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A Saint-Pétersbourg, le docteur Rauchfüss, médecin en chef de l’hôpital du prince Pierre d’Oldenbourg, a pris l'initiative de profiter du séjour de la mère dans la Maternité pour lui donner un petit livret intitulé «Conseils aux mères ». Elles ytrouvent la façon d'élever leurs enfants en conformité avec une hygiène bien réglée. L’exposé en est fait en termes simples et pratiques à même d’être compris de toutes les intelligences.
Beaucoup d’autres hôpitaux ont fait de même. A Lyon, M.le professeur Fabre donne à chacune des femmes, qui viennent à la consultation des nourrissons, un imprimé où est résumé l’ensemble de l'hygiène alimentaire qu'il fait suivre aux enfants pendant que la mère est encore à la Clinique.
Ces conseils écrits ont l'inconvénient de ne pas être lus par les mères, ou du moins ne sont guère appliqués. Mieux vaut, pendant le séjour qu'elles font à la Maternité, les astreindre à ün allaitement régulier. Elles en garderont un souvenir plus complet et continueront dans la suite les habitudes qu'elles y auront prises. L’action se grave plus facilement dans la mémoire que la théorie. En somme négliger cette instruction de la Jeune mère, c’est se rendre coupable: il est tout naturel qu'elle même ignore la façon d'élever son premier-né. Natalis Guillot le disait d’une façon très originale : «Il en est des Jeunes mères comme des jeunes poules qui cassentleurs œufs.» Aussi voudrions-nous que leur séjour àla Maternité soit pour elles une instruction à leur apprentissage de métier de mère.
[y à déjà plus d'un siècle que Baudelocque disait dans son projet d'affiche sur la puériculture publié der-
= 0ÿ nièrement par Varnier : « Les enfants naissent presque tous avec lés mêmes dispositions pour former dans la suite des hommes robustes et forts. Si les uns restent plus faibles, plus languissants, plus sujets aux maladies que les autres, s'ils n’acquièrent pas tous cette perfection, cette constitution que chaque chef de famille envie dans les siens et que la patrie désirerait pour tous, c'est dans la manière de les élever qu'il faut en chercher la cause.
«Faire connaître aux femmes les devoirs que leur inspire leur titre de mère, ce que la société est en droit de leur commander et d'attendre d'elles en faveur de ses enfants, c'est leur parler de ce qu’elles ont de plus cher, c’est multiplier leurs jouissances et augmenter leur bonheur. »
Nous prétendons que c'est encore le meilleur moyen d’abaisser enfin cette effrayante mortalité infantile qui fait toujours d'énormes ravages. Strauss dit que la proportion en est la même que celle de la tuberculose, soit 150.000 décès par an.
Ce sont les premiers mois de l'existence qui sont le plus atteints. Sur les douze mois de la première année, c’est au premier qu'incombe la plus grande mortalité ; puis viennent le second, le troisième, le quatrième, enfin le douzième, moment du sevrage.
La mortalité est de 200 pour 1000 dans la première année, alors qu'elle n’est que de 80 dans la seconde et de 25 pour 1000 dans la quatrième. |
Ballestre et Giletta ont relevé que sur 1000 décès de tout âge, il y a en moyenne 167 enfants de 0 à 1 an soit 1/6, ce qui constitue une grosse proportion.
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En 1878, Bergeron écrivait: « Sans doute les premiers mois et surtout les premières semaines de la vie contre lesquels conspirent tant de causes de maladies et de mort, donneront toujours, quoi qu’on fasse, une proportion de décès supérieure à celle des autres périodes, celle de l'extrême vieillesse exceptée. Mais n'est-il pas humiliant pour le temps et le pays, qu’en dépit de Phygiène publique et privée, la mortalité des nouveau-nés soit assez élevée pour qu’on ait pu dire, chiffres en mains, qu'un enfant qui naît a moins de chances de vivre une semaine qu'un homme de 90 ans, et moins de chances qu'un octogénaire de vivre un an. »
Voici des chiffres qui indiquent nettement combien la première année de l’existence est plus meurtrière que les autres.
Sur 1.000 habitants, il en meurt en France :
DE RO PAT IUT NON PRREE 202,00 DEC SA ANS PSN PEER 20,8 Des "9 anse APT RES 4,6 DEAD 20) Ans PR RAA 4,2 DÉROOPAPS A ANS RCRNERERESE 7,4 DOSSOP AU ANS PR CREER 8,8 DEAD O ans 21,9" MERE 11,7 DéTO0ma 200 an. PR ee 19,2 De 0040 ans TER ER 40,8 De TOPORSUTATS SRE 96,7 De 80 DD ASS Ee 193,7
Au reste, la France n’a pas seule le triste monopole de cette grande léthalité infantile, les autres pays aussi
BEN" ss sont atteints par ce fléau. Voici d’ailleurs, par ordre décroissant, les pays les plus atteints :
SITE RAS 282 morts p. 1000 habit. de 0 à 1an PAMIÉTE tr: PI NZ Pa Russie d'Europe 268 — Le A Autriche... 14 QE = ee ESpagne.: 4e 191 — Le me
LL ES TRANS LOU — si
Les pays allemands, la Russie, l'Autriche nous passent donc bien devant par leur chiffre élevé de mortalité de O0 à 1 an. Mais une natalité élevée leur permet de supporter plus facilement ces énormes pertes.
Les pays le moins atteints seraient :
Angleterre ... 146 morts p. 1000 habit. de 0 à 1 an Danemark.... 136 — 2. 2E LUI EEE 106 — + Norwège ..... #36 — ee se
Ces différences sont-elles attribuables à une hygiène alimentaire différente ? Des auteurs ont été jusqu’à affirmer que la mortalité infantile de la première année était variable avec les races ; c’est ainsi que les Israëlites présenteraient ‘une résistance particulière : Kerschensteiner (1) déclare qu'à Münich la mortalité infantile est de 41 pour 100 des naissances dans la population catholique et de 15 p. 100 seulement chez les Juifs. La chose semble digne, en effet, de remarque. Chez les nègres la mortalité infantile est
(1) Kerschensteiner. — Die Kindersterblickheit in Mänchen- Jahrbuch für Kinderhoilkunde, tome IX,
LAPS énorme; exception faite pour les nègres du Sénégal.
La vérité est qu'ici entre en considération l’allaitement maternel qui est rigoureusement observé dans la race israëlite et complètement déréglé chez les nègres en général. :
Quoi qu'il en soit, cette grosse proportion de mort chez les enfants est due le plus généralement à une infection du tube intestinal, à une gastro-entérite. Ceci est encore surabondamment prouvé : sur mille décès d'enfants âgés de 0 à { an, il y a en moyenne 385 cas de diarrhée. C’est donc plus du tiers des enfants qui succombent, qui est emporté par le tube digestif.
Dans son rapport sur les enfants assistés en 1898, le docteur Monod indique que: sur 13,500 enfants morts il y en a eu 5,301 qui ont péri de gastro-entérite. sur lesquels 5,048 pendant la première année; or, 883 de ceux-là n'avaient pas dépassé le premier mois.
Ballestre et Giletta de Saint-Joseph, observent qu’à Paris sur 44,069 décès d'enfants dans leur première année, 1l y en eut 16,760 par diarrhée. |
Vinsonneau (Thèse de Montpellier, 1901), dit que sur 100 décès d'enfants de 0 à 1 an, la gastro-entérite en aurait produit de 1892 à 1901 : à Paris 37,6; à Lyon 26,6; à Bordeaux 42,4 ; à Montpellier 31,9. Dernièrement encore, Porak (Rapport à l’Académie de médecine, 1* décembre 1903), constate que 60 p. 100 dés décès des jeunes enfants sont dus à la diarrhée infantle. Cette terrible éloquence des chiffres prouve mieux que n'importe quel argument combien fréquente : est la gastro-entérite comme cause de la léthalité du jeune enfant.