce point que, dans l'arrondissement d'Arles, l'eau couvrit 30.000 hectares de terres à plusieurs mètres d'élévation, et que la petite ville de Martigues, située à huit lieues des rives du fleuve, vit ses murs battus par les flots écumeux, entraînant tout sur leur passage. La Saône se joignit au Rhône, et les quartiers les plus populeux de Lyon furent engloutis. Quatre ponts furent emportés, et le nombre des habitations anéanties à la Guillotiière et à Vaise fut alors évalué à plus de cinq cents. Mâcon et Chàlons, arrosés par la Saône, ne furent pas à Tabri de ces désastres. D'après les relevés administratifs, dans le seul dé-

1. La crue de 1840 a marqué 5«.63 à l'échelie du pont Morand, 5«»,48 au pont de la Guillotière. D'après M. Belin, on avait reconnu avant 1856 que Fétiage réel était à 0»,38 au-dessous de zéro au pont Morand. Depuis, ou est descendu à0",61 (1872).

234 CHAFITHK Vil. LE RHONE

parlement du Rhône, les pertes s'élevèrent à environ quinze millions. » (Champion.)

Le Rhône déborda encore en 1842, 1844, 1846, 1849 et 1851 ; mais il n'y eut pas de grands dommages généraux.

Les plus grandes hauteurs atteintes par les crues du XIX* siècle, avant 1856, ont été de :

5°, 48 à Lyon, pont de la Guillotière, eu octobre 1840.

6 25 à Givors, même crue.

7 19 à Vienne, — 6 70 à Tournon, — 6 70 à Valence, —

8 65 à Avignon, — 6 87 à Beaucaire, —

5 38 à Arles, crue de mai 1811.

La crue de 1810 n a marqué que 5", 05 à Arles.

^Ol. Les Hauteurs. — Nous avons à mentionner d'assez fortes crues en 1852, 1851 et 1855.

On arrive ensuite à la désastreuse inondation de 1856, qui a atteint les hauteurs suivantes :

Lyon (la Guillotière) 5°^,72*

Givors 6 81

Vienne 7 15

Tournon. 6 55

Valence 7 00

Avignon 8 45

Beaucaire 7 95

Aries 5 58

Embouchure 40

En amont de Vienne et en aval de Valence (sauf une petite

1. D*après le proûl longitudinal de M. Belin, on aurait eu 6"^,60 ea amont du pont Morand^ avec une chute de 0'^,40 de l'amont à l'aval.

anomalie à Avignon), Tinondation de 1856 a été la plus forte du siècle.

Nous avons donné au paragraphe précédent les débits de celle crue, pour les rapprocher des débits d'éliage; nos chiffres ont été empruntés au rapport général dressé par M. rinspecteur Belin, sous la date du 30 novembre 1862. Ce document va nous fournir d'importants renseignements sur les études faîtes à la suite de l'inondation de 1856.

909. Défense des villes. — On s'est d'abord occupé de 'a protection des villes. Cette partie du programme conçu après les désastres de 1856 est aujourd'hui réalisée et toutes les villes de la vallée du Rhône sont bordées de quais solides et élevés. La dépense a été partagée entre l'État, les départements, les communes et les particuliers, conformément aux prescriptions de la loi du 28 mai 1858.

903. Bassin du Riiéne. — L'ensemble du bassin du Rhône a une superficie de 95.000 kilomètres carrés ; sur ce chiffre total, 7.000 appartiennent à la Suisse et 88.000 au territoire français.

Ce bassin comprend, indépendamment de la vallée particulière du Rhône, les grandes vallées de l'Arve, de l'Ain, de la Saône, de l'Isère, de la Drôme, de TArdèche, de la Durance et du Gardon.

Les affluents appartenant à la région des Alpes exercent une action prédominante sur le régime du fleuve ; aussi les basses eaux correspondent-elles à la saison d'hiver et les grandes crues ont-elles généralement lieu au printemps et en automne, c'est-à-dire lorsque des pluies intenses ou prolongées peuvent coïncider avec la fonte des neiges accumulées sur le massif des Alpes.

Le cours du Rhône sur le territoire français a une étendue de 523 kilom. qui se divise, au point de vue des inondations, en trois sections distinctes : le haut Rhône, de la frontière suisse à Lyon, 193 kilom. ; le Rhône intermédiaire, de Lyon à Beaucaire, 268 kilom. ; enfin le bas Rhône, de Beaucaire à la mer, 62 kilomètres*.

1 . On ne compte ici que la partie du cours du Rhône appartenant à la France : en ajoutant la portion qui coule sur ie territoire suisse, on trouve pour le cours entier du fleuve un développement total de 750 kilomètresi

En amont de Lyon (haut Rhône) les parties submersibles de la vallée sont sans défense contre les grandes crues. Sauf sur quelques points assez rares, la hauteur de la submersion n'y dépasse guère 1"^,50 à 2",00.

Dans le Rhône intermédiaire (de Lyon à Beaucaire), où la hauteur des grandes crues dépasse 8 mètres en certains points de la vallée, le plan d'eau atteint 3 mètres et 4 mètres audessus du niveau des plaines. Lorsqu'il eidste des défenses, elles consistent en travaux sans liaison entre eux. On parait s'être attaché surtout à arrêter les" courants par des digues en tête des plaines ; mais il y a des interruptions dans presque toutes ces digues, et d'ailleurs elles ne sont pas assez solides pour résister aux fortes crues ; des ruptures se produisent, bien que ce ne soient pas des digues insubmersibles. En réalité, toute la vallée, sur les 268 kilom. qui s'étendent de Lyon à Beaucaire, est aujourd'hui envahie par les grandes inondations, qui peuvent couvrir 41,000 hectares.

Quant à la dernière section, de Beaucaire à la mer, elle est protégée * par un endiguement continu qu'on a voulu rendre insubmersible, mais qui s'est toujours trouvé insuffisant en présence d'une crue exceptionnelle. Lorsque les digues sont rompues, tout le pays jusqu'à la mer, y compris la grande île de la Camargue, est livré à l'inondation sur une superficie de 159,000 hectares.

En définitive, une grande inondation peut, dans l'état actuel de la vallée du Rhône, envahir en dehors du lit du fleuve une surface de 220,000 hectares '. L'inondation ne se produit dans de telles proportions que par une crue générale tout à fait exceptionnelle. La génération présente n'a vu que deux crues qui soient dans ce cas, celles de 1840 et de 1856; le siècle précédent en compte également deux, en 1711 et 1755. La grande crue du Rhône en 1856 est la seule qui ait été

i . Si elle n'avait pas été protégée, la Camargue aurait bénéficié d'un colmatage naturel.

2. Les chiffres exacts, abstraction faite du lit du fleuve, seraient, savoir :

Haut Rhône, en amont de Lyon. . 19,821 hectares.

De Lyon à Beaucaire 41,004 —

De Beaucaire à la mer 158,023 —

Total . . . 219,748 hectares.

§ lï. INONDATION DE MAI ET JUIN 1856 237

étudiée complètement, et comme c'est en même temps celle qui a généralement atteint la plus grande hauteur, on a dû la prendre pour type des crues exceptionnelles.

5MI4I. Crue de tSSG. — On estime à environ 1.200 m. cubes par seconde le débit maximum de la partie supérieure du bassin du Rhône qui aboutit au Léman ; mais l'immense réservoir naturel que forme le lac réduit le fleuve aux proportions d'un affluent tout à fait secondaire. C'est en réalité l'Arve, dont le débit peut aller jusqu'à i.OOO mètres cubes par seconde, qui détermine les crues du Rhône à son entrée en France.

Au moment de la crue de 1856, le volume du Rhône à sa sortie du lac de Genève ne dépassait pas 325 mètres cubes. L'Arve Ta porté à 1,020 mètres cubes.

Sur les 175 kilom. qui séparent l'embouchure de l'Arve du confluent de l'Ain, le Rhône ne reçoit que des cours d'eau secondaires, dont les crues s'écoulent très rapidement et dont les maxima sont de beaucoup en avance sur celui du fleuve. En 1856 ils n'ont, malgré leur grand nombre, élevé son débit qu'à 2.800 mètres; mais à partir de l'Ain, dont le volume est comparable à celui du Rhône lui-même au point où les deux cours d'eau se réunissent, l'intervention des grands affluents, échelonnés dans le reste du bassin, exerce sur la progression de la crue, comme sur sa propagation, une action tout à fait dominante. On peut en juger par le tableau des débits, que nous avons donné au paragraphe précédent.

Malgré l'immense emmagasinement réalisé par la submersion générale de la vallée, et bien qu'à l'exception de l'Ain les principaux affluents soient restés en 1856 fort au-dessous des chifl'res de débit qu'ils ont atteint à d'autres époques, les apports combinés ont porté la crue du Rhône de 5.600 mètres cubes par seconde, débit constaté après l'addition de TAin, au volume énorme de 13.900 mètres cubes à Reaucaire.

Le maximum de la crue, qui a mis trente-six heures à se propager de l'Arve aux abords de l'Ain sur un parcours de 175 kilom., s'est manifesté dans une même journée (le 31 mai) sur les 316 kilom. qui s'étendent du confluent de l'Ain à

Arles. Entre TArdèche et la Durance, il y a même eu, sur certains points, avance de quelques heures sur la date du 31.

On a observé que les forts débits du Rhône se transmettent ordinairement à Taval de Lyon avec une vitesse moyenne de 4 kilom. à l'heure. A ce compte, le débit maximum aurait dû se produire à Arles soixante-dix-neuf heures (soit plus de trois jours) plus tard qu'au confluent de TAin, tandis que sur les 316 kilom. qui séparent ces deux points le maximum s'est manifesté dans la même journée.

Ces deux faits^le débit presque triplé et la production pour ainsi dire simultanée du maximum de la crue sur tout le cours du Rhône, de TAin à la mer, c'est-à-dire dans la partie de la vallée où se trouvent toutes les grandes plaines submersibles, donnent la mesure de l'action des grands affluents.

A partir de Beaucaire, sur les 62 kilom. que parcourt encore le Rhône jusqu'à la mer, il ne reçoit plus d'affluent. On a trouvé qu'en 1856 le débit total du fleuve, calculé seulement pour la période de débordement, a dû s'élever à seize milliards de mètres cubes. Ce chiffre, quelque considérable qu'il soit, n'est pourtant pas une limite supérieure. Il a été dépassé dans la crue de 1840. En effet, si cette dernière crue n'a pas atteint partout la hauteur de celle de 1836, en revanche elle a été très notablement plus longue, de sorte qu'en définitive son débit total a été bien supérieur et a provoqué une submersion plus prolongée.

90&. Dommages. — Les appréciations auxquelles on s'est livré portent l'évaluation des dommages, pour l'ensemble de la vallée du Rhône, au chiffre de 30 millions.

Voici comment se décompose ce chiffre :

Pertes de récoltes, fumier, bestiaux, bâtiments et mobilier agricoles 25.656.000 fr.

Réparation des digues 2.498.000

Excavations, ensablements, résultant de la rupture des digues 938.000

Total. . . . 29.092.000 fr.

Soit en nombre rend 30,000,000 fr.

90e. L.ac de Genève. Bassin de l*Arve. — Dans son état naturel, le lac réduit le Rhône à 300 ou 400 mètres cubes

par seconde ; on ne peut donc plus agir que sur ce débit restreint.

C'est ce qu'on ferait en construisant, à la sortie du lac, comme Ta proposé M. Vallée, un barrage qui permettrait d'arrêter au besoin toutes les eaux qui s'en échappent aujourd'hui en temps de crue. Ce barrage n'ayant que quelques mètres de hauteur totale, rien n'empêcherait d'y adapter des pertuis ordinaires. L'action de cette retenue se serait bornée en 1840 et 1856 à produire sur le maximum du Rhône à Lyon un abaissement d'environ 0",20. La dépense serait de cinq millions ' •

Intimédiatement au-dessous de Genève, le Rhône reçoit l'Arve. C'est le plus grand affluent du Rhône supérieur. Par suite de l'action modératrice du lac de Genève, ce sont les crues de l'Arve, dont le débit peut aller jusqu'à 1,000 m. cubes, qui déterminent les crues du Haut-Rhône à son entrée sur le territoire français.

1S09. Bassins da lae du Bourg^et et de TAin. — La vallée du haut Rhône, entre Genève et le confluent de l'Ain, ne se prêterait à l'établissement d'une retenue qu'au droit du lac du Bourget.

Ce lac, situé près de la ville d'Aix, a une superficie de 38 kilom. carrés. Il fait partie de la vallée du Rhône, dont il n'est séparé que par la plaine submersible et marécageuse de laChantagne; en temps ordinaire il n'est que faiblement alimenté, et verse ses eaux dans le Rhône par le cours d'eau improprement appelé canal de Savière. Mais dans ses grandes crues le Rhône submerge la plaine de Chantagne et se déverse dans le lac, dont il exhausse considérablement le niveau. En 1856, le débordement du Rhône a élevé les eaux du lac jusqu'à 2"*, 89 au-dessus de son éliage ; le volume d'eau emmagasiné dans son bassin et dans la plaine attenante a été de 9S millions de mètres cubes. Le lac du Bourget fait donc dès aujourd'hui pour les crues du Rhône l'office d'un véritable

1. Ces chiffres diffèrent un peu de ceux que donne M. Vallée. Mais cet ingénieur avait été inexactement renseigné sur le débit et la hauteur de la crue de 1856 à Lyon, et dans l'appréciation des dépenses il ne paraît pas avoir tenu compte des travaux aux quais de Genève,

2i0 CHAPïTRb: VU. LK RHONE

réservoir. C'est une retenue naturelle qu'il est utile de conserver dans rintérêt de la vallée du fleuve *.

On peut encore augmenter très notablement cette retenue en barrant le fleuve, afin d'élever son niveau au droit du bassin du lac. On a trouvé que la position la plus commode pour le barrage serait vis-à-vis Landaise. Il soulèverait les eaux de 6 mètres, ce qui augmenterait de 3 mètres la hauteur de l'eau dans la plaine submersible et dans le lac au moment d'une crue pareille à celle de 1856, et ajouterait un cube de 465 millions à la réserve qui s'est naturellement produite à cette époque. L'effet de cette retenue combinée avec le barrage du lac de Genève serait, toujours dams l'hypolhèse de la crue de 1856, de réduire de 1.000 mètres cubes environ le débit du Rhône et d'abaisser de 0",70 sa hauteur à Lyon. Malheureusement ce résultat ne pourrait être acquis qu'avec une dépense très considérable*.

La crue de TAin est en avance sur celle du Rhône. En 1866, son maximum a précédé celui du fleuve d'environ quatorze heures; si donc le régime du Rhône en amont n'était pas modifié, des retenues dans l'Ain, à l'aide de réseiToirs à pertuis libres devant retarder sa crue, risqueraient d'être nuisibles au confluent. Mais les barrages étudiés pour les lacs de Genève et du Bourget pouvant être établis avec des pertuis qu'on ouvrirait ou qu'on fermerait à volonté, on suppose que leur manœuvre serait réglée de manière à arrêter à peu près le débit entier du Rhône à un moment donné et bien avant le maximum, de sorte que le plein de la crue serait en réalité non seulement diminué, mais avancé. Les retenues de TAin, bien que retardant le maximum de ce cours d'eau, agiraient donc dans un sens favorable sur les crues du Rhône

1 . Si un endiguement mettait le lac du Bourget à Tabrî des crues du Rhône, une inondation comme celle de 1856 serait exhaussée à Lvon de 0».56.

2, L'établissement du réservoir du Bourget nécessiterait un grand lairrage mobile dans le Rhône et d'autres travaux d'une importance exceptionnelle. Il en résulterait une dépense totale de 20 millions.

On s'est demandé si, au lieu de barrer le Rhône, on ne pourrait pas augmenter l'action du lac sur les crues en facilitant l'introduction des grandes eaux par un large canal de dérivation entre le fleuve et le lac ? L'étude de celte question a montré qu'il faudrait faire une dépense de 14 millions et que l'abaissement des grandes crues produit par le lac dans son état actuel ne serait augmenté à Lyon que de 11 centimf'tres.

en cas de construction des deux barrages ; Tatténuation en 18S6 aurait atteint 1 mètre à Lyon.

ftOH. Bassin de la Saône. — Les parties de la vallée de la Saône soumises aux inondations fonctionnent comme de véritables réservoirs, et offrent un nouvel exemple à citer de l'action des retenues naturelles. Non seulement ce puissant emmagasinement amoindrit très notablement le débit maximum de la Saône à Lyon, c'est-à-dire au confluent, mais il allonge la crue et la ralentit à tel point que, contrairement à la règle générale, c'est ici Taffluent qui est en retard. Il est en effet bien constaté par des observations suivies pendant trente années consécutives, que la Saône monte et descend avec une extrême lenteur comparativement au Rhône, et que dans une crue générale son maximum ne se produit vers le confluent que quatre ou cinq jours après celui du fleuve.

En retardant encore la crue de la Saône par des retenues artificielles, il est clair qu'on agirait dans le sens d'une atténuation des crues du Rhône, et on a dû examiner si une pareille opération était praticable.

On ne saurait songer à créer des réservoirs supplémentaires en augmentant le grand réservoir naturel que forme déjà la submersion des plaines entre Lyon et Verdun ; les localités ne le comportent pas. Des réserves nouvelles ne pourraient être tentées qu'au-dessus de Verdun, c'est-à-dire dans les bassins du Doubs et de la Saône supérieure.

Le Doubs est le plus grand affluent de la Saône, son débit dépasse même celui de la Saône supérieure, à raison de la configuration particulière de la vallée principale et de l'ensemble du bassin. Sauf dans sa partie inférieure, à partir de Dôle, la vallée du Doubs se présente sous l'aspect d'une gorge profonde et étroite, où les élargissements sont rares et fort limités ; pas d'emplacements disponibles assez spacieux pour établir des réservoirs. D'ailleurs les crues du Doubs arrivant bien avant celles de la Saône supérieure ; les retards que causeraient des retenues tendraient à accroître le débit à Taval du confluent.

Le bassin du Doubs étant écarté, reste le bassin de la haute Saône. Un certain nombre de réservoirs pourraient

à la rigueur y être établis; mais ils seraient en général de capacités restreintes, et sans parler des dommages qu^ils causeraient en aggravant ou provoquant la submersion de terrains précieux, on va voir que l'opération ne serait pas justifiable.

On s'est rendu compte qu'un emmagasinement supplémentaire de 300 millions de mètres cubes dans la Ilaule-Saône, qui ne coûterait pas moins de 30 millions, n'aurait produit dans le Rhône, pendant la grande crue de 1840, que des abaissements ne dépassent pas 0",13 entre Lyon et Valence, ets'atténuant bien vite au delà, au point de devenir tout à fait nuls. On a également reconnu que, dans la crue de 4856, ces mêmes retenues n'auraient abouti pour le Rhône qu'à des relèvements. Ce résultat négatif est dû à ce que, en 18S6, le Rhône et la Saône ont subi plusieurs crues successives et rapprochées, de sorte que les réservoirs de la Saône s'étant rqmplis pendant la première crue de cette rivière et ne se trouvant pas encore vidés au moment de la seconde^ auraient en définitive augmenté le débit qui a contribué à l'inondation de la vallée du Rhône.

Ainsi, un emmagasinement supplémentaire de 300 millions de mètres cubes dans la Saône, pour lequel du reste on ne trouverait pas d'emplacements dans des conditions admissibles, n'aurait pour les grandes crues du Rhône que des effets insignifiants ou nuisibles.

Il convient en outre de faire remarquer que, dans toutes les grandes crues de la Saône, des retenues pratiquées en amont des plaines submersibles n'y réduiraient la hauteur de l'eau que dans une proportion trop faible pour diminuer sensiblement le champ de l'inondation, mais en revanche prolongeraient notablement la durée de la submersion. Or, pour ces plaines, c'est surtout cette durée qui est dommageable en été et au printemps.

909. Tallée de l'Isère. — Tous les points où la disposition générale du terrain paraissait favorable à la formation de grands réservoirs ont été explorés, tant sur les affluents que sur le cours de l'Isère. Mais partout on a dû reculer devant des conditions inacceptables. D'abord les crues des affluents ont sur celles de l'Isère une avance très notable, ensuite les réservoirs qu'on y créerait noieraient les plaines si rares et

parjconséquenL si précieuses de ces contrées montagneuses. Ce dernier inconvénient se retrouve également dans la vallée de risère où des réservoirs nécessiteraient le sacrifice des territoires les plus riches du pays. Partout d'ailleurs les barrages provoqueraient de rapides et abondants dépôts, et devraient être fondés sur des terrains d'alluvion et des fonds affouillables qui n'offriraient pas de garanties de solidité; enfin tous les réservoirs artificiels, sauf un seul, ne pouvant être placés qu'en amont de Grenoble, leur rupture exposerait cette grande ville à un désastre semblable à celui qu'elle a déjà subi en 1219.

Cette situation des réservoirs au-dessus de Grenoble, et la submersion qu'ils imposeraient aux plaines cultivées, soulèveraient certainement dans le pays la plus énergique opposition.

En somme le bassin de l'Isère ne se prête pas k l'établissement des retenues artificielles.

^lO. Bassin de la Dréme. — Le bassin de l'Isère est contigu à celui de la Drôme et les deux confluents ne sont éloignés que de 27 kilom. Ce dernier bassin, bien moins étendu que le premier, n'a qu'une superficie de 1.736 kilom. carrés. Pendant l'inondation de 1836, la Drôme a débité seulement 1.056 mètres cubes au moment du maximum; sa plus grande crue, qui date de 1842, a atteint vers l'embouchure le chiffre de 1.900 mètres cubes par seconde.

Un éboulement considérable, survenu dans la partie supérieure de la vallée de la Drôme, forma autrefois un barrage de 78 mètres de hauteur et détermina la création du lac de Luc. Mais, bien que sur ce point la rivière ne débitât dans ses plus fortes crues que 200 mètres cubes tout au plus, ce lac s'est comblé et il est aujourd'hui converti en une plaine marécageuse. Ce fait peut donner une idée de l'abondance des matières que charrient les cours d'eau qui descendent des Alpes.

Le bassin de la Drôme a beaucoup d'analogie avec ceux de l'Arve et de l'Isère. Sur les 20 kilom. qui s'étendent de Crest à l'embouchure dans le Rhône, la vallée principale présenterait toutefois de vastes emplacements pour des réservoirs ; mais ceux-ci causeraient la submersion de plaines cultivées

244 CHAPITRE Vil. LE RHOiNE

et de nombreuses habitations, et d'un autre côté le sol d'alluvion sur lequel il faudrait asseoir les barrages n'offrirait pas de garanties.

Les crues de la Drôme étant fort en avance sur celles du fleuve, des réservoirs établis dans le haut du bassin, à moins d'avoir des capacités que ne comportent pas la disposition des lieux, tendraient à aggraver la hauteur du Rhône au confluent.

911. Bassin de TArdéche» — Le bassin de TArdèche n'a qu'une superficie de 2.429 kilom. carrés, bien inférieure à celles des bassins de la Saône, de l'Isère, de la Durance ou de l'Ain. Cependant la crue de l'Ardèche dépasse quelquefois de beaucoup le débit de tous les autres affluents du Rhône. C'est ainsi qu'en 1827 le débit s'est élevé à 7.000 mètres cubes par seconde. L'énorme volume des crues de l'Ardèche tient à l'abondance toute particulière des pluies d'orage dans cette région, au relief de l'ensemble du bassin, aux pentes excessives des vallées et à l'absence de tout emmagasinement naturel. L'eau se précipite sur des pentes très déclives et arrive sans aucun arrêt au fond de vallées encaissées et très inclinées; les crues se produisent très rapidement, prennent des proportions énormes et passent vite *.

ftl ft» Météorolog^ie de l'ensemble du bassin du Rbéne. — En jetant les yeux sur une carte générale du bassin du Rhône, on s'aperçoit que la vallée du fleuve, les bassins de ses affluents sur les deux rivés jusqu'à la Saône inclusivement, et enfin tous les affluents sur la rive gauche en aval de Lyon, ont une orientation commune et par conséquent peuvent être en crue en même temps sous l'influence d'une même cause météorologique. On voit au contraire que tous les affluents de la rive droite situés à l'aval de la Saône, et en particulier le bassin de l'Ardèche, sont orientés dans un sens tout différent. Les grandes crues de l'Ardèche et des cours d'eau voisins ne doivent donc pas se produire dans les mêmes circonstances que celles du Rhône. C'est en effet ce que cons-

I . H est impossible de trouver deux exemples plus frappants que ceux de la Suône et de TArdèche des différences que provoquent, sur le régime des crues, la présence ou Tabsence d'emmagasinements naturels dans le bassin d*un cours d'eau.

tate ] 'observation. Tandis que des pluies persistantes, favorisant les fontes de neige sous Tinfluence des vents d'ouest et de sud-ouest, causent les grandes crues du Rhône, elles n'amènent comme en 1856 et 1840 qu'une crue très ordinaire dans l'Ardèche. Quant aux crues extraordinaires de ce dernier cours d'eau, elles sont toujours provoquées par les pluies d'orages survenant en automne, sous l'influence des vents chauds du sud-est. Ces vents s'engouffrent dans le bassin, amoncellent et élèvent les nuages orageux sur le flanc des Cévennes.

Il est fort heureux que les crues exceptionnelles de l'Ardèche ne puissent se combiner avec les grandes crues du Rhône, car le bassin de cet affluent ne se prête nullement à l'application du système des réservoirs artificiels*. Ici cène sont pas les conditions de solidité qui manquent, ce sont les emplacements; d'ailleurs un retardement du volume de l'Ardèche aggraverait la crue du Rhône au confluent.

913. Lies crues do Rhône et les réservoirs. — Considérons d'abord le premier gi'oupc, c'est-à-dire les retenues du lac de Genève, du lac du Bourget et du bassin de l'Ain. Leur emmagasinement total, correspondant à 285 millionsdc mètres cubes^ produirait sur une crue semblable à celle de 1856 les effets suivants :

lo L'abaissement de la crue serait insignifiant et en tous cas sans aucun intérêt en amont du lac du Bourget, le Rhône dans cette partie de son cours étant profondément encaissé à peu près partout ;

2^ Entre le bassin du lac du Bourget et Lyon il existe 10.000 hectares de plaines inondables; l'atténuation due aux retenues serait à peine de 0°,70 à 1 mètre en moyenne dans les grandes crues. Ce serait sans doute un avantage, mais on n'y attacherait qu'un très faible prix, attendu que la submersion ne serait pas complètement empêchée, que rinondatioii est bien moins dommageable dans le haut Rhône que la corrosion des rives, la divagatioîi du fleuve et la multiplicité de ses bras,

i . De grandes crues de l'Ardèche, comme celle de 1B27, peuvent produire une crue très marauée dans le Rhône en aval: mais il n'y a pas à s'en préoccuper, puisqu elles trouvent toujours le Rhône dans un état très ordinaire.

et que ce qui intéresse surtout les plaines basses de cette région, ce sont des travaux de fixation du lit et de défense des rives; or, un certain abaissement des grandes crues ne changerait rien à la nécessité, ni à la dépense de ces travaux ; . 3** Dans la traversée de Lyon, rabaissement serait d'un mètre environ ;

4* Quant aux abaissements qu'on réaliserait au-dessous de Lyon, toujours dans l'hypothèse d'une crue égale à celle de 1856, voici en quoi ils consisteraient :

A Taval du confluent de la Saône, 0'°,4i.

A Tournon (90 kil. à l'aval de Lyon), 0",25.

A Valence (110 kil. à l'aval de Lyon), 0™,21.

Au delà de Valence les abaissements deviennent tout à fait insignifiants.

Entre Lyon et Valence, où les plaines acccessibles aux crues sont peu nombreuses et peu étendues, et où d'ailleurs la submersion peut atteindre 2",o0 à 3",00, les atténuations n'auraient en réalité aucun intérêt, et elles seraient tout à faitinappréciables au delà de Valence, c'est-à-dire dans la région des grandes plaines submersibles.

Avec leur capacité totale de 322 millions de mètres cubes, les retenues étudiées dans le bassin de la Durance n'atténueraient une crue semblable à celle de 1856 que des quantités suivantes :

ABeaucaire (24 kil. en aval du confluent de la Durance), 0™,41.

A Arles (40 kil. en aval du même confluent) 0",14.

En somme, on arrive à conclure : que les grandes dépenses auxquelles la construction des réservoirs donnerait lieu ne produiraient pas d'efl'ets suffisants pour les justifier. L'importance et le grand nombre des affluents d'aval constituent d'ailleurs une situation spéciale.

En présence de cette conclusion on se demande si, à défaut des retenues, on ne pourrait pas recourir à d'autres moyens pour atténuer les dommages causés par les crues du Rhône ?

914. fixation des rives. — En fixant les rives du Rhône, en rendant tout à fait insubmersibles les digues continues qui existent à partir de Beaucaire, en protégeant cer-* taines parties précieuses du reste de la vallée contre les cou-

§ 11. liNONDATïON DE MAI ET JUIN 1856 247

rants et les débordements ordinaires par des digues submersibles, on arriverait à une solution satisfaisante.

Les dépenses s'élèveraient aux chiffres suivants : 1** Partie comprise contre la frontière suisse et Beaucaire :

Défense des rives 7.300.000 fr.

Travaux d'endiguemcnt 12.700.000

2° Partie comprise entre Beaucaire et la mer :

Défense des rives • 2.000.000 fr.

Travaux d'endiguement 9.300.000

Total pour l'ensemble de la vallée du Rhône . 3i. 300.000 fr.

1S1&. dallée de la Durance. — Des sources de la Durance jusqu'au ccmfluent de Bléone, en aval de Sisteron, c'està-dire sur un développement de 170 kîl.^ la vallée est étroite ; la rivière est souvent contenue entre des escarpements rocheux; la pente, d'abord de 9 mètres par kilomètre, ne s'abaisse pas au-dessous de S'^jSO ; les terrains cultivés que les eaux peuvent attaquer ou submerger no se rencontrent que de loin en loin et n'ont en largeur et longueur que des proportions fort restreintes.

Du confluent de la Bléone à son embouchure dans le Rhône près d'Avignon, laDurance a un parcours de i34kilom.Cette partie de la vallée n'a plus le même aspect que la précédente. Les coteaux s'écartent, la rivière, dont la pente est encore de 2 à 3 mètres par kilomètre, s'est créé, par suite de ses corrosions continues, un lit de 1,000 mètres à 1.600 mètres de largeur, à travers lequel le courant divague à toute hauteur d eau sans cesser d'attaquer les rives. En dehors de ce lit, dont les proportions exagérées ont été acquises aux dépens de terres productives aujourd'hui remplacées par des bancs de gravier stérile, des surfaces considérables, surtout dans la section tout à fait inférieure de la vallée, sont en outre submergées par les grandes crues.

On s'est naturellement demandé quel parti on pourrait tirer de l'emploi des retenues artificielles dans l'intérêt de la vallée de la Durance. Les réservoirs étudiés dans cette vallée pour atténuer les crues du Rhône amèneraient certainement un abaissement des grandes crues de la Durance. La dénivellation, qui serait d'environ 1 mètre dans l'hypothèse la plus

248 CHAPITRE Vil, LE RHONE

favorable à Tapplicatioa des réservoirs, diminuerait dans une notable proportion la submersion des terres cultivées. Mais la submersion, comme cause de dommage, ne vient qu'en seconde ligne; ce sont surtout les corrosions, les destructions de terrains par les courants qui donnent lieu aux plus grandes pertes. Or, les corrosions se produisant avec tout autant d'énergie par les crues qui ne débordent pas que par celles qui se répandent en dehors du lit, leurs effets destructeurs subsisteraient nonobstant un certain abaissement des grandes crues de débordement. L'établissement des réservoirs, évalué à plus de 30 millions, ne dispenserait nullement de la nécessité de fixer et de défendre les rives, opération de beaucoup la plus utile.

On a calculé que, dans la crue de juin 1856, survenue lorsque les récoltes étaient sur pied, les pertes de l'agriculture en récoltes et mobilier dans la vallée de la Durance n'ont été que de 400.000 fr., tandis que le dommage causé par les destructions de terrains, ravinements et corrosions s'est élevé à 1.700.000 fr. Les réservoirs, loin d'atténuer les effets des corrosions, tendraient plutôt à les aggraver en augmentant la durée des crues.

Sans recourir à l'abaissement des grandes crues , on peut, à l'aide de quelques petites digues, diminuer très sensiblement les effets exclusivement propres à l'inondation. La création de retenues artificielles dans le bassin de la Durance, qui ne serait pas justifiée par leur action modératrice sur les crues du Rhône, ne le serait donc pas davantage par des résultats utiles à l'égard de la vallée de la Durance.

Dans la partie supérieure du cours de la Durance, en amont du confluent de la Bléone, les travaux de défense directe seraient appliqués à un développement de rivière de 170 kilom. ; ils ne comporteraient que des digues longitudinales rattachées en tète à des points insubmersibles. Ces ouvrages, qui ne s'élèveraient au-dessus des grandes crues que vers leur origine amont, fixeraient le lit et arrêteraient les effets destructeurs des corrosions et des courants, sur les points de la vallée où des terrains cultivés se trouvent exposés aux attaques des eaux. Ils sont évalués à 3.000.000 fr. et n'intéressent néanmoins que des territoires formant ensemble

une superficie de 1.363 hectares, soit 2.200 fr. pour chaque hectare protégé.

Ce dernier chiffre dépasse de beaucoup la somme qu'on consacre ordinairement à la défense de territoires agricoles. Il faut d'ailleurs remarquer qu'il ne s'agit ici ni de grandes plaines, ni de travaux d'un grand développement qu'on ne saurait morceler. Chaque partie du territoire à protéger est au contraire de peu d'étendue, parfaitement indépendante, et n'exige que des ouvrages d'une faible longueur qu'on peut sans inconvénient entreprendre isolément. Sur certains points la dépense ne serait pas en rapport avec la valeur du terrain et dans de pareilles conditions les travaux de défense ne doivent être l'objet d'aucune mesure d'ensemble. Il suffit d'en laisser, comme par le passé, l'initiative aux propriétaires, aux communes, aux syndicats, en les aidant au besoin par des subventions.

Dans la dernière section du cours de la Duronce, sur le trajet de 134 kilom. qui s'étend de la Bléone au Rhône, la largeur de la vallée permet d'appliquer les défenses à de plus vastes territoires.

Le système indiqué par l'expérience des travaux déjà pratiqués avec succès dans cette partie de la vallée consisterait en épis insubmersibles se rattachant à un terrain peu ou point submer^^é, terminés par des portions de digues longitudinales. Ces épis, convenablement espacés, se raccordant naturellement aux ouvrages de défense exécutés antérieurement sur divers points, fixeraient le lit et éloigneraient le courant des rives qu'il attaque aujourd'hui.

910* Évaluations. — Les travaux défensifs, destinés à proléger les plaines d'une grande étendue exposées aux ravages des crues dans le bassin du Rhône, s'élèveraient au chiffre total de 63.500.000 fr., en y comprenant les 31 .300.000 dont on a donné le détail à l'article 214, savoir :

Vallée du Rhône jusqu'à Beaucaire 20.000.000 fr.

De Beaucaire à la mer 11.300.000

De TArve 2.800.000

De la Saône 4.000.000

Du Doubs 2.000.000

À reporter. . . . 40.100.000

250 CHAPITRE Vil. LE RHONE

Reporl. . . 40.i00.00a

De la Loue 1.400.000

De risfere 9.000.000

De la Romanche 1.000.000

De la Durance 12.000.000

Total pour le Rhône et ses affluents. . . 63.500.000 fr.

ftËK. Rcsunit\ — Les inondations du Rhône ne peuvent être atténuées dans une mesure suffisamment utile, eu égard au montant des dépenses, par la création de réservoirs artificiels ; mais on peut, à l'aide de défenses directes et locales, mettre les grands territoires submersibles, tant dans la vallée du Rhône que dans les vallées des principaux affluents, à labri d'une grande partie des ravages qu'ils subissent pendant les crues exceptionnelles.

L'ensemble des travaux qu'il y aurait à faire intéresse une superficie de 229.200 hectares. La somme totale de 63.500.000 fr. correspond à une dépense moyenne de 277 fr. 05 par hectare protégé.

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