‹ hygiene colonialeChapitre 147 sur 251 · VN · texte numérisé non relu

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et atteignent souvent 85 et plus. La moyenne annuelle est de 822n 9, un peu plus élevée qu'aux Antilles.

D'après les observations ci-dessus, il tombe à la Guyane 2 794 millimètres d'eau par an. Les observations n'ont été faites qu'à Cayenne. D'après Burot, il tombe 3,124 (période de dix ans); en 1898, il est tombé 4,128. On peut admettre qu’il tombe en moyenne 3 mètres d’eau par an.

MOYENNES BAROMÉTRIQUES. — Elles se maintiennent presque toute l'année à des hauteurs variant de 764 (en juin) à 759%n,3 (en novembre). La hauteur moyenne de l’année est de 761°%,8.

SAISONS. — L'année peut se diviser en deux saisons : l’une de huit mois, saison de l’hivernage ou pluvieuse (décembre à juin) ; l'autre, saison sèche, qui commence en juillet-août et finit en novembre. Pendant la grande saison des pluies, on observe, mais non d'une façon constante, une petite saison sèche (février et mars). Les périodes de transition ne durent que peu de jours.

VENTS. — Pendant les premiers mois de l'année, d'une façon générale jusqu'en mai, les vents soufflent du nord-nord-est, quelquefois de l'est-nord-est ; à partir du mois d'avril, ils ont une tendance à passer plus à l'est, est-nord-est, est-sud-est; plus accentuées en juin et juillet, ces brises commencent à passer au sud-est, est-sud-est, jusqu'en octobre et novembre. A partir de ce dernier mois, les vents soufflent du nord-est, puis nord-nord-est. Les vents d'ouest sont à peu près inconnus, surtout à Cayenne.

Les ouragans sont inconnus, mais les raz de marée, peu dangereux, sont fréquents.

Aux îles, où la température est moins élevée qu'à Cayenne, les vents du nord sont plus violents et plus constants.

Dans l'intérieur des terres, au milieu des forêts, la température est plus accablante; loin des côtes, les brises sont moins régulières et moins fortes, les pluies plus abondantes.

Il. — DÉMOGRAPHIE.

RACES. — Ce qui a été déjà dit touchant les races qui habitent les Antilles nous dispense de revenir sur cette question, la Guyane ayant été colonisée dans les mêmes conditions.

Le nombre des blancs créoles y est aujourd'hui excessivement restreint; les rares familles blanches qui vivent à Cayenne diminuent chaque année; de plus, le préjugé de couleur n'existant pas ou presque pas, les alliances entre blancs purs ou reconnus comme tels et les métis étant relativement plus fréquentes qu'aux Antilles, on peut prévoir le moment où il n'y aura plus de blancs purs à la Guyane, en dehors des Européens fonctionnaires ou négociants.

Toutes les races ou presque toutes ont passé à la Guyane, comme colons, immigrants ou condamnés. Les noirs africains importés par la traite ne se sont maintenus qu'au prix d'un déchet formidable, ou grâce au métissage.

Pendant l'esclavage, des nègres « marrons » se sont retirés en grand nombre, très loin dans l’intérieur des terres, sur les rives du Maroni, et ont formé là des tribus indépendantes, sous la direction de chefs choisis par eux. Aujourd’hui ils reconnaissent l'autorité de la France et font le service du canotage sur les grands fleuves de la Guyane.

Ces nègres « Bonis » se sont reproduits entre eux, sans métissage, et forment une race très vigoureuse et très résistante. Ce sont des hommes généralement plus forts que les Africains, dont ils sont cependant les descendants directs. Par contre, cette race ne s’est pas beaucoup multipliéeet ne semble guère prolifique, puisque, au dernier recensement, on ne comptait guère que trois cents nègres Bonis.

Il n’est pas sans intérêt de constater ce que sont devenus ces noirs africains vivant en liberté, à l'état sauvage, alors que leurs frères, restés en esclavage, employés aux travaux agricoles et autres disparaissaient littéralement sous le climat meurtrier de la côte ; actuellement leurs descendants, malgré le métissage, continuent à disparaître, de telle sorte que la population de la Guyane n'existe encore que grâce à l'apport des éléments venus sans cesse du dehors.

Les immigrants hindous, importés eux aussi en assez grand nombre, ont totalement disparu: ils sont morts sans laisser de descendants; quelques-uns, réduits à la dernière misère, ont pu être rapatriés.

On rencontre quelques rares chinois ou annamites, qui exercent la profession de commerçants ou se livrent à la pêche.

Toutes les races du globe sont représentées sur les pénitenciers.

Quant auxaborigènes, indiens galibis, leurs derniers représentants, au nombre de 1500 à 2000 environ, abrutis par l'alcool, seul apport de la civilisation accepté par eux, semés un peu de tous les côtés, sur les rives des fleuves, tendent à disparaître chaque jour davantage et ne présentent aucun intérêt.

POPULATIONS. — La Guyane comprend deux populations qui doivent être envisagées séparément : la population créole et européenne libre et la population pénale.

Population libre. — Aucune de nos colonies ne possède une population aussi clairsemée. Si l'on tient compte de l'énorme superficie de la Guyane, 121413 kilomètres carrés environ, o6n peut dire qu'elle est presque inhabitée, puisque la population totale n’est que de 30000 à 34000 habitants, en comptant les fonctionnaires, les soldats, les transportés et les relégués, les Indiens, les nègres Bonis, etc. D'après le dernier recensement (1895), la population fixe est de 22 712 habitants.

Depuis 1827, époque du plus ancien recensement dont nous ayons pu avoir connaissance, cette population n’a subi que de très légères fluctuations, et, actuellement, elle est sensiblement la même qu'à cette époque.

Mouvement de la population depuis 1827.

Habitants. Libres. Esclaves.

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