ACCIDENTS DÉTERMINÉS PAR LES VÉGÉTAUX
ANIMAUX TOXICOPHORES. — On constate parfois des accidents à la suite de l'ingestion de crabes de terre qui se sont pourris de graines toxiques. On évite ces accidents en ne consommant ces crabes qu'après les avoir fait dégorger pendant un certain temps. Ils deviennent alors un mets très recherché.
Un certain nombre de poissons toxicophores sont signalés comme vivant sur les côtes des Antilles. Les principaux sont : Le Meron ouatalibi (Serranus ouatalibi); la Sarde à dents de chien (Mesoprion); la grande Bécune (Sphraena barracuda); la Scorpène rascasse; le Tassand (Cybium caballa); le Cailleu Tassard ou hareng de la Martinique ; la fausse Carangue; la sardine dorée, etc.
La liste de ces poissons est bien longue : mais, pour qui connaît les Antilles, 1l s'en faut de beaucoup que tous les poissons signalés comme toxicophores le soient réellement ou plutôt le soient en tout. temps.
Le plus souvent, les accidents ont été signalés chez des personnes qui avaient consommé des poissons provenant d'une même pêche, poissons qui s'étaient eux-mêmes nourris accidentellement de végétaux, d'animaux ou d’autres produits toxiques. La vérité est que la chair de beaucoup de ces poissons est excellente et peut en général être consommée impunément; quelques-uns ne sont dangereux qu'à certaines époques de l’année ou au moment du frai.
Le Dantec rapproche les symptômes d'empoisonnement déterminés par l'ingestion de ces poissons (Signatère des Antilles espagnoles) de ceux de l’empoisonnement produit par la fausse oronge: vomissements, diarrhée, petitesse du pouls, refroidissement général, etc. Cet auteur leur oppose le même traitement.
Le plus souvent on a attribué à des poissons prétendus toxicophores des symptômes de botulisme déterminés par des poissons en voie de putréfaction (ichtyosisme).
La Physalie (Physalia utriculus Lamarck), dénommée « galère ou brûlant » par les indigènes des Antilles, jouit de propriétés urticantes et détermine par son contact une sensation de brûlure très vive.
La poudre de galère desséchée est réputée aux Antilles comme un toxique puissant, qui était employé autrefois et l’est même encore aujourd'hui dans les empoisonnements criminels visant l’homme aussi bien que les animaux (1).
D'après certains auteurs, les propriétés toxicophores de la bécune seraient dues à l’ingestion des physalies que ce poisson peut absorber impunément pour lui-même.
ACCIDENTS DÉTERMINÉS PAR LES VÉGÉTAUX. — Le Mancenillier, qui croit en abondance sur les côtes des Antilles,
(1) Guérin, De la toxicité des physalies Ann. d’hyg. et de méd. coloniales, 1900.
produit parfois des accidents plus ou moins graves : le suc laiteux détermine sur la peau des vésicules ou des vésiculo-pustules. Nous avons constaté des accidents gastro-intestinaux assez sérieux chez un médecin qui, après être resté un assez long temps sur un mancenillier pour y recueillir du suc, s'était mis à table, sans avoir pris la précaution de se laver préalablement les mains.
L'eau de pluie qui a passé sur les feuilles produit des accidents cutanés chez les personnes qui se réfugient sous les mancenilliers pour y chercher un abri.
Le suc de cet arbre était employé autrefois aux Antilles dans les empoisonnements criminels.
Les amandes du Sablier élastique (Ura crepitans), également très répandu aux Antilles, contiennent un albumen gras et huileux qui est un violent drastique (1). Nous avons constaté des symptômes gastro-intestinaux graves chez des enfants qui avaient mangé de ces amandes.
L'herbe à Brinvilliers ou le Brinvilliers, célèbre dans l’histoire, croît aux Antilles, où elle aurait été employée dans les empoisonnements criminels.