CARACTÉRES PHYSIQUES DE L'INDO-CHINE
Superficie. — Notre possession de l’Indo-Chine (fig. 56), avec sa superficie de 670 000 kilomètres carrés, dépasse d'environ un quart l'étendue totale de la métropole. Elle s'inscrit dans un quadrilatère formé par les 98° et 107° degrés de longitude est et les 8° et 23° degrés de latitude nord. La plus grande longueur, dirigée du nord au sud, dépasse 1600 kilomètres.
Très élargie au sud et au nord, elle se rétrécit en son milieu au point de se réduire à une bande étroite ne dépassant guère 200 kilomètres, tandis que, dans ses parties les plus larges, elle mesure environ 800 kilomètres de l’est à l’ouest.
Côtes. — Le développement de ses côtes excède 2500 kilomètres.
La côte orientale, baignée par la mer de Chine, décrit de Monkai au cap Cambodge, sur une longueur de 1700 kilomètres, une double courbe affectant la forme d’un S, dont l'axe vertical est dirigé du sud au nord. La côte occidentale, très découpée, qui termine le golfe de Siam, se dirige du sud-est au nord-ouest, sur une étendue de 500 à 600 kilomètres.
Frontières terrestres. — Du côté du continent, l’Indo-Chine est enveloppée par le Siam, la Birmanie et les provinces chinoises du Yunnam, du Quang-Si et du Quangton. Sa ligne de frontière terrestre est étendue de 3000 kilomètres environ le long de ces divers élats. |
Orographie et hydrographie. — Deux fleuves principaux, nés dans le Thibet, le Mékong et le fleuve Rouge, après avoir traversé le Yunnam, pénètrent par le nord en Indo-Chine et fertilisent ses diverses contrées. Ils descendent presque parallèlement vers le sud, s’inclinant dans la direction orientale pour aboutir, le Mékong, à l'extrémité méridionale de la presqu'île Indo-Chinoise, le fleuve
Rouge, au fond du golfe du Tonkin. La haute chaîne de montagnes qui sépare leurs bassins délermine le parlage de notre colonie en deux régions, jusqu'ici isolées l'une de l’autre, grâce aux difficultés de communication. Cette disposition a entrainé la distribution géographique des races qui peuplent ces territoires ; à l'est de la chaïne, le pays est occupé par la race Annamite; à l’ouest, on trouve les Cambodgiens, les Siamois et les Laotiens.
Cette chaine, qui se détache du Thibet entre les branches originelles, très rapprochées dans leur traversée du Yunnam, du fleuve Rouge et du Mékong, court le long de la côte d’Annam pour se terminer au voisinage de la Cochinchine par un massif, le Lang-Bian, dont les sommets atteignent 2000 mètres. Les plateaux de ce massif, élevés de 1600 mètres, présentent un intérêt particulier au point de vue de l'hygiène, parce qu'ils offrent la meilleure situation pour l'installation du sanatorium indispensable aux Européens qui habitent les régions méridionales de l'Indo-Chine.
Toutes les rivières nées du versant occidental de la grande chaine Annamite viennent se déverser dans le Mékong, sauf le Donaï, qui descend de la partie la plus méridionale de la chaine et se jette à la mer, au nord du delta du Mékong, non sans avoir fourni des anastomoses au réseau d’arroyos qui parcourt ce delta.
Les cours d’eau issus du versant oriental de la même chaîne, dans la région Tonkinoise ou Laotienne, forment des rivières ou des fleuves importants : rivière Noire, Song-Ma, Song-Chu, Song-Ca, qui vont se jeter dans le golfe du Tonkin. Plus au sud, le cours des fleuves ou rivières est d'autant plus réduit que la chaîne se rapproche davantage de la côte. Elle longe la mer de très près à partir du 18° degré de latitude nord jusqu'aux confins de la Cochinchine, où elle se termine. Le fleuve Rouge et les affluents de sa rive gauche s’irradient, comme les branches d'un éventail, entre les contreforts de la chaine d’où 1ls descendent. Cette chaîne, qui sépare le bassin du fleuve Rouge de celui du Si-Kiang, décrit autour du Tonkin un arc de cercle. Sa ligne de faite est située sur le territoire du Yunnam et du Quang-Si ; elle envoie dans le Tonkin de puissants rameaux, qui consltuent la région montagneuse tonkinoise, appelée communément le Haut-Tonkin.
I résulte de la disposition physique que vous venons d'esquisser que l’Indo-Chine française comprend une puissante région montagneuse constituée par la chaine Annamite et les massifs du Haut- Tonkin. Cette région montagneuse circonscrit deux grands terriloires en plaines : au nord, le delta du fleuve Rouge ; au sud, celui beaucoup plus vaste du Mékong, occupé par la Cochinchine et le Cambodge.
La haute région du Tonkin, formée de terrains calcaires, n’a pas une alütude considérable, Ses sommets ne dépassent guère 1200 mètres.