‹ Hydrologie médicaleChapitre 5 sur 10 · Nouveau formulaire magiitral, 14° édition · texte numérisé non relu

Nouveau formulaire magiitral, 14° édition

mulants ; d'autre part, en traversant les reins par lesquels îk sont éliminés, ils excitent ces organes quand ils sont paresseux, augmentent leur sécrétion et méritent de figurer à la tête des médicaments diurétiques. Aussi sont-ils indiqués à ce double titre et employés dans les maladies inflammatoires, notamment dans le rhumatisme articulaire- aigu, dans la période inflammatoire de la fièvre muqueuse et dans les hydropisies actives.

S'il fallait une sanction pratique à ces conclusions, on la trouverait dans le grand nombre de préparations pharmaceutiques dont les nitrates alcalins forment la base. La tisane antiphlogistique de StoU, les poudres tempérantes de Chaussier et de Stahl, l'apozême de SAvediaur, la potion de Fouquier, le vin nitré de l'Hôtel-Dieu, l'eau diurétique de Fuller, la liqueur antinéphrétique d'Adams, les pilules antilaiteuses de Dumas, etc., etc., ne sont que des compositions officinales dans lesquelles les nitrates alcahns dominent. Il est permis de se rappeler que, dans toutes, le médecin s'est proposé de produire artificiellement un résultat qui se trouve naturellement dans l'eau minérale d'HeudreviUe.

^ Poursuivons l'examen des principes minérahsateurs de l'eau du prieuré d'HeudreviUe.

Après les azotates alcahns, l'analyse nous montre le carbonate de chaux. Ce sel ne nous arrêtera pas longtemps.

Le carbonate de chaux est très répandu dans la nature, où il forme des masses considérables et parfois des terrains entiers. On ne doit donc point s'étonner de le trouver dans un grand nombre d'eaux minérales. Les sources d'Allevard

de Bussang, du Boulou, de La Malou, de Lamotte, etc., en contiennent un peu plus que celle d'Heudreville ; les sources de Greoulx, d'Enghien, de Luxeuil, de Saint-Amand, d'Aixles-Bains en contiennent un peu moins, mais toutes en renfennent. Aucune de ces eaux ne doit ses propriétés thérapeutiques à la -présence du carbonate de chaux. L'eau du prieuré ne fait pas exception à la règle. Lidépendamment des matériaux calcaires qu'U fournit à l'organisme pour remplacer ceux qui sont chaque jour éliminés par nos diverses sécrétions, peut-être le sel carbonaté agit-il comme absorbant, dans quelques digestions difficiles s'accompagnant d'aigreurs de l'estomac, mais la vérité nous oblige à déclarer que si c'était là le seul effet qu'on pût attendre de l'usage de l'eau minérale du prieuré d'Heudreville, jamais la pensée ne nous serait venue de l'ordonner à nos malades. Or, nous la prescrivons souvent, elle nous donne des résultats satisfaisants. Ce n'est pas au carbonate de chaux que nous les rapportons, mais aux nitrates alcalins, dont nous avons déjà parlé et aux autres principes dont il va être question.

Chaque htre d'eau minérale du prieuré d'Heudreville renferme 139 milligrammes de chlorure de sodium. Pour quiconque connaît les propriétés de ce sel, sa présence, à cette faible dose, doit être considérée comme une circonstance heureuse. En effet, si le chlorure de sodium irrite les muqueuses lorsqu'il est pris en trop grande quantité, il constitue par contre un excellent apéritif et un digestif de premier ordre quand on le prend en proportions modérées. M. Charles Lasègue l'a vu réussir dans la gastralgie simple, les spasmes

épigastriques, l'anorexie et la dyspepsie ancienne ; le docteur Plouviers, de Lille, a constaté sur ses clients et sur lui-mêmej que son usage fortifiait rapidement les gens débiles, chétifs et d'un mauvais tempérament ; l'académicien Amédée Latour a proposé contre la phtliisie des pilules dont le clilorui'e de sodium constitue la base principale ; Roussel a formulé une boisson de quinquina chlorurée destinée aux scrofuleux ; Mialhe a préparé un sirop analogue.

Tous les liquides, dit Michel Lévy tous les tissus de l'éco" nomie, excepté l'émail dentaire, contiennent du chlorure de sodium. Ce n'est point par ses éléments mêmes qu'il concourt à la foiTuation des organes ; mais, suivant la remarque de Liebig, il est l'intermédiaire de certains actes généraux. Ainsi les recherches de Dumas, Roucher et CouHer ont démontré son influence sur l'artérialisation du sang et sur la conservation des globules qui, après trois jours, sont peu déformés et seulement un peu réduits en diamètre; il est une condition d'existence des globules et de dissolution de l'albumine, si bien qu'en le supprimant dans l'alimentation humaine, on fait naîti-e les phénomènes de chlorose, langueur, faiblesse, pâleur, œdème,

Haller, qui ne connaissait pas la chimie comme nous, mais qui était un profond obsei-vateur, était donc bien inspiré quand il écrivait^ :

« Videtur omnino aliquid ia sale esse quod naLurœ animalis convcniat. Nam pcnc omnes gciitcs sale utunlur; et ctiam bruta anirnalia plcpaquc, cerlc qua; ruminant, sale deleclaiiliir, et ab ejus usa bcnc habent. »

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