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TABLEAU DES SAISONS DANS LES COLONIES FRANÇAISES

Hémisphère Nord.

Saison sèche. Saison des pluies.

Antilles françaises... Mi-décembre-avril. Mai-mi-décembre. Sénégal (Gorée\..... Id, Id.

Guyane ee Février-mars Nov., déc., janv. (inc.)

puis mi-juillet-octobre. puis avril, mai, juin. Pondichér ya Ù Karltalereerer er .. Mi-nov.-mi-avril. Mi-avril-mi-nov. MAC RARE ) SAISON ere Décembre-avril. Mai-novembre,

Hémisphère Sud.

RÉUNION Eee PEEE Mai-mi-octobre. Mi-octobre-avril (incl.) Madagascar....,...., Nayobteserescre 6 | Mi-octobre. Octobre-avril. Comores 2772 Nouvelle-Calédonie.. Mai-juin-fin nov. Fin nov.-mi-juin.

En dehors des généralités qui viennent d’être exposées, il faut savoir que l'on rencontre des exceptions dues à l'élévation du sol

dans certaines régions; les pays montagneux font exception à ces règles générales, l'altitude corrigeant la latitude.

En effet, les neiges éternelles sont au ras du sol au Spitzherg, à 80° latitude nord ; leur limite en Norvège, à 65°, est à 720 mètres ; dans les Alpes, il faut monter jusqu'à 2 500 mètres pour atteindre les premières glaces ; cette hauteur s'accroît encore, lorsqu'on arrive à 30°; au mont Kénia, dans l'Afrique orientale anglaise, la limite des neiges éternelles se trouve presque au sommet de la montagne, à 5300 mètres, le sommet étant à 6500.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE CLIMAT INTER- TROPICAL. — L'étude des climats des colonies serait impossible à faire dans son ensemble; il y a une infinité de variétés dues à des causes très nombreuses; cependant on peut diviser le climat des régions intertropicales en : climats continentaux, climats de côtes, climats insulaires.

C'est dire que la mer joue un rôle important sur ces différents climats. Dans les régions tempérées ou froides, le voisinage de la mer élève la température en hiver; au contraire, entre les tropiques, ce même voisinage modère la chaleur et abaisse la température. Ce phénomène est dû à l’évaporation intense produite par le soleil, qui répand de la vapeur d’eau dans l'atmosphère et détermine, comme dans toute évaporation, un refroidissement plus ou moins considérable.

La vapeur absorbe, pour se former, une partie de la chaleur propagée par les rayons du soleil.

Cette évaporation se fait aux dépens des grandes nappes d'eau et de la rosée, qui est extrêmement abondante dans les pays intertropicaux, et la source première de l'humidité des continents se rencontre dans la mer, et en particulier dans les courants maritimes.

Courants maritimes. — Le plus connu de ces courants est le Gulf-Stream, qui, partant du Mexique, vient baigner les côtes de Bretagne, où il se divise en deux branches, l'une qui se dirige vers la Norvège en passant par la Manche, l’autre qui monte jusqu'en Islande, après avoir contourné les côtes de l'Irlande, où la température est douce et l'humidité si constante.

Il y a d’autres courants plus importants dans l'étude de la climatologie tropicale. Ces courants intertropicaux ont tous une même direction, un même mouvement circulaire correspondant au mouvement de rotation du globe. Ils vont tous de l'ouest à l'est.

Courant glacial antarctique. — Il existe un courant glacé antarctique qui, se dirigeant de l'ouest à l’est, passe au sud du cap Horn, puis vient lécher les côtes ouest-africaines : c'est le courant sud-équatorial, ou courant de Benguela, qui prend ce nom quand il atteint les possessions portugaises de l'Afrique occidentale. Glacé d'abord, ce courant s'échauffe en remontant vers les tropiques, aux

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dépens de l'atmosphère des côtes, et il émet de la vapeur d'eau, laquelle donnera de la rosée pendant la saison sèche, et de la pluie dans la saison humide, servant ainsi, dans les deux cas, de modérateur de la température. Ce courant sud-équatorial, ainsi réchauffé, détache une branche qui va lécher les côtes du golfe du Gabon el apporte à ces régions un surcroît de température, tandis que le courant principal prend une marche rétrograde, et de l'est se dirige à l'ouest, vers les côtes du continent américain, en traversant l'Atlantique. Arrivé au niveau du Brésil, il retourne au sud, pour rencontrer une branche froide du courant antarctique qui se dirige vers l’est, et les deux branches fusionnées se perdent dans l'Atlantique, dans un mouvement circulaire.

Ainsi l'océan Atlantique sud est parcouru par un courant qui, froid, rafraîchit la partie méridionale de l'Amérique, et qui, réchaulfé, donne aux côtes du Brésil une température plus constante et aussi plus élevée que sur la côte occidentale d'Afrique.

Dans l'océan Indien, le courant antarctique suit une même direction. Après avoir franchi le cap de Bonne-Espérance, il va jusqu'à l'est, vers l'Australie, refroidit ce continent, et détache ensuite une branche qui se dirige vers l'ouest et vient réchauffer Zanzibar et Madagascar. Sur la côte orientale d'Afrique, grâce à ce courant, la moyenne de la température est de 25 à 28°, tandis que la côte occidentale ne présente qu'une moyenne thermométrique de 15 à 1%.

Le courant équatorial du Pacifique, qui n’est, lui aussi, qu'une branche de ce courant antarctique, et qui a été signalé par le naturaliste Humboldt, englobe toutes les îles du Pacifique. Il rafraîchit la côle occidentale d'Amérique, en s’incurvant du sud au nord, et lui donne une température moyenne inférieure à celle du Brésil ; d'ailleurs, il est une autre raison à cet abaissement de la moyenne thermométrique sur la côte ouest d'Amérique, c'est la présence de la Cordillère des Andes.

Les courants froids dont nous venons de parler amènent de plus des brouillards, causes de refroidissement, et, par conséquent, d'équilibre de température. Aussi, en thèse générale, les climats de côles présentent une égalité de température plus grande que les climats continentaux, grâce à l’action modératrice des grands courants marins.

Climats continentaux. — Ces climats, dans la profondeur des continents, offrent des variélés très grandes; l'inégalité de leur répartition lient aux reliefs du sol, aux déserts, à l'éloignement de la mer, à la direction des vents; il y a des régions où les pluies sont rares, par exemple au Pérou, en Australie; les régions désertiques du Sahara sont presque synonymes de sécheresse, et il faut se rapprocher du Niger et du lac Tchad pour commencer à voir les pluies équatoriales, L'arrêt des nuages surles montagnes et les collines de

M et pe ES

pays maritimes détermine la pluie sur les rivages des mers : au delà, c’est la sécheresse. |

Climats insulaires. — Les climats des îles réunissent très souvent les avantages des climats de côtes et des climats continentaux ;

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Fig. 8. — Influence de la position insulaire, marilime ou continentale sur la thermaiité.

cependant la température des îles est en général un peu inférieure à celle des côtes correspondantes. Il est vrai qu'elle est souvent constante, sans écarts; mais souvent la brise de mer corrige cet inconvénient.

En outre, la constitution volcanique de certaines de ces îles (Martinique, Taïti, Réunion, Madagascar) les rend particulièrement favorables au séjour des Européens ; il suffit de pénétrer de quelques kilomètres dans l’intérieur des terres pour atteindre aussitôt les altitudes rappelant les climats de l'Europe et qui corrigent ainsi l'excès de la latitude. Dans toutes les îles, on a établi, au sommet des montagnes, des sanatoriums qui font de ces îles un séjour le moins désagréable possible pour l'homme blanc et le pays le plus propice à l’acclimatement des races européennes.

Si l'on prend trois points situés sur une même latitude, la Guadeloupe, le Sénégal et Saint-Louis, on peut constater, pour la Guadeloupe, une constante dans la courbe thermique et, au contraire, des oscillations assez marquées pour les deux autres points (fig. 8).

Par conséquent, la caractéristique des climats insulaires est l’uniformité de la température et la mocéralion dans les moyenne

thermiques.

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