‹ Hygiène Alimentaire du Nourrisson: Pendant le Séjour de la Mère à la MaternitéChapitre 7 sur 21 · LE TE · texte numérisé non relu

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Or il est peu de maladies qui soient aussi facilement évitable : elle est due, à peu près uniquement, au moins en ce qui concerne l'allaitement au sein que nous envisageons seulement ici, à un déréglement dans lalimentation du nourrisson, à une ignorance totale de l'hygiène alimentaire qu'il doit suivre. Nous aurons l’occasion plus loin de montrer combien est funeste une alimentation mal dirigée. C'est dire que le taux actuel de la mortalité infantile devrait être rabaissé de beaucoup ; et le sera du jour où la mère saura comment alimenter son enfant. Brouardel estime qu'il meurt en France 20,000 enfants de trop par an et le docteur Lagneau, dans un travail fait sur cette question, déclare que 120,000 enfants par an sont victimes du défaut de soins maternels. À son tour, Budin, avec sa grande expérience, vient affirmer que sur 150,000 enfants quimeurent par an, 80,000 au moins, dans l’hypothèse la plus défavorable, peuvent et doivent être sauvés.

Il n’y à guère moyen de se désintéresser de cette question; si la dépopulation donttout le monde se plaint reconnaît pour cause principale le défaut de natalité, il est incontestable que la léthalité infantile v contribue pour beaucoup. Il est tout naturel qu'on commence d’abord par conserver les enfants qui sont nés ; sinon, il est inutile d'en vouloir accroître le nombre. Toutes les lois qu'on pourra proposer pour augmenter le taux des naissances ne sont qu'utopies : le manque de natalité est le fruit d’un mauvais vouloir contre lequelil est bien difficile pour ne pas dire impossible de lutter.

Il n’en est plus ainsi quand il s’agit d’abaisser la mortalité de l'enfant : ici le médecin peut réellement quel-

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que chose, alors que seules la négligence ou l'ignorance sont à combattre. La mère ne demande qu'à sauver son enfant; malheureusement elle en ignore les moyens.

C'est pourquoi le temps que passe la mère dans la Maternité doit être employé à l’instruire ; à lui montrer la façon dont elle doit nourrir son enfant; ce sera pour elle la meilleure assurance de conserver son nourrisson.

Le bien sera d'autant plus grand à faire à la clinique d’accouchements, que l’on s'adresse à la partie de la population où la mortalité infantile est le plus élevée : l’ouvrière et la fille-mère. L'enfant de cette dernière est plus particulièrement voué à une mort précoce. Bertillon dit à leur sujet : « Pour les enfants légitimes la loi de mortalité est bien simple : la chance de mort est à son maximum, lorsque l'enfant vient au monde ; plus forte pendant la première semaine de vie que pendant la seconde, la mortalité va déclinant sans cesse jusqu'au sixième mois. À partir de cette époque les documents cessent de distinguer les mois d'âge, mais il est certain que la mortalité continue à décliner ainsi jusqu'à l'âge de 5 ans. La naissance en un mot semble constituer une crise dont l'enfant guérit peu à peu. Pour les illégitimes, le tableau diffère à quelques égards : dès la première semaine, la mortalité des illégitimes n'est pas tout à fait double de celle des légitimes ; elle est de 47 au lieu de 25. Mais pendant la deuxième semaine, estce une diminution que nous observons comme nous l'avons observée sur les légitimes et comme semble l'indiquer le bon sens? Au contraire, c’est une augmentation. Au lieu de 47, chiffre déjà énorme, que

nous avions la première semaine, nous trouvons 55,3. Pendant ce temps la mortalité des légitimes diminue : elle a déclinée jusqu'à 20, de sorte que pendant cette seconde semaine de vie, la mortalité des illégitimes est presque triple de celle des légitimes ! »

La fille-mère recule devant les sacrifices et les efforts qu'exige d'elle la première éducation de son enfant. A la Maternité on lui montrera combien devient plus légère et plus facile la tâche de mère quand le tout petit a été dès le début soumis à une hygiène régulière et bien dirigée. Elle s'en rendra compte par elle-même : cela pourra éviter qu'elle ne le laisse ou plutôt Fabandonne à lAssistance, ce qui équivaut souvent à un arrêt de mort.

Ce sont surtout les consultations de nourrissons qu'on a citées comme devant être des « Ecoles de mères » A notre avis c’est plus tôt que l'éducation de la jeune mère doit étre entreprise ; à la consultation on ne fera qu'encourager la mère à persévérer dans la voie tracée à la Maternité et à appliquer les enseignements qu'elle y aura reçus.

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