‹ hygiene colonialeChapitre 101 sur 251 · IV, — PATHOLOGIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

IV, — PATHOLOGIE SPÉCIALE

C'est au paludisme que revient la place d'honneur, tout comme à Madagascar. Et cependant la Réunion et Maurice étaient autrefois réputées pour leur salubrité. Des cas de paludisme se rencontraient, il est vrai, chez des malades venant de Mayotte, de Nossi-Bé ou de Sainte-Marie, mais jusque-là ces cas étaient restés isolés, s'éteignant en quelque sorte sur place (Mac Auliffe).

Depuis décembre 1864, 1l en est tout autrement. Et l'affection à cette époque commença à sévir sous forme endémique, ainsi que le raconte le D' Mac Auliffe, témoin des premiers cas. À ce moment arriva un convoi d'immigrants venus de Calcutta sur le navire Easter-Empire. Les immigrants furent envoyés au lazaret de la Grande-Chaloupe, où ils subirent une quarantaine de quinze jours. Pendant cette quarantaine se manifestèrent quelques cas de fièvre intermittente, et un des Indiens succomba à un accès pernicieux à forme comateuse.

Depuis ce temps le paludisme n'a fait que s’accroître.

En même temps, à Maurice, il éclatait, revêtant rapidement Ja forme d'une véritable épidémie, au point qu'en un an, de décembre 1866 à décembre 1867, il y tua 40097 malades sur une population de 360 000 âmes.

Il envahit de proche en proche le Champ Borne, Saint-André, Sainte-Suzanne, Saint-Gilles, en sautant par-dessus Saint-Paul, Saint- Leu (1871), Saint-Pierre, et en dernier lieu Saint-Joseph (1880). Les localités de la partie du « Vent » Saint-Benoît, Sainte-Rose et Saint- Philippe avaient été envahies tout d'abord. Le fléau présenta une marche irrégulière el capricieuse, franchissant des montagnes de 3000 mètres, allant contre le vent (Mac Auliffe).

Il eût été bien intéressant de savoir si cette propagation du paludisme avait coïncidé avec une augmentation brusque des anophèles ; malheureusement ce mode de propagation était à ce moment inconnu. Ce qui est incontestable, toutefois, c'est que des points indemnes jusqu'à ces dernières années tendent à se contaminer de plus en plus,

Page 1