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RECHERCHES D'EAU. — SIGNES EXTÉRIEURS

La grande supériorité des personnes qui font de très nombreuses recherches d'eau souterraine est de voir immédiatement, par l'habitude qu'elles ont de ces recherches, les signes extérieurs qui leur permettent de prévoir les endroits où on peut trouver de l'eau. C'est pourquoi les sourciers réussissent si souvent avec leur procédé de la baguette de coudrier, quand, en fait, ce sont surtout ces signes extérieurs qui les guident.

Auscher (page 158) évalue à 6 ces signes extérieurs, savoir :

lo Bruits et bruissements souterrains ;

1° Fonte plus rapide de la neige en des endroits humides ;

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3<^ Buées matinales et vols d'insectes ;

4*» Végétation des terrains humides ;

5<» Faune des couches souterraines voisines de la surface du sol ;

6° Aspect et flore des terrains perméables et des ter-^ rains imperméables qui permettent facilement de connaître les endroits où se produisent ces affleure-^ ments.

Bruits et bruissements souterrains. — Les courants souterrains dans les sols fissurés, produisent quelquefois certains bruits qu'il est possible de percevoir à lai surface du sol. Ces bruits sont généralement dus à unechute d'eau souterraine. Us ne se produisent donc pas^^ partout où il y a des courants souterrains, on les constate principalement dans les terrains où il y a alternance de roches très dures à côté de roches très tendres, commepar exemple dans l'Urgonnien ou bien dans les grès de Fontainebleau (Recloses). C'est donc un signe qui n'est utile que s'il est positif, son absence ne devant pas être considérée comme une cause probable d'insuccès.

M. le baron de la Fontaine a eu souvent l'occasion de découvrir à l'audition des courants souterrains dans la région du Geer, dans la craie au-dessus des tawes.

Comme autre exemple de bruit souterrain provoqué par un courant, nous citerons celui entendu sur le versant ouest d'un village arabe, del El Mehdi (province d'Oran), qui semble être dû à l'existence de la rivère souterraine déjà trouvée par le général de Lamoricière.

M. Viré, dans la grotte de Betharram (Pyrénées), a entendu le bruit d'un courant qui semble alimenter les deux émergences amont de la fontaine de Mélac.

Mais quelquefois le bruit peut être dû à de forts courants d'air, comme on en a trouvé dans la caverne dela Puebla d'Alborton en Aragon.

D'Alembert, dans son encyclopédie, indique le moyen de percevoir ces bruits : Le soir tard ou le matin de bonnes

heure, quand l'activité humaine s'est considérablement ralentie, on creuse un trou en terre, on fabrique avec du papier un entonnoir et, en posant la grande base sur le sol, on introduit la petite ouverture dans Toreille. Les^ chutes d'eau ou bien encore un courant impétueux font entendre quelques bruits dans ce cornet.

On recommande également ces instruments appelés stéthoscopes, qui servent aux médecins pour ausculter leurs malades. On a recommandé le microphone, maK heureusement ce procédé que nous avons eu l'occasioa d'essayer, ne nous a jamais donné de résultats satisfaisants. Il vaut mieux employer les procédés plus grossiers signalés en premier lieu. Nous avons dit qu'un courant souterrain ne s'entendait que s'il y avait chute. On peut toutefois l'entendre, sans qu'il y ait chute, avec un peu d'habitude quand il est très près de l'endroit où l'on se trouve.

La plupart des puisatiers ignorent généralement ce détail et ne font, à leur grand désavantage, jamais usage de cette méthode.

Fonte plus rapide de la neige en des endroits humides. — Nous avons vu que la température des eaux souterraines pouvait être considérée comme mesurant, avec une grossière approximation, la moyenne de température du lieu considéré.

En hiver, la partie superficielle du sol rayonne une assez grande partie de sa chaleur dans l'atmosphère et se refroidit. Les courants souterrains, qui fournissent cons* tamment des eaux plus chaudes que l'air extérieur, constituent, pour le sol, une source supplémentaire de chaleur. Tout le long de leurs parcours, le sol est toujours plus chaud qu'ailleurs et la neige qui y tombe fond beaucoup plus vite.

Il est évident que pour apprécier ces points il faut envisager au préalable l'épaisseur plus ou moins uniforme de cette neige par suite de l'accumulation due aux vents^ DiÉNERT. — Hydrologie agricole. 12

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Ce procédé comporte quelques causes d'erreur, comme la non uniformité de l'épaisseur de la couche de neige, l'exposition au sud c'est-à-dire au soleil, ou bien aux vents chauds, causes qui facilitent la fonte des neiges.

Les arbres ne favorisent pas celle-ci a cause de l'ombre qu'ils portent, s'ils sont isolés. Avant donc de conclure qu'il existe de l'eau là où la fonte des neiges est le plus rapide, il faudra éviter les causes d'erreur que nous venons d'indiquer et ne comparer que des endroits tout à fait semblables.

Buées matinales et vols d'inseoies, — Partout où il y a de l'eau, l'air qui s'échappe du sol est humide. Son humidité sera d'autant plus grande que l'eau est moins profonde. Vitruve indique déjà ce signe extérieur et recommande d'opérer le matin parce que la température de l'air étant le plus faible, c'est à ce moment qu'on voit plus facilement les buées formées par la condensation de la vapeur d'eau souterraine à la surface du sol.

Comme Vitruve l'avait fort bien observé, ces buées sont opaques et restent à la surface du sol. C'est pourquoi il recommande de poser son menton sur le sol et de ne pas promener son regard autrement qu'en regardant le sol à la hauteur des yeux.

Cette buée, qui est permanente, attire les insectes et principalement les moucherons. Dans les endroits où il y a des eaux stagnantes, comme par exemple dans les tourbières ou les marais, on retrouve ces signes extérieurs.

Mais on sait fort bien que ces terrains regorgent d'eau et pour les utiliser il suffit d'un drainage plus ou moins profond pour en récolter une quantité suffisante.

Végétation des terrains humides. — La présence, dans le sol, d'eau en plus ou moins grande abondance favorise la végétation d'un certain nombre d'espèces végétales, à la condition toutefois que cette eau ne soit pas trop profonde. On peut ainsi, de la sorte, prévoir

l'emplacement d'une nappe locale, généralement de peu d'importance, mais qui peut rendre beaucoup de services pour l'établissement d'une ferme ou l'approvisionnement d'une exploitation déjà existante.

Comme M. Auscher le préconise, il faut s'assurer, au préalable, que le terrain par lui-même n'est pas imperméable ou peu perméable. Dans les tourbières, les marais et les terrains argileux, on rencontre un certain nombre des espèces que nous allons indiquer. Les eaux de ces derniers terrains ne sont pas à proprement parler des eaux souterraines; en tout cas pour les capter, il faut opérer par drainage et non par puits.

Quoi qu'il en soit, il est toujours facile de faire la destination entre un terrain tourbeux et celui qui ne l'est pas. L'attention ne doit se porter sur la végétation qu'après s'être assuré du terrain sur lequel on se trouve.

Dans les régions tempérées, l'eau souterraine se manifeste par la présence de l'aune, de la cardamine, des carex, des colchiques, des fétuques, des joncs, de la ipenthe, des mousses, de la renoncule, des roseaux, des saules, des peupliers, de l'hépatique des fontaines, de la ciguë aquatique, de l'hiéble sureau, de la lysimarque monnoyère, du laurier rose, des vers de terre, des limaces et des crapauds.

Ces quelques caractères extérieurs permettent de connaître les endroits où on peut espérer avoir de l'eau. Malheureusement, comme pour toutes les méthodes préconisées, aucune n'est infaillible. Les signes extérieurs ne sont utiles que si la nappe d'eau est assez près du sol.

Caractères géoerraphiques. — 11 existe actuellement pour tous les pays, des cartes géologiques, suffisamment détaillées et expliquées pour permettre à chacun de se rendre compte si le terrain sur lequel on désire creuser un puits est perméable ou imperméable, sableux, calcaire, granitique, etc. Toutefois, il importe très souvent de connaître autrement que par ces cartes la nature du sol.

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Dans les terrains imperméables, il faut distinguer ceux qui, comme les granits, sont formés des roches très peu fissurées et, à cause de leur compacité, presque absolument imperméables aux eaux, des autres qui doivent leur imperméabilité aux argiles qui les composent. Grâce à la présence d'une petite couche d'alluvions ou d'éléments détritiques, on peut, dans ces derniers terrains, en creusant un puits, avoir au moins de l'eau ^suffisante pour une exploitation agricole de petite importance. Pour avoir beaucoup d'eau, il faut s'adresser aux terrains perméables. Or, rien que l'aspect permet de connaître, à première vue, à quels genres de terrains on a affaire.

Ainsi, les granits ont la forme de mamelons très petits, dénudés et sans aucune végétation. C'est dans les parties les plus basses, là où se sont accumulés des produits de la décomposition de ces roches, riches en silice, pauvres «n chaux, qu'on trouve quelques végétaux. Les espèces ■qui poussent dans ces terrains sont désignées sous le nom de plantes silicicoles.

Là où se trouvent des roches imperméables, et le granit €st du nombre, le pays est creusé de nombreuses petites Tallées avec beaucoup de petits ruisseaux de très faible importance.

Comme aspect, les régions des trachy tes, des porphyres, des gneiss et des schistes se ressemblent beaucoup, parce qu'elles sont imperméables. Les trachytes forment des dômes plus arrondis et plus saillants que ceux des granits, les porphyres donnent des roches pointues avec de nombreuses échancrures, enfin les gneiss, les schistes «t les quartzites sont des roches à arêtes saillantes.

Les plantes silicicoles sont le châtaigner, le chêneliège, les pins maritimes, les ajoncs, l'arnica de montagne, la bruyère, la digitale pourprée, le genêt à balai, les myrtilles. Dans les terres très meubles et perméables, qui constituent les bases des terrains de décomposition,

des roches cristallophyliennes, la valeur agricole en est généralement très pauvre. Les cultures qu'on peut y faire sont représentées par le seigle, l'avoine et la pomme de terre.

Les autres terrains imperméables, comme les argiles, reposent généralement sur des terrains perméables ; elles en prennent la forme. Toutefois on y constate de nombreuses vallées à bords saillants, et de très faible largeur. Généralement, dans les endroits où la vallée a été élargie «ous l'influence des érosions d'une rivière importante, on délimite assez bien la ligne d'affleurement entre la roche perméable inférieure et la couche argileuse. La pente du terrain inférieur et perméable, sauf pour les sables et les grès, et très douce. Au-dessus, la couche argileuse a une pente un peu plus forte qui tranche sur la première.

La présence de l'argile se manifeste immédiatement par la présence des peupliers, des aulnes et de loin par l'aspect spécial de cette végétation.

Les terrains sableux ont une pente beaucoup plus accentuée que l'argile. Ils renferment quelquefois des grès formant des colonnes ou des cônes dénudés. D'autres fois, le grès constitue une couche sédimentaire assez uniforme, dont la pente est encore plus accentuée que celle des terrains sableux.

La flore des terrains gréseux n'est pas exclusivement silicicole. Les grès renferment en effet une petite dose de chaux qui favorise le développement de plantes également calcicoles.

Les terrains calcaires sont des roches essentiellement perméables et très répandues, parcourus par très peu de vallées, où circulent des ruisseaux d'une certaine importance, sauf où il y a des pertes d'eau dans le sol.

Les vallées de ces terrains sont le plus souvent profondes, mais on en trouve également de très peu accentuées. Ce qui caractérise le terrain calcaire c'est la

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forme de dômes, lesquels sont couverts de cultures généralement assez riches.

Sur le bord des vallées assez profondes, on constate le dispositif en gradins dû à la rupture des strates qui viennent en affleurement.

Les terrains les plus riches de ces régions calcaires sont ceux qu'on trouve dans les vallées, parce qu'ils sont constitués par les produits de décomposition de la roche qui sont très riches en principes fertilisants.

Les plantes calcicoles sont le buis, le chêne, le noyer, Tolivier et quelques genres de pins, comme le pin d'Alep, le pin Laricio. On y rencontre le chardon, l'ellébore fétide, la gentiane, le muscaris, le pied d'alouette.

Dans les terrains calcaires, on y cultive le blé, l'avoine, l'orge, la betterave, là où la terre superficielle est meuble et suffisamment profonde.

Les endroits où la partie meuble est peu importante, peuvent encore donner de belles récoltes de raisins. Dans l'Yonne, la Côte-d'Or, la vallée du Rhône les plus beaux vignobles sont en terrains calcaires.

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