CHAPITRE II
Pathogénie de ces dilatations
Comment concevoir le processus de ces variations morphologiques ?
Deux théories opposent leurs arguments pour expliquer ce mécanisme: l’une ancienne est dite ‘ théorie mécanique, l’autre, de conception moderne est la théorie dynamique ou réflexe.
a) Dilatations mécaniques: les hydronéphroses par calcul ont été étudiées successivement depuis 1891 par LEGuEu, NAVARRO, ALBARRAN, PAPIN, MarioON, (qui précise qu’elles sont toujours assez minimes), JEANBRAU, (qui trouve pour des calculs de l’uretère 11 % d’hydronéphroses).
Pour ces auteurs, le calcul est un obstacle à l’écoulement de l’urine laquelle s’accumule en amont et distend les conduits excréteurs.
La fibre musculaire s’oppose tout d’abord à cette pression en restant sous une tension permanente,
mais elle s’épuise vite et les parois se laissent bientôt distendre.
Le calcul forme donc un bouchon, c’est un obstacle mécanique, et la dilatation se produit de bas en haut à partir de l’obstacle.
Maïs une ère nouvelle a commencé dans la pathologie pyélo-urétérale, c’est l’ère du dynamisme.
b) Dilatations dynamiques ou réflexes: en effet, la thèse de l’obstacle mécanique ne peut plus jouer si l’on a affaire à des modifications morphologiques atypiques comme, par exemple: une dilatation unique d’un des calices avec un calcul du bassinet ou une dilatation du calice inférieur avec un calcul du calice supérieur.
Il faudra, dans ce cas, expliquer ces troubles d’une autre façon et, ici, intervient la conception réflexe ou dynamique des dilatations de l’arbre urinaire supérieur.
En se reportant à la physiologie des conduits excréteurs, on réalise sans peine, avec LEGUEU, Fey et TRUCHOT, que la cause mécanique agit en produisant une épine irritative et non un obstacle. Le calcul est le point de départ d’un réflexe d’inhibition qui paralyse la musculature. La fibre en état d’hypotonicité, ne résiste pas mais se laisse distendre, elle ne souffre pas comme précédemment et pourra récupérer par la suite son entière élasticité et contractilité.
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On ne se trouve donc plus ici devant un muscle qui s’est épuisé dans une luite contre une force qui lui est supérieure, tout au contraire, c’est un muscle devenu inerte et passif qui s’est laissé étirer jusqu'aux limites de son élasticité.
c) Association de ces deux types de dilatations: cependant, il ne faut pas prétendre poser une règle absolue et considérer désormais toute dilatation comme due uniquement à une inhibition neuromusculaire, et il sera difficile de dire quelle sera la part de l’action mécanique et de la cause dynamique dans les variations de formes de l’arbre urinaire supérieur; il faudra admettre dans certains cas l’association de ces deux théories faute de pouvoir trancher le débat. Mais on ne pourra parler d’obstacle mécanique que si, sur les clichés radiologiques, il y a un arrêt complet de la substance opaque au niveau du calcul, fait qui est extrémement rare. te