REGIME ALIMENTAIRE SELON LES AGES ET LES PROFESSIONS
Chaque âge doit avoir son régime alimentaire
spécial; c’est un axiome connu de tous. Ce qui convient à l’enfance serait insuffisant pour l’âge mûr, et la quantité nécessaire à celui-ci serait trop forte pour le vieillard.
g I'r. — ENFANCE.
Pendant la période de l’allaitement, si le lait de la nourrice est assez abondant, l’enfant n’a pas besoin d’autre nourriture ; dans le cas d’insuffisance du lait fourni par la nourrice, on a recours au lait de vache coupé d’eau d’orge, à de légères panades, à l’eau sucrée, et, de temps à autre, à de petits potages, très-clairs, faits avec la farine de froment séchée au four. Plus tard, après le sevrage, on lui donne des potages de fécule, de crème de riz, de farine de maïs, des œufs à la coque laiteux, des soupes maigres ; et puis, enfin, on lui fait sucer le suc des viandes tendres. Pour boisson, de l’eau pure où très-peu sucrée. Sous l’influence de ce régime la croissance de l’enfant s’opère sans entraves et dispense des visites du médecin.
Lorsque l’enfant est devenu assez fort pour exiger une nourriture plus substantielle, on doit procéder avec précaution au changement de régime, parce que le passage de l’alimentation demi-liquide aux aliments solides doit se faire peu à peu et jamais brusquement. Nous renvoyons le lecteur à notre //y-
gicnc (la mariage , où sont indiqués les soins à donner à l’enfant depuis sa naissance jusqu’à l’adolescence.
g II. — ADOLESCENCE. — PUBERTÉ.
A cette belle époque de la vie où l’org'anisation croît, se développe; où la fonction digestive et les autres fonctions de l’économie marchent avec activité, il est de toute nécessité de donner aux jeunes sujets une alimentation réparatrice, en rapport avec les pertes incessantes qu’ils font. Les bouillons gras consommés, les viandes rouges et noires, les légumes, les fruits, tous les aliments peuvent être donnés pourvu qu'ils soient de bonne qualité. Cet âge a besoin de quatre repas : la seule chose à craindre c’est l’indigestion, malheureusement que trop fréquente parmi les jeunes sujets. (Voyez plus haut le traitement à prescrire en cas d’indigestion).
g III. — VIRILITÉ. — AGE MUR.)
L’homme arrivé à l’âge mûr n’a plus la même activité physique de la jeunesse; sa position sociale exige souvent une vie sédentaire, très-peu favorable à la bonne exécution des fonctions organiques. Alors, ses digestions sont plus lentes; ses pertes étant moindres il n’éprouve pas le besoin de les réparer quatre fois par jour, comme dans la jeunesse. Pendant la
phase qu’il parcourt, ses repas se bornent généralement à deux : le déjeuner et le dîner.
Pour les personnes qui ont les voies digestives en bon état, toutes les substances alimentaires sont bonnes, pourvu qu’on n’en fasse point abus. A cet âge on devient gourmet : les passions de la jeunesse étant refroidies, la sensualité du palais demande à être satisfaite ; on aime la table ; on appelle l’art culinaire à son secours, dans l’ignorance où l’on est que cet art vous prépare des infirmités pour plus tard. Les vins, les boissons fermentées, les liqueurs de toute espèce ne sont pas épargnées ; on savoure les mets et les vins sans s’inquiéter de l’avenir. C'est à tort !... L'homme arrivé à l’âge mûr devrait manger pour vivre et non vivre pour manger, ainsi que cela se pratique généralement dans la classe aisée. Il faut une nourriture saine, abondante, mais simple et toujours exempte de ces condiments de haut goût qui échauffent le sang, irritent l’estomac et finissent par le blaser.
jXous dirons aux hommes qui marchent sur la cinquantaine, réfléchissez bien à ce que vous venez de lire, et prémunissez-vous des orages de l’âg'e critique. Si vous saviez combien il y a d’amertume et de tristesses dans une vieillesse infirme; dès aujourd hui même vous suivriez mes conseils et commenceriez le régime alimentaire prophylactique , c’est-à-dire qui préserve contre les indispositions et les infirmités.
L’âge mûr a besoin d’exercices physiques ; il est indispensable d’en prendre chaque jour, afin d’éviter la corpulence, l’obésité, qui s’allaque particulièrement aux constitutions lymphatiques et aux tempé- ■ raments sanguins.