‹ Hygiène Alimentaire du Nourrisson: Pendant le Séjour de la Mère à la MaternitéChapitre 5 sur 21 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Education de la jeune mère pendant son séjour à la Maternité.

L'ignorance des femmes sur les soins qu'elles doivent donner à leurs enfants et surtout sur l'hygiène alimentaire qu’elles doivent faire suivre à leurs nourrissons, est réellement déplorable.

Il est très rare de rencontrer dans la classe ouvrière des mères sachant exactement la facon dont elles doivent les élever. Très peu se rendent compte de l'imporlance qu'il y a à ne leur donner que du lait; à peu près aucune n'a idée que la régularité dans le temps des tétées et dans leur espacement est la plupart du temps la sauvegarde de l'existence du nourrisson.

C'est le plus souvent de l'ignorance ; quelquefois ce sont des préjugés invétérés qui les empêchent de soigner convenablement leurs enfants. Elle se rendent difficilement aux conseils donnés par des personnes éclairées et compétentes; elles écoutent par contre avec un saint respect, et mettent en pratique les paroles et les idées d'une voisine qu'elles croient expérimentée. « Les femmes, disait Ampère, sont des éponges à pré-

Noter jugés. » Or, en l'espèce, ces préjugés sont dangerereux et tous basés sur la peur qu'a la mère de voir son enfant mourir de faim. Et ilest difficile d’arracher au peuple ses vieilles croyances, de lui inculquer des idées scientfiquement démontrées, alors même que l'application en est de toute simplicité, comme la réglementation de l'hygiène alimentaire du nourrisson. Ainsi que le disait Zimmermann : « Il serait plus facile de transporter les Alpes dans les vastes plaines d'Asie que de désabuser une femme écervelée. »

Malgré tout, des efforts doivent être faits dans ce sens; et c’est surtout pendant le séjour que fait la mère dans la Maternité qu'il faut lui montrer ses devoirs, lui apprendre son « rôle d’éleveuse d'enfants. » C’est pendant qu'elle est soumise au règlement d’une Clinique bien organisée qu'il faut lui enseigner la meilleure méthode d'hygiène alimentaire pour son nourrisson.

C'est surtout sur le peuple qu'il faut faire porter nos efforts pour la conservation des enfants qu'il crée ; c’est là qu'il y a le plus de préjugés, le plus d’ignorance, et pourtant il semble bien que ce soit lui qui ait accepté la charge de la perpétuation de la race; c’est chez lui que la natalité est le plus élevée; malheureusement c’est encore là que la mortalité du nourrisson est la plus forte, toutes proportions gardées.

Il est à souhaiter que l’on fasse de la Clinique Obstétricale une école pratique d'hygiène de la première enfance. C’est d’ailleurs le meilleur moment pour réglementer la nourriture de l'enfant d’une façon sérieuse; ilest bien difficile eusuite de revenir sur un mode d’àlimentation préalablement adopté,

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