‹ hygiene colonialeChapitre 138 sur 251 · ANNÉES. RE —— — ——— OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

ANNÉES. RE —— — ——— OBSERVATIONS

Cas. Décès. À Décès.

1850-1852... Les effectifs étaient plus nombreux autre- 1903-1904... fois.

La dysenterie était beaucoup plus fréquente à Saint-Pierre et à la Basse-Terre qu'à Fort-de-France et à la Pointe-à-Pitre. La distribution géographique de la maladie n’est nullement en rapport avec celle du paludisme.

Les abcès du foie, quoique beaucoup plus rares qu’autrefois, sont encore fréquents relativement au petit nombre de cas de dysenterie encore constatés ; nous n’avons cependant jamais observé d'hépatite suppurée qui n'ait été précédée par la dysenterie. L'hépatite suppurée est plus fréquente chez les Européens que chez les créoles, et particulièrement chez ceux qui abusent de l'alcool.

TUBERCULOSE. — Parmi les maladies des voies respiratoires, bronchites, pneumonie, pleurésie, grippe, etc., généralement moins fréquentes et moins graves qu'en Europe, la tuberculose pulmonaire mérite seule une mention spéciale. Dutrouleau, Saint-Vel et Rufz de Lavison considèrent la tuberculose pulmonaire comme très fréquente à la Martinique, surtout parmi les indigènes. Rufz estime que les tuberculoses de l'enfance : méningite, péritonite, tuberculoses des os ou des articulations, est très rare. Il nous semble que ces manifestations, pour être peut-être un peu moins fréquentes qu'en Europe, ne sont pas cependant exceptionnelles, comme l'écrit Lidin (1), d'après Bouvier. Il nous a été donné d'observer à Saint-Pierre de nombreux cas de granulie abdominale ou pulmonaire, de tuberculose osseuse ou articulaire.

(1) Linin, Ann. d’hyg. et de méd. coloniales.

Tous ceux qui se sont occupés de l'hygiène des Antilles ont bien écrit qu'on y trouve réunies à leur summum toutes les conditions de genèse de la tuberculose : mauvaise hygiène, alcoolisme, excès de toutes sortes, abâtardissement et dégénérescence progressive des races sous le climat des tropiques, syphilis, anémie, etc. À notre avis, c'est un peu se payer de mots, et en tout cas ces conditions n'y sont pas plus mauvaises qu'en Europe, on pourrait même dire qu'elles sont un peu moins mauvaises ; aux Antilles, on vit beaucoup dehors, et l'on ne respire pas un air confiné comme dans toutes les agglomérations un peu importantes de la métropole. En réalité, et cette opinion est celle de tous les praticiens exerçant aux Antilles, si la tuberculose y est malheureusement trop fréquente, elle n’est pas, à beaucoup près, aussi répandue qu'en France.

Toutes les races sont également susceptibles vis-à-vis de l'infection tuberculeuse; la plus grande susceptibilité des uns et des autres üent à leur situation sociale différente. Métis, noirs, Indiens, blancs subissent ses atteintes, proportionnellement à leurs contingents. Saint-Vel admet que les métis se tuberculisent plus facilement que les noirs et les blancs. On peut affirmer que l'Européen, arrivant aux Antilles, n'a pas plus de chances de s’y tuberculiser qu'en France, s'il reste fidèle aux règles d'une hygiène bien entendue. Il semble certain que la tuberculose confirmée, ayant déjà causé des dégâts importants dans l'organisme, évolue plus rapidement qu'en Europe.

Nous possédons bien les statistiques des hôpitaux militaires de la Martinique, mais elles ne présentent pas une très grande importance, car il n'y est pas tenu compte des effectifs. Ces statistiques, qui portent sur onze années, se résument ainsi : entrées, 320, dont 85 indigènes ; décès, 42, dont 16 indigènes; rapatriements, 135.

De 1885 à 1887, nous avons pu relever le chiffre des tuberculeux traités à l’hospice civil de Saint-Pierre, ville où les conditions génératrices de la tuberculose étaient à coup sûr plus mauvaises que dans tous les autres points de la colonie. Cette petite statistique se résume ainsi :

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