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ment intolérable. Malgré la précaution que l'on a prise de faire un double toit, elles sont fort incommodes. La tôle ondulée s’abîime très rapidement, pour peu qu'elle soit surchauffée par les rayons solaires. En outre, ces baraquements sont peu solides et sont souvent emportés par les cyclones. Elles peuvent cependant, dans certains cas particuliers, rendre des services.
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Fig. 14. — Pavillon démontable.
Fig. 15. — Plan du pavillon démontable représenté figure 14,
Campements. — Une réunion d'habitations temporaires constitue un campement.
Le camp sera établi sur un emplacement choisi comme il a été indiqué, sur un terrain un peu déclive, formé de couches sablonneuses, à proximité d'un cours d’eau. Des rigoles conduiront. les eaux de pluies au bas du terrain choisi; le campement des Européens sera au-dessus de celui des indigènes ; les latrines seront élablies sous le vent, loin du cours d’eau ou de la source et à un niveau inférieur, et vidées très loin du camp. Les eaux usées et les immon-
dices seront évacuées.
IV. Habitations permanentes. — Les habitations qui sont destinées à un long usage doivent être établies avec le plus grand soin.
Nous avons déjà indiqué quelles sont les précautions que l'on devra prendre avant de bâtir. Autour du terrain qu'on aura préparé, il faudra ménager l'espace d'un jardin. Cette condition, difficile à remplir dans nos villes, est facile à réaliser aux colonies.
Matériaux de construction. — Les différents matériaux que l'on peut employer aux colonies sont : le bois, le fer, la maçonnerie.
Bois. — Le bois doit être employé le moins possible, à moins qu'on n'ait à sa disposition des bois durs et à peu près inaltérables, comme l'acajou aux Antilles, le bois de fer, l'ébénier, le teck en Indo-Chine, le moabi, le cynometra, le kondjo (ficus) comme au Congo; le bois est une matière facile à employer, facile à travailler et relativement assez légère, mais qui s'altère rapidement. Certains champignons comme le Merulius lacrymans, le Polypolus vaporarius, des insectes comme les termites, très abondants dans certains pays, détruisent très rapidement les constructions en bois. En outre, une maison bâtie en bois ne résiste pas plus de deux ou trois ans aux pluies.
Le bois ne peut guère servir que pour élever des cases ou des paillottes.
Fer. — L'’ossalure fer el bois, avec fermes en fer, présente les mêmes inconvénients. Le fer s'oxyde rapidement, et ce n’est que dans les pays à tremblements de terre que l’on peut préconiser ce mode de construction.
Maçonnerie. — La maçonnerie est, dans les pays chauds, le matériel de choix, lorsqu'elle est faite avec du calcaire et de la brique excellente. Un des avantages de cette maçonnerie est de permettre d’augmenter l'épaisseur des murs, afin d'obtenir une certaine fraicheur.
Les murs en briques possèdent une perméabilité à l'air qui donne à leur emploi de grands avantages. Combinées avec lescharpentes en fer, elles ont été employées avec avantage pour construire les casernes et les hôpitaux de Saïgon (fig. 16 et 17).
On a dit que l'épaisseur des murs ne devait pas dépasser 50 à 60 centimètres, parce que, avec une épaisseur supérieure, les murs, s'échauffant dans la journée, rayonneraient leur chaleur pendant la nuit. C'est là une opinion que nous ne parlageons pas, nous étant trouvé très bien, dans les climats tropicaux, d'un séjour dans des maisons à murs très épais.
On peut tourner la difficulté en élevant deux parois, l’une pleine de 30 centimètres, l’autre en briques creuses de 10 centimètres ; on peut encore, entre ces deux murailles, laisser une couche d'air isolante, qui, formant matelas, empêchera l’échauffement de l'intérieur par les rayons du soleil; la paroi du mur intérieur doit être imperméable.
Pour le plancher, le carrelage est le meilleur dispositif; il est
Fig. 16. — Hôpital colonial de Saïgon (pavillon des officiers).
Fig. 17. — Hôpital colonial de Saïgon (pavillon principal).
frais, et peut être nettoyé facilement. Les planchers en bois sont plus chauds, plus difficiles à nettoyer et moins HOT mEADIeS, bien qu'on ait préconisé l'application de vernis, de cire, de paraffine dissoute dans la benzine (Vallin et Bard), de paraffine bouillante (Claudot et Follenfant). Ils sont souvent détruits par les termites. Les plafonds seront lisses, faits en plâtre recouvert d'un enduit lavable. Ils protégeront contre le rayonnement de chaleur du toit. Ils seront élevés d'au moins 4 mètres.
En ce qui concerne le Loit, tous les métaux doivent être rejetés : le zinc se fend, se tord, et laisse entrer la pluie ; la tôle ondulée ne protège pas contre la chaleur ; elle l'emmagasine au contraire, malgré la précaution que l'on peut prendre de mettre deux tôles l'une sur l’autre, en les séparant par un matelas d'air isolant. Le mieux sera de se servir de tuiles, s'il est possible, mais, en tout cas, jamais de couverture métallique. À défaut de tuiles, on emploiera du chaume.
Une très bonne disposition à adopter, toutes les fois qu'on le pourra, c’est d’avoir, pour chaque habitant, deux chambres : une pour le matin, siluée au nord, l'autre pour l'après-midi, située à este
Ventilation (lig. 18). — C'est une importante question que celle de la ventilation dans les colonies. Le principe de la ventilation est de remplacer l'air vicié par l'air pur. On peut poser.en principe que, dans 100 mètres cubes, il faut 100 mètres cubes d’air frais, par heure, après une heure d'occupation par un habitant.
Cette ventilation s'établit d'une façon spontanée par les courants d'air, qui constituent une pénétration insensible de l'air circulant d'une fenêtre à l’autre; ces courants sont suffisants. Ceux qu'on obtient en ouvrant deux fenêtres opposées ventilent puissamment mais en tout cas, leur vitesse ne doit pas dépasser 0,70 à la seconde.
Nous ne parlerons pas de la ventilation ascendante, descendante ou horizontale : ce qui importe, c'est que l'air de remplacement soit de l'air pur ; par conséquent, la ventilation doit se faire de préférence sur un Jardin, ou sur la mer, s’il existe une brise de mer.
La ventilation peut être naturelle ou artificielle.
La ventilation naturelle se fait par les portes, par les fenêtres et par les ventouses; elle est presque toujours ascendante dans les colonies, le toit chauffant l'air de la partie supérieure de la maison et provoquant un appel d'air de bas en haut. On pourra, si cela est nécessaire, maintenir ouvertes les portes et les fenêtres qui donnent surla véranda, celle-ci étant elle-même garnie de stores, que l’on laisse toujours baissés, afin de diminuer la vitesse du courant d'air.
Deux fenêtres se faisant vis-à-vis ventilent puissamment une pièce; en fait, c’est la méthode à adopter pour établir un courant d'air, quand la température est suffisamment élevée et si, comme nous l'avons dit,
la vitesse du courant d'air ne dépasse pas 0,70 par seconde.
Les persiennes composées de lamelles à inclinaison variable permeltent de graduer et de diriger le courant d'air. Au Tonkin et au Sénégal, dans les régions à tornades, on se servait, autrefois, de volets pleins ou de châssis vitrés, analogues aux dispositifs employés en Europe; la chaleur qui en résultait était étouffante. Maintenant on emploie, dans ces régions où soufflent des vents violents, les vitres parallèles. Dans ce système, les vitres sont séparées par un intervalle d'un centimètre environ, qui se trouve pour les unes à la partie supérieure, et pour les autres à la partie inférieure (fig. 18).
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Fig. 18, — Ventilation par double manche à vent.
Nous ne parlerons pas des vitres perforées, qui doivent être délaissées à cause de leur fragilité.
Ce dispositif des vitres parallèles (fig. 19) n’est pas nouveau; il existe en Chine, depuis longtemps. Dans la maison chinoise, en effet, le mur qui est du côté de la cour est élevé jusqu’à hauteur d'appui seulement; il est continué jusqu'au toit par de grands châssis en bois, garnis de doubles feuilles de papier disposées de la même manière que les vitres parallèles : au lieu de verres, on a des vitres en carton, et la ventilation se fait sur toute la hauteur de la maison ; en outre, en haut du mur, il existe des cartons en forme de hotte, qui permettent une ventilation encore plus efficace (fig. 20). L'appel d'air est fait par un fourneau placé à l'intérieur de la maison.
On peut encore se servir, pour la ventilation, soit des briques de venlilation, creusées de trous coniques, la pointe du cône étant dirigée vers l'intérieur ; soit des ventouses analogues à celles des pays tempérés, mais il faut avoir soin de garnir ces orifices de toile
métallique, pour empêcher la pénétration des rats et des insectes. Dans les pays où ne soufflent pas de vents violents (Tonkin, Soudan, Cochinchine), on peut ménager, à la partie supérieure du toit, une ouverture qui assurera la ventilation.
Les vérandas sont indispensables dans les colonies; c’est Jà, en
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Fig. 19. — Vilres parallèles de Castaing.
effet, que l’on vit principalement. La véranda doit se continuer aux différents étages de la maison, qui forment balcon, et elle doit être
Détail des orifices de ventilation.
A. Feuille de papier extérieure.
B. Feuille de papier intérieure.
Coupe du toit, Fig. 20. — Maison chinoise. Détails des orifices de ventilation :
coupe du toit.
garnie de jalousies fixes ou de stores en naltes, dallée de carr imperméables et bien couverte. La véranda doit faire le tour maison, ayant une largeur d'au moins 2" anglais.
eaux de la 90, suivant les coloniaux
La ventilation peut encore être assurée par
Lan un de ces petits appareils électriques
à ailes que tout le monde connaît, quand on a la
force motrice à sa disposition. Ceux qui sont mus par un ressort d'horlogerie n'ont aucune efficacité.
Nous ne parlerons pas non plus des pankas, si indispensables aux pays chauds, composés de cadres garnis de toiles que des boys agitent au-dessus de la table. C'est un appareil absolument indispensable, au moins pendant les repas, dans certains pays.
Dans les contrées infestées de malaria ou de fièvre jaune, il faut en outre prendre certaines précautions, surtout lorsqu'on renouvelle l'air de la maison. Il faut empêcher l'entrée des insectes. Pour cela,
Fig. 21. — Maison protégée contre les moustiques.
il est de toute nécessité de garnir les fenêtres de moustiquaires; c'est là une disposition dont se sont préoccupés les constructeurs anglais et allemands, Schmidt (d'Altona), en particulier, qui ont construit les premiers des maisons protégées contre les moustiques (fig. 21).
La maison est élevée sur un soubassement de sept à huit marches, lequel supporte une véranda prolongée en bow-window sur une de ses faces. La véranda, du côté du bow-window, est protégée avec de la toile métallique dont les mailles ont 1°%,5 d'écartement. IT existe une cloison analogue à chaque extrémité de la partie antérieure de cette véranda. La véranda entoure complètement la maison, laquelle se compose de trois pièces, dont toutes les portes sont fermées par des grillages. Grâce à la double protection des gazes, on peut s'étendre sous la véranda sans crainte des moustiques.
La ventilation, dans les maisons, est forcément moins complète, à cause de la trame serrée de la toile à moustiques, qui fait obstacle au courant d'air: néanmoins, les avantages que l'on retire de cet engrillagement dans les pays à moustiques valent bien qu'on supporte un peu plus de chaleur.
Division intérieure de la maison. — En ce qui concerne l'intérieur de la maison tropicale, on doit, avant tout, y aménager de grandes pièces, d'une hauteur minima de 4 mètres. C'est là un point très important; en effet, si, à Paris, le dernier règlement impose aux propriétaires, des chambres cubant 25 mètres cubes, aux colonies, ce chiffre doit être au moins quadruplé.
En outre, sauf les cas de force majeure, il faut éviter de coucher à plusieurs dans la même chambre, éviter aussi de laisser ouverte la fenêtre la nuit, si elle est exposée directement au vent, de peur de contracter des refroidissements.
Les cloisons séparatives de chambres ne devront pas monter jusqu'au plafond, afin de permettre la ventilation. Ces cloisons ne seront pas en bois, maisen maçonnerie ou en briques creuses.
La dimension des baies d'une chambre, qui est, à Paris, de 2 mètres carrés pour une pièce de 25 mètres cubes avec 1 mètre carré en plus par 5 mètres cubes, doit être augmentée également dans les pays chauds; en outre, la multiplicité des baies est indispensable.
Mobilier. — Le mobilier doit être simple, afin d'éviter tout ce qui pourrait retenir la poussière, et léger, afin que l’on puisse facilement le nettoyer. Il va sans dire qu'on ne peut fixer de règles précises à ce sujet; nous n'indiquerons que les meubles qui sont indispensables.
Le lit doit être dur, composé d'un sommier, d'un matelas en varech ou en crin végétal dans lequel on n'enfonce pas. Le lit abyssin, composé d'un cadre en bois, avec des lanières de peau formant sommier, est à recommander. Il est facile d'en faire faire partout. Il existe un grand nombre de modèles de lits démontables et portatifs, peu encombrants une fois pliés et assez confortables. Tout lit doit, de plus, être garni d'une moustiquaire, laquelle aura, non la forme d'une tente, mais la forme d'un parallélipipède porté sur quatre pieds parallèles aux axes du lit.
Un autre meuble très utile est le rocking-chair, ou bien le grand canapé en osier, qui sont très pratiques pour faire la sieste.
Chaque maison, aulant que possible, doit comprendre une salle de bains, ainsi que cela existe à Fort-de-France; si'la salle de bains ne peut être installée, il faudra, tout au moins, établir un appareil à douches, qui servira plusieurs fois par jour.
ÉVAGUATION DES IMMONDICES.— A. Habitations isolées. — Cabinets d'aisances. — Les water-closets laissent en
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général souvent à désirer aux colonies. On peut employer plusieurs systèmes,