TUMEURS CÉRÉBRALES
Dans les formes lentes et subaiguës des hydrocéphalies otitiques, le diagnostic se pose surtout avec les tumeurs cérébrales. Ce sont incontestablement les arachnoïdites kystiques de la fosse postérieure qui prêtent le plus à erreur.
Claude, dans son remarquable rapport sur l’arachnoïdo-pie-mérite séreuse cérébrale, a parfaitement défini les éléments essentiels du diagnostic entre cette affection et les tumeurs.
Dans les formes pures de kystes arachnoïdiens, {es symptômes d'hypertension intra-cranienne sont plus tardifs et moins accentués que dans les tumeurs cérébrales, et la maladie se caractérise plutôt par des poussées évolutives aiguës ou subaiguës que par une accentuation lente, progressive, des symptômes comme dans les néoplasmes, sauf si ceux-ci sont compliqués d’hémorragie.
La stase papillaire manque souvent dans les arachnoïdites kystiques. Lewy considère même le fait comme caractéristique. Au contraire, dans les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure, cette stase est quasi constante.
Le liquide céphalo-rachidien normal dans les arachnoïdites kystiques ou même dilué (Lewy) présente, au contraire, très souvent de lhyperalbuminose et de l’hyperleucocytose dans les tumeurs. L'étude du quotient d’Ayala n’a de valeur que si on trouve une notable hypertension lombaire, et il permet seulement d'indiquer qu’on se trouve en présence d’une augmentation de volume de la masse encéphalique ou de toute autre néo-formation intra-cranienne avec une quantité relativement peu abondante de liquide.
Lorsqu'on soupçonne un arachnoïdite kystique, le quotient d’Ayala peut indiquer une hydrocéphalie ventriculaire communicante associée.
Ce que nous avons dit de la ventriculograpkhie et de l’encéphalographie pour les abcès est exactement valable enfin pour les tumeurs cérébrales. ;
A côté des arachnoïdites kystiques, les formes lentes, presque chroniques, d’hydrocéphalies corticales peuvent aussi être prises pour des tumeurs cérébrales. C’est là que le quotient d'Ayala, que certains discutent d’ailleurs, semble avoir le plus de valeur. Néanmoins, le diagnostic reste souvent bien difficile à faire et on peut se demander toujours si l’hydrocéphalie ne masque pas une tumeur sous-jacente.
Le diagnostic est tranché par l’évolution de l'affection qui se fait vers la guérison grâce aux simples moyens thérapeutiques habituels :
134 HYDROCÉPHALIES OTITIQUES
ponctions lombaires répétées, intervention décompressive, sérum hypertonique intraveineux, et surtout ce traitement remarquable des formes rebelles, la radiothérapie des plexus.