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FIÈVRES ÉRUPTIVES. — VARIOLE ET VACCINE

augmenté, elle n'a certes pas diminué, à la Guadeloupe surtout, où l’on ne constate aucun signe de décroissance de la maladie.

Depuis 1728, les lépreux de ces colonies sont internés à l'ile de la Désirade, où il existe une léproserie qui fonctionne dans d'assez bonnes conditions. L'internement des lépreux n'est pas obligatoire ; il est même certain que les prescriptions de la loi (1), touchant la déclaration obligatoire des cas de lèpre, par les médecins, sagesfemmes et officiers de santé ne sont et ne seront jamais appliquées.

En fait, il n'y a guère d'internés à la Désirade que les misérables qui sont trop heureux d'y trouver un asile.

Du 1° janvier 1859 au 31 décembre 1899, la léproserie a reçu 380 lépreux (289 hommes, 91 femmes). Ils ont fourni 248 décès. Dans ce même laps de temps, 10 enfants sont nés dans l'établissement.

L'éléphantiasis des Arabes et les autres manifestations de la filariose sont très communes aux Antilles.

FIÈVRES ÉRUPTIVES. — VARIOLE ET VACCINE. — Les fièvres éruptives ne sévissent aux Antilles qu'à l'état épidémique et sont toujours importées. La scarlatine et la rougeole sont rares et généralement bénignes. Ces maladies ne présentent jamais ou presque jamais les complications graves que l'on constate en Europe.

Chaque fois qu'une épidémie de variole a éclaté aux Antilles, l’importation en a toujours été nettement démontrée. Ces épidémies se font du reste de plus en plus rares, grâce aux quarantaines rigoureuses imposées aux provenances des pays contaminés. Les dernières épidémies de variole constatées aux Antilles remontent à l’année 1845 (Guadeloupe) et 1886 (Martinique). Cette dernière épidémie fut très meurtrière et ne fit pas moins de 3 500 victimes sur une population de 175 000 habitants. — Les 20000 cas enregistrés ont été presque tous constatés chez des personnes non vaccinées ou n’ayant pas élé revaccinées depuis fort longtemps.

Toutes ou presque toutes les épidémies ont été très graves; car, si les personnes appartenant aux classes élevées de la population ont recours à la vaccination d'une façon assez régulière, il n’en est point de même des autres, qui ne se font vacciner qu'au moment des épidémies, et encore quand il leur est bien démontré que ceux qui ont été vaccinés ne sont pas atteints.

Il n'existe pas aux Antilles un service de vaccination bien organisé et fonctionnant régulièrement. Les médecins des municipalités doivent vacciner à des époques déterminées dans les mairies, mais, malgré leur bonne volonté, ils sont souvent forcés de renoncer à accomplir leur tâche, faute de clients.

Le vaccin est envoyé d'Europe et donne de bons résultats quand 11

(1) Loi du 15 février 1902 sur la protection de la santé publique.

est employé dès son arrivée, pourvu toutefois que la pulpe n'ait pas été trop triturée; en effet, elle perd assez rapidement ses propriétés virulentes, en passant d'un climat à l’autre, quand le broyage a été trop complet. La pulpe non triturée, mais simplement mélangée à la glycérine, conserve bien mieux sa virulence et fournit des résultats excellents : on achève la trituration au moment de l'emploi.

IlLest à désirer que les colonies qui nous occupent s'entendent pour établir à frais communs un institut vaccinal, sommairement installé et qui suffirait amplement à fournir du vaccin à la Martinique et à la Guadeloupe. La solution de cette question du vaccin faciliterait singulièrement l'application aux Antilles de la loi sur la santé publique en ce qui touche la vaccination obligatoire.

ACCIDENTS CAUSÉS PAR LES ANIMAUX. — Nous avons déjà dit que le Bothrops lanceolatus, serpent Fer-de-lance de la Martinique, faisait chaque année dans cette colonie un certain nombre de victimes parmi les travailleurs de la campagne qui vont toujours pieds et jambes nus.

On a essayé de détruire, autant que possible, ces dangereux reptiles; et, pour atteindre ce but, on a introduit dans la colonie des mangoustes, gros rongeurs, ennemis des serpents dont ils détruisent un certain nombre, tout en ravageant eux-mêmes les plantations de cannes et les poulaillers; de telle sorte qu'ils constituent au point de vue économique un véritable fléau, dont on serait peut-être heureux de se débarrasser aujourd'hui. On ne saurait nier cependant que depuis cette introduction les serpents semblent avoir diminué.

Quant à déterminer les ouvriers à porter des sabots et à se garantir les jambes, 1l n'y faut pas penser.

Le sérum de Calmette, avons-nous dit, donne de bons résultats dans le traitement de la morsure du Fer-de-lance.

Les mygales ou araignées crabes, assez communes aux Antilles, ne déterminent guère que des accidents locaux : gonflement, phlyctène, sphacèle peu étendu et parfois des accidents généraux très légers.

La puce chique, Pulex penetrans, pullule aux Antilles, mais ne détermine jamais d'accidents graves, car on sait s'en débarrasser à temps. Du reste les bains, dont on use très largement aux Antilles, font que les atteintes sont plus rares que dans les autres colonies.

On rencontre dans les mers des Antilles quelques poissons vulnérants : l'Acanthure chirurgien (Acanthurus phlebotomus), qui porte de chaque côté de la queue deux épines mobiles qui causent parfois des piqûres aux pêcheurs; la raie dont la queue est armée d’une épine très vulnérante ; le Diodon orbiculaire ou poisson armé. Les piqûres produites par ces différents poissons ne présentent pas ordinairement de gravité, Nous avons cependant constaté quelques cas d'abcès, de panaris ou même de phlegmons, à la suite de piqûres de raie.

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