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A. — MALADIES SPORADIQUES

On rencontre dans nos dépendances presque toutes les maladies des climats tempérés, avec cette différence qu'elles sont généralement moins fréquentes et qu’elles sont d'ordinaire quelque peu modifiées dans leur allure.

Parmi les fièvres éruplives, il y a lieu de signaler : la roséole, la rougeole, la vartole, la varicelle. La scarlatineest presque inconnue ; l’érysipèle est rare.

Les oreillons sont assez souvent observés.

MALADIES DES VOIES RESPIRATOIRES. — Les maladies des voies respiratoires, excessivement fréquentes dans les différentes classes de la population, se montrent dans toutes les saisons, mais plus fréquemment pendant la mousson fraiche de nord-est et pendant la saison des pluies, les indigènes ne se protégeant pas suffisamment contre l'humidité et les refroidissements de la température. Les bronchiles, les pneumonies ne sont pas rares chez les Indiens; les pleurésies sont communes et, dès 1867, Huillet les signalait comme étant souvent étroitement liées à la tuberculose.

Les enfants paient un lourd tribut à la bronchopneumonie.

L'emphysème pulmonaire est fréquent et se rencontre même chez des jeunes gens. }

La {uberculose est connue dans l'Inde depuis un temps immémorial, mais les auteurs locaux ne l'ont décrite que sous sa forme la plus banale, la phtisie pulmonaire.

Pendant la période décennale de 1890 à 1900, il n’a été relevé par Paul Gouzien qu'une moyenne annuelle de 142 décès par tuberculose ou 0,43 pour 1 000 habitants. Ces chiffres sont certainement erronés, tout semblant réuni, dans l'Inde, pour favoriser la propagation de la maladie : encombrement, misère physiologique, alimentation insuffisante, alcoolisme, malpropreté des habitants.

La tuberculose évolue différemment dans nos divers établissements : elle est plus rare et marche moins rapidement à Yanaon qu'à Chandernagor ou à Mahé. Bien que se manifestant en toute saison, elle fait plus de victimes pendant la saison fraîche et humide; par contre, la saison dite des vents de terre est plus clémente pour les tuberculeux, par suite de la sécheresse excessive qui règne à ce moment. En dehors des localisations pulmonaires, les méninges, le péritoine et les intestins sont habituellement atteints ; les lésions osseuses et articulaires sont également fréquentes. Quant aux adénites strumeuses, aux abcès froids du cou, aux abcès de la marge de l'anus, aux fistules anales, ce sont des lésions souvent observées.

Les Européens et les créoles blancs échappent à la contagion par une hygiène bien entendue. Toutefois, ceux qui arrivent dans ces

pays, étant en puissance de germes, voient leur état s’aggraver, comme dans les autres contrées tropicales.

MALADIES DES VOIES CIRCULATOIRES. — Ces affections ne présentent rien de particulier. Les /ymphangiles sont fréquentes.

MALADIES DES VOIES DIGESTIVES. — Le manque absolu d'hygiène chez les indigènes explique-le nombre insolite de stomatites, de caries dentaires, de dyspepstes, que l'on rencontre chez eux. Les diarrhées causées par l’absorption-d’eau impure, d'aliments avariés ou trop épicés, par la fraicheur des nuits ou par l'insuffisance de vêtements, sont très communes. La congestion du fote et son atrophie sont d'observation courante parmi les indigènes, chez lesquels la cirrhose de cette glande est le plus souvent consécutive à l'alcoolisme.

L'ascite, symptomatique d'une affection hépatique ou splénique, est fréquemment mentionnée.

Parmi les affections sporadiques du tube digestif, il faut faire une mention spéciale pour la lombricose; jeunes enfants, adultes, vieillards, tous lui paient un large tribut. Il n'est pas rare de voir l'administration d'une dose de santonine et de calomel provoquer l'expulsion de 40, 50, 80 lombrics et même davantage. On ne saurait s’en élonner après tout ce que nous avons dit de l'insouciance des indigènes dans le choix de leur eau de boisson.

Les {ænias sont communs chez les Européens et chez les Musulmans qui mangent de la viande, ainsi que chez les Indiens de basse caste.

Les oxyures sont également mentionnés.

FIÈVRE TYPHOIDE. — La fièvre typhoïde existe dans tous nos comptoirs. Cette affection pourrait figurer parmi les maladies endémiques, car elle a définitivement pris pied dans la colonie. Il serait d’ailleurs difficile qu'il en fût autrement, dans un pays où l’eau de boisson est constamment souillée et où les natifs ne font rien pour la purifier. Les allures particulières que revêt la dothiénentérie la font parfois confondre avec la fièvre palustre à forme continue. C’est en octobre, novembre et décembre, que les atteintes sont les plus nombreuses. Cette recrudescence coïncide avec les pluies abondantes tombant à cette époque de l’année et entraînant dans les réservoirs d'eau les immondices déposées dans leurs environs.

TÉTANOS. — Le télanos excessivement fréquent, surtout chez les nouveau-nés, cause parmi eux une mortalité effrayante. Huillet signalait que, sur 628 enfants morts en 1866 à Pondichéry, 370 avaient succombé à cette maladie. Depuis, la situation n’a pas changé, les habitudes de malpropreté des indigènes étant restées les mêmes. Dès sa venue au monde, l'enfant est livré à des matrones malpropres, dontles mains n'ont jamais connu l'usage du savon. Le cordon n'est pas pansé, la plaie est simplement recouverte des substances les plus diverses, entre autres, de bouse de vache délayée dans de l’eau ou de l'huile.

MALADIES DE L'APPAREIL DE L'INNERVATION. — L'épi-

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