‹ HydrocéphaliesChapitre 32 sur 52 · ABCÈS DU CERVEAU · texte numérisé non relu

ABCÈS DU CERVEAU

Dans la majorité des observations que nous avons recueillies, le diagnostic posé avant l’intervention était celui d’abcès cérébral. Or, on découvrit à l'intervention soit une hydrocéphalie diffuse, soit une hydrocéphalie ventriculaire, parfois même une hydrocéphalie limitée à la fosse cérébrale postérieure.

L’abcès du cerveau a pour lui, en effet, la notion de sa relative fréquence. Bien qu’il soit une complication assez rare, il est cependant infiniment plus fréquent que les hydrocéphalies otitiques même considérées dans leur ensemble, et dans les diagnostics difficiles largument de fréquence a toujours du poids.

Surtout, nous l’avons vu, certaines hydrocéphalies ont une symptomatologie absolument analogue à celle de l’abcès cérébral. Comme lui, elles se manifestent par une poussée thermique initiale, puis par des symptômes d’hypertension intra-cranienne : céphalée, ralentissement du pouls, stase papillaire. Souvent, aussi, apparaissent des symptômes auxquels on attache une grosse importance clinique, et que l’on a considérés comme presque pathognomoniques d’une collection encéphalique : amaigrissement avec véritable fonte musculaire; des troubles psychiques qui réalisent à peu près la classique slow cérébration.

Ces symptômes peuvent être réalisés aussi bien par l’hydrocéphalie corticale diffuse que par l’hydrocéphalie interne, à condition que leur évolution se prolonge un peu. Le diagnostic est rendu encore plus difficile si, à ces symptômes, se surajoutent des signes de localisation : convulsions localisées à un membre ou à un côté du corps réalisant une épilepsie bravais-jacksonienne, si des paralysies surtout apparaissent : monoplégie, hémiplégie, aphasie. Ces symptômes, lorsqu'ils sont survenus au Cours d’une hydrocéphalie otitique, ont pratiquement toujours induit en erreur les otologistes qui les observaient, même ceux, comme Bœnninghaus, qui avaient particulièrement étudié la question depuis fort longtemps. à

Il existe pourtant des signes qui doivent permettre de faire le diagnostic de ces deux affections, à condition qu’on les recherche soigneusement et qu’on soit décidé d’en tenir compte, parce qu’on pense déjà à une hydrocéphalie possible.

Page 1