ATTEINTE DE LA POINTE DU ROCHER
Signalons que les lésions de la pointe du rocher qui déterminent d'une part une réaction méningée clinique, d’autre part une paralysie du VI, peuvent faire croire à une hydrocéphalie otitique (Leidler); la paralysie du VI est alors interprétée comme un symptôme d’hypertension intra-cranienne. Ce diagnostic ne résiste pas à l'examen albumino-cytologique du liquide céphalo-rachidien, qui montre pratiquement toujours une grosse réaction méningée.
132 HYDROCÉPHALIES OTITIQUES
LABYRINTHITES AIGUËS
Certaines hydrocéphalies déterminent des vertiges intenses el peuvent en imposer pour une labyrinthite aiguë. Mais ce diagnostic est tranché facilement par l’examen du labyrinthe. Il n’y a jamais, en effet, de surdité complète. Le Weber est latéralisé du côté malade. La réaction calorique montre un labyrinthe excitable, parfois d’ailleurs de facon dissociée, tantôt hypoexcitable, tantôt enfin hyperexcitable, et chez notre infirmière, dont la dernière crise avait débuté par un grand vertige labyrinthique, nous avons obtenu une réaction intense, des vertiges et des vomissements qui mirent une demi-heure à disparaître avec seulement 5 centimètres cubes d’eau à 25°.
A côté des diagnostics qui se discutent en présence d’une otite connue, il est d’autres diagnostics que l’on soulève seulement lorsque l’otite a passé inaperçue.
Le fait peut se produire dans deux circonstances : l’otite avait eu une durée assez brève et était guérie ou considérée telle depuis plusieurs semaines, parfois même depuis un ou deux mois (cas de Bœnninghaus, Clovis Vincent), ou bien l’otite évoluait au moment de l'accident intra-cranien, mais à très bas bruit. Comme il est courant de le voir, le malade ignorait complètement qu’il était porteur d’une otite chronique, ne la soignait pas et ne pensait pas à attirer sur elle l’attention de son médecin. Les malades de Lewy et de Moscardi en sont un exemple typique.
Dès lors on conçoit que, lorsque l’évolution de l’hyvdrocéphalie est très aiguë et aboutit à un coma rapide, le diagnostic de tous les comas puisse se poser. On crut, chez un des malades de Bœnninghaus, tout d’abord à un empoisonnement. En général, pourtant, assez vite apparaissent des symptômes d’hypertension intra-cranienne, des convulsions en particulier, qui orientent le diagnostic vers une affection endo-cranienne, et très souvent alors on croit à un abcès cérébral d’origine inconnue qui aurait eu jusqu'alors une évolution latente. Ainsi, dans le cas de Fèvre et Magdelaine, ces auteurs interviennent pour rechercher un abcès encéphalique ; l’otite n’est découverte qu'après l’exploration intra-cranienne, et la lésion auriculaire débutait à peine.