‹ Hygiáene de la boucheChapitre 7 sur 13 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Des substances employées pour calmer les douleurs de dents , et pour les entretenir constamment propres et dans leur etat de blancheur natu- RELLE.

Des moyens de faire cesser les douleurs des dents j, et du charlatanisme que tant de gens emploient à cet égard.

Les différentes maladies des dents , et le traitement qui convient à chacune d'elles , appartiennent à la pathologie et non à l'hygiène , et , sous ce rapport, j'aurais dû ni'abstenir de parler des douleurs que ces maladies occasionnent ; mais comme il n'est point indifférent de savoir distinguer celles de ces douleurs qui ne sont que passagères et peuvent céder à quelques

moyens simples , de celles qui résultent de quelque altération profonde , et qui exigent des opérations , souvent même l'extraction, j'ai pensé qu'il était convenable que je donnasse aux personnes étrangères à l'art quelques moyens de calmer ces douleurs , et de soustraire par là leur bouche soit à l'action pernicieuse de cette foule de remèdes qu'emploient les charlatans , et que prônent les gens crédules , soit à des mutilations qu'elles auraient pu éloigner encore pour long-temps.

Parmi les douleurs auxquelles les maladies assujettissent l'homme , il en est peu de plus insupportables que celles qui résultent de certaines maladies des dents ; or il n'est pas étonnant que le traitement de ces douleurs soit devenu l'objet des spéculations d'une foule de charlatans. Le premier instinct de l'homme qui souffre n'est-il pas en effet de veiller à sa conservation , et de se soustraire à la

douleur; presque toutes nos fonctions concourent à ce but, et si quelqu'une vient à être dérangée , un penchant irrésistible nous porte à chercher avec empressement des secours partout où nous avons quelque espoir d'en trouver.

Dans les angoisses de la douleur, où l'imagination acquiert d'autant plus de force que la raison s'affaiblit davantage, nous acceptons les secours du premier qui se présente, et qui nous fait l'éloge de ses remèdes et la récapitulation de leurs prétendus succès. Ces hommes , dont la plupart n'ont d'autre mérite que l'astuce et le babil , n'ignorent pas que nous croyons facilement tout ce que nous souhaitons avec avidité , ils s'emparent de l'imagination du malade , et lui font payer cher des secours presque toujours funestes.

L'imagination et le désir de guérir sont donc les propagateurs naturels

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du charlatanisme , qui est ensuite accueilli avec avidité par l'immense foule des sots, bien plus nombreux en effet que les gens d'un jugement solide.

S'il s'adresse plus particulièrement aux maladies des dents qu a toute autre , c'est que les douleurs que ces maladies occasionnent sont d'autant plus insupportables , qu'elles ne troublent presque jamais le jeu des autres fonctions , et qu'elles détournent par conséquent de l'idée d'une maladie.

En vain l'expérience a-t-elle fait justice plus de mille fois de la plupart des remèdes , prétendus souverains , contre les maux de dents, l'aveugle vulgaire s'obstine toujours cà les rechercher avec empressement , et à les recevoir avec admiration ; et , chose étrange , il ajoute d'autant plus de confiance à leurs vertus , que celui qui les présente est plus dépourvu de connaissances. Heureusement leur vogue est aussi éphémère qu'elle

est grande; mais telle est la force de la crainte de la douleur, qu'on s'abuse à cet égard , et qu'une foule de gens ont recours à leur usage. Ces remèdes , qui ont paru avec tant d'éclat à différentes époques , ont tous fini par être démasqués , et l'illusion dissipée n'a laissé voir que les traces de leur dangereuse action.

Que le vulgaire accueille avec avidité tout ce qui tient du merveilleux, et que dans son jugement aveugle il donne la palme du mérite à l'impéritie effrontée qui a l'art de le séduire , la chose est croyable; mais que des personnes qui ont reçu de l'éducation soient la dupe de ces charlatans effrontés qui , sous le titre frustré de Dentistes ., usent de mille supercheries et souvent de l'artifice le plus grossier; c'est ce qu'on a quelque peine à concevoir. Cependant cette espèce de jonglerie ne laisse pas encore que de prospérer dans le siècle éclairé où

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nous sommes , et de trouver des partisans dans toutes les classes de la société.

Pour faire voir jusqu'à quel point sont ridicules les assertions qu'on émet tous les jours sur les vertus de telle composition que vendent les charlatans , que donnent certaines personnes officieuses, et que prônent les gens crédules, je me contenterai d'une seule remarque, c'est que ces remèdes conviennent , non-seulement dans tous les cas, mais encore dans toutes les espèces de maladies des dents. En voilà assez , je pense , pour montrer à quoi se réduit leur efficacité. Pourquoi les raisonnemens les plus sensés ne sauraient-ils donc désabuser , non leurs possesseurs , que l'intérêt ou l'amourpropre aveugle , mais ceux qui en font visage ?

S'il faut gémir de ce que des gens sans aveu font journellement des dupes et des victimes, combien n'est-

il pas déplorable de voir des hommes titrés, opprobres de notre art, mus par la vile soif de l'argent , marcher sur les traces de tels imposteurs , ou d'hommes de bonne foi , mais ignorons et superstitieux , et chercher à s'établir une réputation par mille manèges plus bas les uns que les autres. Si je voulais dévoiler la composition et le mode d'action d'une foule de substances que vendent encore aujourd'hui, comme des spécifiques infaillibles contre tous les maux de dents , des Dentistes qui jouissent de quelque crédit , je ne serais embarrassé que dans le choix des exemples que je pourrais citer.

C'est cette conduite ridicule et ces promesses fallacieuses qui ont aiguisé contre nous les traits de la satire , qui ne sont malheureusement que trop justes dans une foule de circonstances , mais qui nuisent à un grand nombre de personnes , qu'une

prévention défavorable pour notre art empêche de réclamer de nous des conseils qui , demandés à propos , les mettraient à même de conserver longtemps des dents légèrement altérées, et de se soustraire à tant de doulou-» rduses opérations auxquelles l'imprévoyance et l'amour du merveilleux ne réduisent que trop souvent notre ministère.

Quelques personnes pourraient objecter à tant de justes allégations , que certains Dentistes , consommés dans leur art , possèdent des remèdes secrets dont l'efficacité ne saurait être douteuse. Cette assertion est'celle qui nuit le plus aux progrès du traitement de toutes les maladies en général , et en particulier de celles des dents , et qui protège les menées peu délicates d'une foule de Dentistes.

Mais, disons-le sans crainte, est-il possible qu'un homme de bien se résigne à rester seul possesseur d'un

moyen salutaire , et persiste à en faire un secret? Quelle personne, nourrie dans les principes d'une saine philosophie, ne mettra pas toute sa gloire à publier ses découvertes , même au détriment de sa fortune , s'il les croit utiles à l'humanité ?

D'ailleurs , grâces aux progrès des sciences naturelles , la chimie qui porte partout le flambeau de l'analyse , semble nous mettre pour toujours à l'abri des remèdes secrets qui ne sont pour l'ordinaire que des substances connues depuis des siècles , que leurs prétendus inventeurs décorent d'un nom nouveau plus ou moins bizarre , et dont il n'est pas difficile de dévoiler la composition.

Les remèdes propres à calmer les douleurs des dents doivent donc différer autant que les maladies desquelles dépendent ces douleurs peuvent différer elles-mêmes. Quels qu'ils soient, leur mode d'action se réduit,

i.° à calmer l'inflammation dont la pulpe dentaire est momentanément le siège , ou qui des gencives ou de toute autre partie de la bouche, se porte sur la dent; 2.0 à exciter une autre partie éloignée de la dent malade, et à absorber ainsi la douleur de cette dernière; 5.° à assoupir ou même éteindre la sensibilité de la dent; 4«° enfin à soustraire la partie malade de la dent à l'action de l'air , des alimenset de toutes les substances irritantes avec lesquelles elle peut se trouver en contact.

On reconnaît qu'une douleur de dent est produite par une inflammation passagère , quand elle s'est développée tout-à-coup sous l'influence d'un changement brusque de température , à la suite de l'usage de quelque liqueur forte. La dent douloureuse est intacte ou peu altérée, la gencive voisine est rouge et gonflée , et la douleur . souvent accompagnée d'un gon-

flemenl des parties voisines , même d'une fluxion de la joue , semble envahir tout le côté de la niâchoir.e occupé par la dent qui en est atteinte.

Tous les moyens qu'on emploie ordinairement contre les inflammations des autres parties, sont ceux auxquels on doit avoir recours

Ainsi cette douleur cède ordinairement aux gargarismes émolliens, faits avec une infusion de fleurs de mauves sucrée et prise chaude , à des fumigations émollientes dirigées sur la dent malade. Si la gencive est extrêmement tuméfiée , on est quelquefois obligé d'appliquer une ou deux sangsues sur cette partie. Ce moyen qu'on repousse ordinairement est simple , car il suffit d'enfermer la sangsue dans un tube de verre , et de présenter son extrémité buccale à la gencive , qu'elle ne tarde pas à dégorger du sang superflu. Une figue grasse et bien cuite, placée entre la dent ma-

lade et sa correspondante , a suffi quelquefois pour calmer une inflammation légère.

Les douleurs de dents occasionnées par l'action d'un agent irritant passager, peuvent être appaisées , avonsnous dit , par tous les moyens capables de produire une diversion un peu considérable. N'arrête-t-on pas fréquemment des hémorrhagies nasales , en plaçant un corps très-froid , tel qu'une clef, sur le cou ou le dos des individus qui en sont atteints ? Pourquoi alors par un moyen semblable ne pourrait-on pas suspeudre l'afflux nerveux aussi bien que l'afflux sanguin ? Une affection morale vive , une forte impression , réussissent quelquefois pour cela chez les personnes irès-nerveuses. C'est pour cette seule raison que parfois la douleur de dent cesse tout-à-coup à la porte du dentiste. C'est ainsi qu'on doit également expliquer l'effet brusque et inattendu

de diverses amulettes , qui ne devraient avoir aucune espèce d'action , sans la confiance qu'on a en elles , et surtout sans les démonstrations imposantes et l'appareil mystérieux qui accompagnent leur emploi.

En vertu du même principe , on peut calmer ces douleurs par des teintures alcoholiques , des huiles essentielles appliquées sur les parties voisines de la dent malade , et par les emplâtres de cantharides ou les cataplasmes de moutarde posés sur les tempes ou au-dessous des oreilles.

Souvent même un purgatif un peu violent produit le même effet et avec la même promptitude.

Si la douleur est purement nerveuse, on peut la calmer au moyen d'un léger narcotique, comme un grain d'extrait gommeux d'opium, ou quelques gouttes d'huile çje gérofle ou de canelle appliquées sur un morceau de coton qu'on place sur la dent ma-

lade ou qu'on introduit dans le trou formé par la carie , quand il en existe un. Une pâte formée par une décoction concentrée déracine de pyrèthre, de gingembre , de clou de gérofle et de canelle , réduite à la consistance nécessaire, remplit quelquefois trèspromptement la même indication.

Toutes les propriétés de ces dernières préparations , auxquelles se rapportent tous les prétendus spécifiques des charlatans , des bonnes femmes , etc. , se réduisent : les narcotiques à affaiblir la sensibilité de la dent , les excitans à l'épuiser par l'augmentation que leur première application lui fait subir.

Quand la carie d'une dent est assez profonde pour que la membrane qui tapisse son intérieur soit à découvert, on conçoit aisément combien il serait illusoire d'espérer de faire cesser la douleur qu'elle occasionne par quelques-uns des moyens précédemment

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énumérés. La douleur peut bien disparaître pour un instant , mais aussitôt que la dent sera de nouveau mise en contact avec l'air, elle renaîtra. Dans cette circonstance, il faut avoir recours au plombage opéré par le métal fusible dont j'ai parlé à la page i$5.

On voit donc que, quoique je me sois élevé avec raison contre les promesses que les charlatans et une foule de personnes imprudemment officieuses, font à l'occasion de tant de prétendus spécifiques, qu'ils donnent pour infaillibles à l'exclusion de tous les autres ; je ne prétends pas que certaines substances appliquées sur une, dent ne puissent contribuer à faire cesser les douleurs dont elle peut être le siège ; mais je le répète , aucune de ces substances n'agit autrement que celles dont je viens de parler. Soutenir le contraire ^ serait le fait de l'imposture ou de l'ignorance.

11 reste donc évidemment démontré

que toutes les personnes qui tiennent à conserver leurs dents , do ivent , pour appaiser les douleurs dont ces organes sont si souvent le siège, s'adresser à un Chirurgien dentiste. Il possède pour cet effet tous les moyens qui peuvent être employés avec succès , et avec cette différence si importante à prendre en considération, qu'il sait les employer à propos, et que , quand la raison lui démontre qu'ils ne peuvent avoir aucun résultat avantageux , il évite aux personnes qui souffrent un tentps qui donne souvent à la maladie les moyens d'augmenter , en leur en substituant quelques autres. Si le mal est le résultat d'une altération profonde de la dent, qui la mette au-dessus des ressources de son art , il en conseillera le sacrifice, et garantira ainsi par cette sage détermination les parties voisines de l'atteinte du mal.

§ il.

De la composition de diverses préparations propres à calmer les douleurs des dents j à raffermir les gencives , et à tenir clans un état de propreté constant les différentes parties de la boucke.

Une foule de préparations peuvent remplir l'une ou l'autre de ces trois indications ; mais je ne donnerai ici que les formules simples , faites avec deux ou trois substances, dont l'effet est bien connu et dont le mélange n'est point susceptible de donner lieu à de nouveaux produits en se décomposant.

Toutes les recettes , dit avec raison Gariot (1) , dans lesquelles on fait entrer une foule de drogues qui ont des propriétés analogues, et quelquefois très-disparates, forment des mélanges bizarres qui ne valent pas ceux qu'on

(i) Ouvrage cité.

obtient par la combinaison de deux ou trois substances dont les qualités sont le mieux reconnues.

Elixir propre à être employé le matin pour se rincer la bouche, avant et après l'emploi de la brosse et de la poudre dentifrice.

Prenez : Eau-de-vie de gayac G onces ;

Eau vulnéraire spiritueuse. . .Idem ; Huile essentielle de menthe ... 4 gouttes.

On peut aromatiser cet élixir avec toute autre substance que la menthe, comme le gérofîe , l'ambre , la rose , l'œillet etc. Quelques Dentistes y ajoutent un peu d'éther sulfurique , qu'il faut bien se garder de confondre avec l'acide du même nom , dont l'action corrosive, quand il n'est pas employé avec la plus grande discrétion , peut produire les accidens les plus

graves. On verse deux ou trois gouttes de cette liqueur dans l'eau dont on se sert avant et après l'emploi de la poudre dont on aura jugé convenable de faire usage.

Cet élixir convient aux personnes dont la bouche est dans un état de santé parfaite ; mais celles qui auraient, soit quelques dents cariées, soit les gencives habituellement saignantes ou l'haleine très - forte , ce qui ne dépend pas toujours d'une carie des dents , mais tient très-souvent à une irritation chronique de la membrane qui tapisse toute la bouche , feraient bien de lui substituer la préparation suivante qui s'emploie de la même manière.

Prenez :Eau-de vie de gayac préparée. 4 onces ;

Eau-de-vie camphrée 1 gros ;

Essence de menthe 6 gouttes -;

Essence de cochîéaria Idem ;

Essence de romarin 10 gouttes.

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ELlxir odontalgique.

Prenez : Gérofle

Opium V de chaque 2 gros

Canelle

Pyrèthre i gros ;

Résine 1 demi-once ;

Eau-de-vie à 22 degrés. .. .8 onces.

Cet élixir qui serait trop actif pour l'emploi journalier, comme objet de toilette, arrête quelquefois comme par enchantement certaines douleurs de dents. 11 convient particulièrement à celles qui semblent être toutes nerveuses. Néanmoins dans celles qui sont purement inflammatoires , il a trèssouvent suffi pour les suspendre toutà-coup. Mais dans cette dernière circonstance , son emploi est moins rationnel que dans la première. On l'emploie en en imbibant un morceau de coton qu'on applique sur la dent malade, ou qu'on introduit dans sa cavité, quand elle est cariée.

Ellxir propre à raffermir Les gencives.

Prenez ;ïTau vulnéraire spiritueuse. . . .8 onces ;

Esprit de cochléaria i once ;

Huile essentielle de gérofle. . .4 gouttes.

Cet élixir convient aux personnes dont les gencives sont habituellement saignantes , ou blafardes et abandonnent le collet de la dent qui , man« quant de soutien, devient chancelante et cède aux plus légers efforts. On remploie étendu dans l'eau , car s'il était employé pur il substituerait une inflammation active des gencives à l'irritation passive dont elles sont ordinairement frappées dans ce cas.

On vend encore dans le commerce pour le même usage, un élixir qui «stplus compliqué dans sa composition que ce dernier. C'est l'élixir odontalgique de Leroy-de-la-Faudignières ; il se prépare de la manière suivante :

Prenez : Girofle i demi-gros ;

Gayac 4 gros '■>

Pyrèthre i gros ;

Essence de romarin 10 gouttes ;

Essence de bergamotte. . . 4 gouttes ;

Noix muscade î gros ;

Eau-de-vie à 36 degrés.. . 3 onces.

Après avoir concassé les substances qui doivent l'être , on les met dans l'eau-de-vie. Au bout de huit jours d'infusion, on filtre l'élixir.

Pour l'employer , on en verse quelques gouttes dans l'eau avec laquelle on se rince la bouche le malin , mais seulement tous les deux ou trois jours.

Dans le cas où l'état saigneux et fongueux des gencives serait évidemment dû à une disposition scorbutique , on se trouvera toujours trèsbien de substituer à ces différens élixirs le gargarisme suivant :

Prenez : Décoction de racine de

patience 6 onces ;

Miel écume i once ;

Acide suliurique 3 gouftes ;

Il est dans les saisons froides une incommodité à laquelle sont plus particulièrement sujettes les personnes d'un tempérament lymphatique, qui à ces mêmes époques sont fréquemment aussi tourmentées de maux de gorge , de coryza , ou rhume de cerveau , c'est le gercement des lèvres ; je crois devoir donner ici la manière de faire soimême la pommade la plus agréable et en même temps la plus avantageuse qu'on puisse employer à ce sujet.

Prenez; Huile d'olives ou d'amandes

douces 2 onces ;

Cire blanche i demi-once;

Eau de roses Idem.

On coupe la cire par petits morceaux , et on la met dans un vase assez solide pour qu'il puisse résister à la fusion de la cire , on verse l'huile pardessus et on fait chauffer le pot au bain-marie. Quand la cire est fondue, on la coule dans un mortier , on ajoute l'eau de rose et on l'agite jusqu'à ce

qu'elle soit entièrement refroidie ; autrement on aurait un cérat grumeleux et inégalement coloré.

La disposition particulière en vertu de laquelle les lèvres se gercent, tient très-souvent à la susceptibilité extrême de toute la membrane muqueuse qui tapisse la bouche ; aussi les personnes qui pendant l'hiver sont tourmentées de cette légère incommodité , sonteîles , comme nous venons de le dire , fréquemment affectées d'angine ou de maux de gorge. Le gargarisme le plus adoucissant qu'on puisse employer contre cette dernière affection ., est sans contredit celui-ci :

Prenez: Décoction de fleurs de mauve

ou de racines de guimauve . . 8 onces ; Miel rosat 6 onces.

Enfin , les personnes qui ont la bouche fréquemment couverte d'aphtes indolens , font usage avec succès du gargarisme détersif suivant, qui

convient également dans les cas où levulsion d'une dent aurait entraîné une ulcération indolente et fongueuse de la gencive ou de la membrane qui la tapisse :

Prenez : Feuilles d'aigremoine. . . ï de chaque Feuilles de ronces } une pincée.

Faites bouillir dans huit onces d'eau commune , et ajoutez une once et demie de miel rosat, et d'acide sulfurique une quantité suffisante pour donner une acidité agréable,

Pastilles pour la Bouche.

Prenez: Cachou i gros ;

Corail 4 §ros '■>

Sucre i gros ;

Essence de canelle 10 gouttes ;

Mucilage , suffisante quantité pour faire des pastilles de dix grains chacune.

Autres Pastilles.

Prenez : Charbon préparé i gros ;

Sucre i once. ;

Essence de citron 4 gouttes ;

Essence de menthe 3 gouttes.

Mucilage , quantité suffisante.

Ces deux espèces de pastilles conviennent particulièrement aux personnes qui ont l'haleine fétide ; elles doivent en placer une dans leur bouche toutes les fois qu'elles ont à faire les frais d'une conversation particulière.

Poudre den t If vice .

Prenez : Terre sigillée préparée. . . .6 onces ;

Crème de lartre i onces ;

Gérofle i scrupule.

Elle suffit ordinairement aux personnes qui ont les dents habituellement blanches.

Autre plus compliquée.

Pierre-ponce 6 onces ;

Crème. c!e tartre i onces ;

Laque carminée i once ;

Canelle fine i gros.

De même que la première , cette poudre est propre à conserver l'éclat naturel de l'émail ; elle peut même être employée dans le cas où cet émail au-

rait besoin d'être rappelé à un état de blancheur que lui aurait fait perdre la négligence qu'on aurait apportée dans les soins journaliers que réclame la propreté de la bouche ; mais de même que la première, elle est composée de substances qui ne communiquent aucune couleur aux parties sur lesquelles on l'applique ; aussi je crois devoir donner ici la composition d'une poudre également simple , mais qui , à l'avantage de blanchir parfaitement les dents, joint celui de donner aux lèvres et aux gencives une belle couleur rose qui dure une grande partie de la journée.

Prenez ; Corail rouge 4 onces ;

Sang dragon i once ;

Carmin fin i demi-dragme ;

Écorce de citron 2 dragmes ;

Sucre Liane 1 demi-once.

Quand on veut préparer soi-même ces différentes poudres , on ne saurait trop avoir le soin de porphyriser toutes les substances qui doivent les compo-

ser, pour les réduire en poudre impalpable et les mélanger exactement , car sans cette précaution elles ne seraient pas seulement désagréables, mais elles nuiraient aux dents.

Opiats.

Pour faire les différents opiats dentifrices, on prend les poudres ci-dessus indiquées , et on les mêle avec une quantité suffisante de miel de INarbonne purifié.

Telles sont la plupart des préparations qui doivent composer , presque exclusivement, la pharmacopée dentaire ou buccale. La plupart des poudres et autres préparations qu'on vend dans le commerce, sont en général composées de substances ou dangereuses par elles-mêmes, ou mal préparées.

Presque toutes les eaux qu'on vend pour blanchir les dents contiennent de l'acide muriatique ou sulfurique , dont l'emploi habituel doit infaillible-

ment les altérer ; car bien que la réaction vitale dont jouissent les dents, de même que tous les autres organes vivans, s'oppose, jusqu'à un certain point , à la décomposition de l'émail par les acides , il est toujours constant que ces agens destructeurs pourraient avoir une action très-pernicieuse sur les dents des personnes faibles , dont les différentes parties de la bouche ne jouissent pas d'une grande force de réaction , et notamment sur les dents affectées d'un commencement de carie.

C'est cette considération qui engage la plupart des Dentistes à tenir chez eux-mêmes un dépôt des différentes compositions que leur expérience particulière leur a prouvé être du meilleur usage ; aussi les personnes qui voudraient s'éviter le désagrément de les préparer elles-mêmes , feront-elles toujours très-bien de se les procurer chez le Dentiste qu'elles ont honoré de leur confiance.

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