LE SOL. — LES AFFLUENTS
1931. Terrains. — La Seine sort du calcaire jurassique, et en parcourt les divers étages qui s'enfoncent sous la craie. Sur certains points le sol est éminemment perméable; le cours d'eau disparait pendant les sécheresses à Ghanceaux, à Châtillon. Un peu en aval de Bar, la Seine traverse les gi es verts; avant d'arriver à Troyes elle atteint la formation crayeuse, qu'elle quitte en amont de Montereau pour couler sur le terrain tertiaire. Celui-ci est abandonné un instant audessous de Sèvres, où le fleuve traverse un lambeau de craie * .
La Seine reçoit quatre affluents principaux : l'Aube, l'Yonne, la Marne et l'Oise. Il faut citer aussi le Loing» à raison de l'étendue de son bassin, et la Barse qui a de l'importance malgré le peu de longueur de son cours ; son bassin étant tout entier dans les argiles du Gault, elle éprouve des crues subites, qui se font sentir à Troyes, bien que cette ville soit située un peu en amont de son embouchure.
Nous avons déjà enregistré les nombres représentant les
1. Voir le rapport de M. Mary sar les inondalions de la Seine, pages 11 el suivantes.
surfaces perméables et celles qui ne le sont pas, pour^rensemblc du bassin de la Seine, d'après Belgrand :
Terrains perméables 59.210 kil. carrés.
Terrains imperméables accidentés . . 9.705 — — Terrains imperméables plats 9.735 — —
Les terrains delà dernière catégorie sont qualifiés par Belgrand de neutres, au point de vue des crues, parce que les eaux de pluie ne s'écoulent pas rapidement à leur surface.
ftSft. L.'Aabe. — L'Âube sort des terrains jurassiques de
la Ilaute-Marne, au pied du mont Sauté, dont l'altitude est
de 520 mètres. Mais elle en sort sur un point où ces terrains
'sont moins perméables que ceux qui avoisinent les sources de
la Seine.
Comme celle-ci, elle traverse les grès verts qu'elle atteint au delà de Bar-sur-Aube, pour en sortir à Lesmont et entrer dans la formation crayeuse sur laquelle elle se maintient, jusqu'à son confluent dans la Seine à Marcilly. Ces deux cours d'eau se trouvent donc à peu près dans les mêmes conditions et ont sensiblement le même volume d'eau, au point où ils se réunissent; on estime que, dans les crues extraordinaires, i\f débitent àMontereau 1,200 mètres cubes par seconde.
^:13. L'Yonne. — L'Yonne se trouve dans une situation géologique toute différente. Elle prend sa source près de Château-Ghinon, à l'altitude 726 mètres, dans les montagnes granitiques du Morvan. Elle sort de cette formation à quelques kilomètres en amont de Clamecy où elle atteint le terrain jurassique, qu'elle parcourt en entier pour entrer, près d'Auxerre, dans les grès verts qu'elle quitte en amont de Joigny. Elle trouve alors la craie, et s'y maintient jusqu'à sa jonction avec la Seine à Montereau.
L'Yonne a plusieurs affluents, dont quelques-uns ont isolément une importance à peu près égale à la sienne propre à Clamecy. Ce sont l'Anguison, en amont de cette ville, et le Beuvron dans la ville même; la Cure, qui aboutit à Cravant ; le Serain et l'Armançon, dont les embouchures se trouvent à quelques kilomètres l'une de l'autre en amont de Joigny.
Les sources de tous ces affluents se trouvent ou dans le
§ li. LES PLUIES. LES CRUES 279
granit^u dans les argiles du lias, c'est-à-dire dans des terrains imperméables, de sorte que ces rivières, comme l'Yonne elle-même, ont un cours torrentiel dans leur partie supérieure.
Le Serain et TArmançon, les plus importants de ces affluents à leur sortie des montagnes de Bourgogne, coulent dans des plaines fertiles dont ils détruisent les récoltes en été; en hiver, ils les dévastent par les ravines qu'ils y creusent et par les dépôts de gravier dont ils recouvrent le sol.
5S341. La Marne. • — La Marne, comme la Seine et l'Aubé, prend sa source dans la formation jurassique inférieure, dont elle franchit tous les étages au fur et à mesure qu'ils s'enfoncent. Un peu en amont de Saint-Dizier elle entre dans les grès verts d'où elle sort à quelques kilomètres en amont de Vitry-le-Français, pour couler sur la formation crayeuse, qu'elle ne quitte qu'à Épernay, où elle trouve le calcaire grossier dans lequel elle se maintient, jusqu'à son confluent dans la Seine.
935 . Ei'Olse. — L'Oise prend sa source au delà de la frontière du Nord, près de Chimay, dans les terrains de transition. A peu de dislance en aval d'Hirson, où son altitude est de 190 mètres, elle passe à l'extrémité apparente de la formation crétacée inférieure, et se maintient ensuite jusqu'à son embouchure à Gonflans dans les terrains tertiaires.
Elle reçoit V Aisne un peu en amont de Compiègne. Celle-ci prend naissance au midi de Sainte-Menehould dans les grès verts, entre ensuite dans la craie sur laquelle elle se maintient jusqu'à Néufchâtel, où çlle atteint les terrains tertiaires qu'elle ne quitte plus jusqu'à son confluent dans l'Oise.