‹ hygiene colonialeChapitre 14 sur 251 · LL · texte numérisé non relu

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Fig. 12. — Sous-sol amélioré par un area,

À, bëlon; B, plaques de plomb; C, couche d’asphalte sur béton.

exemple, 1lsera bon de faire un blindage. Pour cela, on creusera le sol à une profondeur de 50 centimètres environ, sur une surface qui sera de 2 où 3 mètres supérieure à celle que devra occuper la maison, et y on coulera du béton. On aura ainsi, sous la maison, une couche imperméable qui garantira de l'humidité du sol (fig. 10 et 11).

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Il sera bon, en outre, de creuser, tout autour de la masse bétonnée, un petit fossé qui descendra à 15 centimètres environ au-dessous. Il sera destiné à assurer l'écoulement des eaux vers un puisard, c'est l'area (fig. 12).

En terminant, disons que, en règle générale, on devra éviter, autant que possible, de bouleverser inutilement un terrain. Dans les pays où le paludisme sévit, et même dans ceux qui sont exempts de paludisme, les travaux de terrassement ont souvent fait apparaitre une épidémie. C'est ce qui s'est produit à Bordeaux, en 1805, lors du curage du Penque ; à Paris, en 1848, à l'occasion du creusement des fortificaons, etc. De plus, on remue ainsi à la surface du sol les bactéries qui y vivaient, et on peut favoriser l'éclosion des maladies infectieuses.

Il. Exposition de l'habitation. — L'exposition de l'habitation dépend des conditions locales, du voisinage de la mer ou des cours d'eaux, de la direction des vents.

En règle générale, la maison sera exposée à l'ombre, afin que la température y soit moins élevée. Elle sera protégée autant que possible contre le soleil, par un monticule, un rideau d'arbres.

Elle sera orientée de façon à offrir sa plus large surface aux vents régnants, s'1ls sont doux et salubres. S'ils souffient alternativement de la mer et de la terre, on orientera la maison de façon qu'elle ne reçoive que les vents de terre.

Dans les iles et sur les côtes, il règne, le jour, un vent de terre, la nuit, un vent de mer plus frais. Sur le continent, c'est l'inverse qui se produit: il règne un vent chaud toute la journée, qui se calme la nuit.

Au Sénégal, le vent de terre est le vent d'est, c'est celui que les Arabes appellent harmaltan ; c'est un vent chaud, mais sam; le vent de mer est frais, mais dangereux; il faudra donc exposer l'habitation au vent d'est. Toutefois il faut savoir que dans les régions où les vents alizés soufflent parfois du large avec violence, comme sur la côte est de Madagascar, de la Réunion (alizé du sud-est), on placera la maison dans une direction oblique par rapport à celle du vent, afin d'éviter que le vent ne souffle trop directement et que la pluie ne vienne détériorer et désagréger les parois. L'orientation la plus avantageuse est d’ailleurs ordinairement L'orientalion est-ouest, comme dans les pays tempérés. L'orientation nord-sud est encore plus mauvaise dans les pays tropicaux que dans nos pays.

Les habitations peuvent être temporaires ou permanentes.

III. Habitations temporaires. — Les habitations temporaires sont destinées à servir d'abri à des colons qui défrichent une région, à des individus qui opèrent la reconnaissance d'un terrain, à des troupes d'hommes en marche. Les plus simples sont conslituées par les tentes, dont il existe un grand nombre de modèles qui tous se ramènent au système suivant : à l'extrémité supérieure d’un pieu fiché

en lerre, sont fixées des toiles qui sont tendues par des piquets. Tout autour de la ligne de piquets, on creuse des rigoles qui servent à l'écoulement des eaux et empèchent que le sol de la tente ne soil envahi.

La tente devra être assez spacieuse pour que l'on puisse se tenir commodément à l'intérieur. Elle devra avoir au moins 3 mètres de hauteur. Les parois seront doubles et l'ouverture placée du côté opposé à la direction du vent régnant (fig. 13).

Une double paroi est indispensable tant pour éviter la pluie et l'humidité que pour tempérer les effets du soleil.

Les lentes à paroi simple sont en général insuffisantes si la température est élevée, même si l’on arrose plusieurs fois par jour les parois extérieures : on a noté 60°sous des tentes au Soudan. On pourra mieux se protéger contre la chaleur et les pluies, si l’on recouvre les toiles

Fig. 13. — Tente à double paroi.

de feuilles de palmiers, de branchages, de paille, comme le font les soldats soudanais. À ce point de vue, un abri fait d'une charpente de bois recouverte de feuilles et de paille, sera préférable à la tente et protégera beaucoup plus sûrement des insolations : ce sont les gourbis des indigènes.

Sur le sol, on étendra une toile imperméable, afin de se soustraire aux influences telluriques ; on ne couchera jamais sur le sol, mais dans un lit, où dans un hamac élevé au-dessus du sol. Enfin on assurera la protection contre les moustiques au moyen de toiles fines, de clayonnage de hautes herbes, ou même de feuilles de lataniers qu'on trouve un peu partout.

Les tentes ou les gourbis sont la plupart du temps suffisants, et, en tout cas, les seuls pratiques. Nous ne parlerons pas des baraques, qu'on à aussi appelées habitations semi-permanentes. Il en existe un grand nombre de systèmes dits «maisons démontables » (fig. 14 et 15), qui sont formées de cloisons qu'on rapproche les unes des autres. Le loit esten tôle ondulée. Ce sont des habitations peu pratiques. Pendant le jour, elles emmagasinent la chaleur, et le séjour y devient rapide-

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