FIÈVRE INFLAMMATOIRE. — FIÈVRE JAUNE
novembre), est celle pendant laquelle la fièvre jaune éclate et évolue le plus ordinairement aux Antilles. D'après les statistiques de Bérenger-Féraud (1), d'avril à fin septembre, les épidémies de fièvre jaune ont commencé dans la proportion de 70 p.100. À la Martinique, pendant une période de cinquante années, 70 p. 100 des entrées dans les hôpitaux et 69 p. 100 des décès ont été constatés de juillet à décembre.
Pendant les périodes épidémiques, la maladie ne reste pas confinée au point où elle a débuté, mais elle se diffuse très rapidement de tous les côtés, particulièrement dans les localités du littoral et proportionnellement au nombre d'Européens qui y résident, en épargnant relativement les localités à altitude élevée.
La mortalité aux Antilles est assez variable, selon les épidémies ; quelques-unes, les plus éloignées de l’époque actuelle, ont, d'une façon générale, été excessivement meurtrières, d'autres relativement bénignes. La moyenne de la mortalité peut être fixée à 26,5 p. 100 des cas (2).
Martinique MSA MSG) ER. 25,5 à 26 p. 100.
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La mortalité par rapport au nombre des cas a été beaucoup plus grande pendant les dernières épidémies, mais la morbidité a été de beaucoup moins élevée. En réalité, ces dernières épidémies ont fait peu de victimes.
En dehors des mesures générales visant la prophylaxie du typhus amaril partout où 1l se manifeste, et que nous n'avons pas à indiquer ici, la prophylaxie spéciale aux Antilles comporte un certain nombre de mesures, les mêmes pour la Martinique et la Guadeloupe (3) :
1° Séjour permanent, pendant la saison de l’hivernage, des troupes dans les camps des hauteurs. Cette mesure est appliquée à la Guadeloupe ;
2 À la première menace d'épidémie, dissémination immédiate de la garnison européenne dans les camps des hauteurs (altitude de 400 à 500 mètres au moins), les militaires créoles devant rester seuls chargés du service.
Les camps de dissémination doivent être établis en dehors des centres habités et maintenus isolés.
Tous les Européens, fonctionnaires et autres, doivent également gagner les hauteurs.
Les troupes et tous les Européens doivent être soumis à une surveillance attentive et tous les suspects envoyés à l'hôpital :
(1) Bérencer-FÉraAuD, Traité théorique et clinique de la fièvre jaune.
(2) BérexGer-Férau», loc. cil. | (3) Grres, Fièvre jaune à la Martinique. Ann. d'hyg. et de méd. coloniales, 1899.
3° Tout ce personnel devra s'abstenir de travaux nécessitant une longue exposition au soleil et éviter tous les excès:
4° Les mouvements de troupes, le retour en ville ne pourront être ordonnés qu'après avis des autorités sanitaires. Il est bien entendu que la réoccupation des casernes ne devra se faire qu'après qu'elles auront été désinfectées à fond ;
5° Les navires en rade seront mouillés aussi loin que possible, à une distance notable les uns des autres et n'auront avec la terre, par l'intermédiaire des créoles seulement, que les relations strictement indispensables.
Les équipages, rigoureusement consignés à bord, ne devront travailler qu’à l'abri du soleil.
Toutes les mesures de prophylaxie visant le typhus amaril devront, en dehors des époques d'épidémie, être consignées sur un journal de mobilisation sanitaire dont seront détenteurs toutes les autorités auxquelles incombe le soin d'appliquer ces mesures; de telle sorte qu'il suffira que le gouverneur de la colonie déclare que la fièvre jaune a éclaté pour que les instructions portées sur le journal de mobilisation sanitaire soient appliquées, sans attendre d’autres ordres, partout, sans perte de temps et sans hésitation.
Un journal de mobilisation sanitaire visant toutes les épidémies qui menacent Madagascar a été dressé, conformément aux ordres du général Galliéni. Il serait à désirer que pareille mesure soit appliquée dans toutes nos colonies.
FIÈVRE TYPHOIDE. — La Martinique est de toutes nos colonies celle où la fièvre typhoïde sévit avec le plus d'intensité. Pendant l’année 1903, la morbidité de la fièvre typhoïde et des embarras gastriques fébriles a atteint 109 p. 1 000 et la mortalité 4,2 p. 1 000, alors qu'à la Guadeloupe la morbidité a été de 5,7 p. 1000 et la mortalité nulle. Il ne s'agit que des cas constatés dans la population militaire de ces colonies (1).
Le typhus abdominal existe depuis longtemps à la Martinique, sévissant particulièrement dans les villes de Saint-Pierre et de Fortde-France. En 1902, à la suite de la catastrophe de la montagne Pelée, la maladie, a pris, à Fort-de-France une allure franchement épidémique, causée par l’agglomération des sinistrés, la misère physique et morale et surtout la mauvaise qualité de l’eau potable. Nous avons signalé plus haut les causes de contamination de l’eau distribuée aux habitants du chef-lieu.
Pour mettre fin à une situation aussi déplorable, il y aurait lieu de porter le bassin de captation beaucoup plus haut, tout à fait en dehors de toute habitation, et de substituer une conduite en fonte au canal en maçonnerie qui conduit l'eau en ville. Tous les projets de
(1) Pendant cette même année, la mortalité de la fièvre typhoïde parmi les troupes coloniales en France a été de 6,5 p. 1000.