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Altitude Cap re dge Je

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CUT Fig. 56. — Carte de l’Indo-Chine.

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des cirques où s’est conservée la terre végétale. La multiplicité de ces cirques est caractéristique. Aux massifs rocheux succèdent des plateaux fortement accidentés, subdivisés par les plissements et les dislocations de leur squelette calcaire en une infinité de forts mame-

lons argileux. Ces mamelons, pressés les uns contre les autres, ne laissent entre eux que d'étroits vallons où coulent les ruisseaux.

La chaine Annamite et Laotienne possède de hauts sommets atteignant fréquemment 2000 mètres. Son ossature granitique, qui affleure sur les côtes d'Annam, disparaîtau nord et en certains points du versant Laotien sous la roche calcaire. Très abrupte dans les portions qui avoisinent la mer d'Annam, elle émet du côté du Mékong et du fleuve Rouge des chaînes secondaires, qui laissent entre elles d'importantes vallées.

Tandis que les montagnes tonkinoises sont la plupart du temps dénudées et ne présentent guère de forêts importantes que dans leurs parties les plus inaccesibles, de vastes forêts existent sur les pentes des hautes régions du Laos, . l'Annam et de la Cochinchine.

Division en États. — Ce vaste territoire comprend cinq États différents, dont M. le gouverneur général Doumer a réalisé l'unification administrative: ce sont la Cochinchine, le Cambodge, le Laos, l’'Annam et le Tonkin. .

VENTS. — Les vents régnants sur toute l'Indo-Chine, modifiés parfois localement dans leur direction par les chaines de montagnes, sont la mousson de nord-est, qui souffle d'octobre à avril, et la mousson de sud-ouest, qui règne de mai à septembre. Aux époques de changement de moussons principalement, se produisent les Lyphons, qui, formés en général au voisinage des îles Philippines, viennent assez fréquemment dévaster quelques points de nos côtes, tantôt au Tonkin, tantôt en Annam, tantôt en Cochinchine. La mousson de nord-est détermine la saison sèche, coupée dans les régions du nord par des chutes d’une pluie fine, qui a reçu le nom de crachin. La mousson de sud-ouest amène les grandes pluies estivales, surtout abondantes aux mois de juin, juillet et août.

Zones climatériques. — Il est naturel que, dans un territoire qui occupe en latitude 14°, le régime des pluies, des vents et de la température subisse d’un point à un autre des modifications sensibles. La latitude d'une part, l'altitude de l’autre, interviennent pour déterminer les grandes différences de climat qu'on observe dans les pays Indo-Chinois.

‘Nous estimons qu'on doit, au point de vue chelou diviser Indo- Chine en trois zones échelons du sud au nord : }

«1° Une zone septentrionale allant du 19° degré de latitude nord à l'extrémité nord du Tonkin; cette zone comprend le Haut-Laos, le Tonkïñ ét les provinces septentrionales de l’Annam ;

2° Une zone centrale étendue du 14° au 19° degré de latitude nord et comprenant le Moyen-Laos et le Moyen-Annam ;

3° Une zone méridionale allant du cap Cambodge au 14° degré de latitude nord et comprenant la Cochinchine, le Cambodge, le Bas-Laos et les provinces méridionales de l'Annam.

Dans chacune de ces zones, il faut distinguer un climat de montagnes et un climat des parties basses. Il y a lieu de tenir compte en outre de l'influence qu'exerce sur les territoires côtiers le voisinage de la mer.

1° Zone septentrionale ou du climat tonkinois. — RÉGIoN MONTAGNEUSE. — La région montagneuse, extrèmement importante dans cette zone, forme un demi-cercle qui circonscrit les plaines annamites et tonkinoises étendues le long du golfe, de Vinh à Monkaï. Ces territoires montagneux comprennent le Haut-Tonkin et le Haut- Laos.

On peut, au point de vue de la température, y distinguer quatre saisons : un hiver, comprenant les mois de décembre, janvier et février; un été, comprenant mai, juin, juillet, août et septembre; et deux saisons intermédiaires de deux mois chacune, qui correspondent au printemps et à l’automne, surtout parce qu’elles marquent le renouveau et le déclin de la végétation.

Ce sont deux périodes de transition à température indécise, des journées torrides alternant très irrégulièrement avec des journées fraîches.

Le thermomètre subit, suivant l'altitude, des abaissements plus ou moins considérables; il peut descendre à 0° et même au-dessous dans les régions qui dépassent 600 mètres. C’est au mois de janvier et de février que s’observent les minima les plus bas. Les températures maxima sont moins influencées par l'altitude, et l’on peut observer jusqu'à 37° dans les mois de mai, juin, juillet, août, à des altitudes de 400 et 500 mètres. Les températures élevées ne se présentent en général que pendant très peu d'heures de la journée et, même en saison chaude, les matinées et les soirées sont d'ordinaire agréables.

Les moyennes de température que nous avons relevées dans les régions frontières du Quang-Si, à l'altitude de 400 à 500 mètres, sont les suivantes :

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La saison chaude et la saison froide ne coïncident point avec les périodes d'humidité et de sécheresse.

Au point de vue de l’état hygrométrique de l'atmosphère, l’année peut être divisée en trois périodes : période humide allant de janvier à mai, caractérisée par des pluies fines, revenant à intervalles rap-

prochés, continues parfois (pluies de crachin); période pluvieuse, juin, juillet, août et septembre, qui amène les orages et les pluies torrentielles; période sèche, octobre, novembre et décembre.

Ce n'est pas à dire que la période des pluies dure pendant les neuf premiers mois de l'année, car cette période est coupée par de fréquentes séries de beaux jours. Mais, tant qu'elle dure, l'atmosphère est constamment chargée de vapeur d'eau, et la succession des séries de journées pluvieuses et non pluvieuses s'opère avec la plus grande irrégularité.

On peut dire de ce climat des régions hautes qu'il est tempéré, modérément humide et constituerait un climat sain autant qu'agréable, si des causes inhérentes à la faune et à la flore n’y favorisaient partout le paludisme.

On rencontre dans les parties élevées de cette zone de belles et vastes forêts. Malheureusement l'habitude séculaire des indigènes de déboiser sans frein ni mesure fait que la plus grande partie des flancs des montagnes sont dépouillés de leur végétation arborescente et conservent par suite très peu de terre végétale. Ils sont alors couverts de graminées, de cypéracées, de fougères et d’arbustes, et sont à peine utilisables comme maigres pâturages pour le bétail.

RÉGION Basse. — Les fleuves du Tonkin, et du nord de l’Annam se jettent à la mer par un réseau de branches anastomosées entre elles, qui parcourent en tous sens les plaines alluvionnaires constituant le delta.

Cette région basse, d'une remarquable fertilité, cultivée en rizières sur toute son étendue, possède un climat assez différent de celui que nous avons rencontré dans la région montagneuse.

Nos observations nous conduisent à diviser ici l’année en trois saisons : un hiver de trois mois : janvier, février, mars; une saison chaude, ou été, de six mois, avril à septembre; un automne de trois mois, octobre, novembre et décembre.

La température, pendantles mois d'hiver, semaintientgénéralement assez basse pour mériter l’épithète de froide. Les minima varient entre 8 et 15°; les maxima entre 10 et 25°; elle ne dépasse 20° que pendant les périodes relativement rares où le soleil se montre. Le ciel est le plus ordinairement brumeux, et les pluies de crachin se manifestent avec ténacité, revenant à intervalles rapprochés, et continues parfois durant des semaines entières.

Après le mois de mars, la température s'élève, le crachin est remplacé par des journées claires alternant avec des pluies discrètes. Dès ce moment, on peut observer des maxima de 30°, et le thermomètre ne descend plus guère au-dessous de 20° pendant la nuit.

Le mois de mai est particulièrement pénible, c'est le moment des orages, el l'atmosphère saturée d’eau, portée à une température qui peut dépasser 30°, devient suffocante lorsqu'un orage se prépare. En

juin, la saison des pluies s'établit et procure des intervalles de fraicheur. Les pluies tombent en abondance jusqu'à la fin d'août avec des accalmies très irrégulières.

Durant ces six mois de saison chaude, les maxima sont très élevés: ils arrivent jusqu'à 40° dans les journées particulièrement torrides. On peut dire que l'été comprend trois mois CLIMAT DE LUANG-PRABANG (HAUT-LAOS). supportables et trois Longilude E., 990 47", Lat. N., 19 53. Allitude, 250 m. mois pénibles, inégalement répartis.

Avec le mois d'octobre commence la | 57 "| è dernière saison de 37° ci CE | l’année, saison idéale, ET y bien que le thermo- lt ! + mètre puisse encore : I Î È dans la journée at- | *” Le sl de teindre un degré éle- | 29 S D vé. L'atmosphère est Pr :

sèche, le ciel d'une ME remarquable pureté ; les nuits, les matinées et les soirées, d’une fraicheur exquise.

Cette saison automnale est interrompue par l’arrivée du crachin, qui se manifeste tantôt dans la dernière moitié de décembre, tantôt dans le cours du mois de janvier seulement, et transforme brusquement la Quantité de pluie mensuclle en réllimètres température et l'état 0 | 45| o | 104129 | &6 |209| jo2| 1 | 141 | 0 | 104 hygrométrique de

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l'air. Fig. 57. — Tableau des observations météorologiques En résumé, le cli- faites à Luang-Prabang, en 1902, par le Dr N. Bernard.

matdelarégion basse,

plus chaud que celui de la partie montagneuse, est néanmoins agréable et sain malgré sa période de chaleurs torrides de deux ou trois mois. Il présente une période tempérée d'au moins six mois, dont la moitié constitue un hiver véritable, bien que point rigoureux. Cette période suffit à réparer l’affaiblissement que les grandes chaleurs de l'été font subir à l'organisme.

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