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ASSISTANCE MÉDICALE INDIGÈNE

Les vaccinateurs sont les auxiliaires des officiers de santé; la durée de leur stage est de deux années, pendant lesquelles on les initie à la vaccinalion et aux soins à donner aux malades atteints d'affections épidémiques ou contagieuses.

Les élèves en médecine font la garde à l'hôpital et sont astreints à suivre les visites etles différents cours professés à l'école.

Les sages-femmes sont formées par les médecins européens et par une maitresse sage-femme indigène. Elles restent élèves pendant trois années, suivent des cours, font la garde à la maternité, assistent à tous les accouchements et ne sont diplômées qu'après avoir subi, avec succès, un examen de sortie.

Des maîtresses sages-femmes sont attachées aux hôpitaux de Karikal et de Mahé, d'autres se sont établies dans les centres les plus importants.

Le besoin de sages-femmes indigènes se faisait d'autant plus senür que les accidents post partum sont fréquents. Les accouchements se font en général assez facilement; ils sont cependant lents et laborieux chez les blanches et les mixtes, débilitées par le climat, manquant d'énergie et ne faisant pas assez d'exercice pendant leur grossesse (Huillet). Chez les indigènes, les causes de dystocie sont dues à la précocité des mariages, qui se font vers l'âge de dix à douze ans, et aussi à l'ignorance des matrones. Les femmes exerçant le métier d'accoucheuses, même dans les familles les plus riches, sont toujours de basse caste, d’une malpropreté repoussante, mariées à des barbiers. Elles se livrent sur les parturientes à des manœuvres obstétricales prolongées, sans prendre soin de se laver les mains; parfois même, dans un but rituel, elles se les barbouillentavec de la bouse de vache. Sans instruction aucune, elles sont incapables de rappeler à la vie les fœtus nés en état de mort apparente : il n’est pas étonnant que, dans ces conditions, la morti-natalité soit de 22,53 p. 100 environ. Le poids moyen des nouveau-nés est de 2500 grammes.

La clientèle des maternités appartient à la basse classe hindoue ; les femmes ne s’y présentent en général que très peu de temps avant l'accouchement, souvent même lorsqu'elles sont déjà en travail.

Dès son entrée dans une maternité, la parturiente prend un bain; ses vêtements lui sont enlevés et remplacés par un pagne propre ; puis l'élève de garde procède à la toilette des organes génitaux et administre une injection au permanganate de potasse.

Les mères allaitent ordinairement leurs enfants; quand elles sont mauvaises nourrices, on leur délivre du lait stérilisé, qu'elles sont les premières à réclamer; mais, aussitôt sorties de l'établissement, elles suppléent au manque de lait par du riz et même du carry. Ce mode d'alimentation provoque des entérites la plupart du temps funestes à ces petits êtres.

Les femmes ne se présentent malheureusement pas en assez grand

nombre dans les maternités. Pendant les quatre dernières années qui viennent de s'écouler, il n'y a eu que 228 accouchements à la maternité de Pondichéry, ce qui donne une moyenne annuelle de 57, chiffre trop faible, étant donnée la grande mortalité infantile. Il ne serait cependant que temps de l'enrayer, le nombre des décès élant supérieur à celui des naissances.

Les femmes qui vont faire leurs couches dans les maternités y sont dans de bien meilleures conditions que chez elles ; mais le confort dont elles sont entourées, les soins minutieux qui leur sont prodigués, loin de les attirer, semblent plutôtles éloigner, tant, avec leurs déplorables préjugés religieux et sociaux, elles se soucient peu de la propreté.

Le service de l'assistance est complété par des consultations gratuites données par les officiers de santé indigènes dans les hôpitaux, dans les dispensaires et dans les localités où existent des dépôts de médicaments. Les consultations sont très fréquentées et le seraient davantage si nous n'avions à lutter contre la concurrence des empiriques encore trop écoutés, hélas ! non seulement des natifs, mais aussi des créoles, car, ainsi que l’a dit Celle : l'Européen transporté dans l’Inde s'indigénise.

PAR

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