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HABILLEMENT

rature, provoque, surtout lorsque le corps est fatigué, ou lorsque l’on a chaud, de la congestion des viscères chez les personnes qui ont les intestins sensibles ou un gros foie. D'ailleurs, il est rare, sous les tropiques, de trouver une eau ayant cette température ; en tout cas, elle est toujours à éviter.

L'eau tiède, à 25 ou 26°, doit être employée par les Européens, à la condition que le bain ne soit pas pris pendant la période de la digestion.

Le bain chaud, suivi d'une bonne friction, repose le corps, le rafraîchit, tout en évitant le refroidissement. Les bains très chauds sont très usités chez les Japonais.

Le bain ou la douche doit être suivi d'un massage et d'une friction sèche ou dry rub.

Toutes ces précautions ont pour but d'éviter les maladies qui dépendent du climat, en dehors de toute cause d'infection: ce sont les congestions et les troubles nerveux.

Les maladies d'ordre congestif sont causées par la chaleur, par l'exposition au soleil, à la pluie, au froid. Elles se traduisent par de la fièvre, de la diarrhée et quelquefois de la congestion des voies, respiratoires.

On peut facilement éviter ces maladies en prenant quelques précautions d'hygiène, par exemple en évitant de se refroidir lorsque la peau est en sueur et que l’on est exposé à un vent frais ; en évitant de se découvrir le ventre la nuit, car un léger abaissement de température peut survenir et occasionner un refroidissement grave, une attaque de dysenterie.

Aux colonies, il faut porter la barbe courte, taillée aussi ras que possible sur les joues : c’est là une précaution que le médecin surtout devra toujours prendre ; les cheveux seront, de même que la barbe, coupés et tenus ras.

HABILLEMENT.— Vêtements. — La question de l'habillement a, dans les pays chauds, une importance capitale. Les vêtements devront être lâches et flottants, sans serrer démesurément aucune partie du corps. La constriction du thorax et du cou a occasionné de nombreuses insolations dans le corps expéditionnaire d'Algérie en 1830, chez des soldats sanglés dans des uniformes à buffleteries et dont le cou était entouré d'un double tour de cravate. Pour les femmes, l'usage du corset devra être absolument prohibé. Il faut, autant que possible, maintenir une circulation d'air très libre entre les vêtements et la peau.

Les vêtements doivent être en tissu absorbant, afin d'empêcher l'évaporation rapide de la sueur et le refroidissement. La laine présente, au plus haut degré, cette propriété d'absorption de la sueur. Elle est perméable à l'air, elle permet une circulatiow de l'air à travers le tissu, elle empêche le refroidissement brusque.

Les Arabes d'Algérie! ne s'y sont pas trompés ; ils portent, hiver comme été, des burnous de laine qui leur permettent de supporter sans danger les différences parfois considérables de température que l'on rencontre dans leur pays.

La laine légère est plus agréable et plus saine à porter que le coton ou la toile. à cause de la température égale qu'elle maintient autour du corps; la soie a les mêmes propriétés, mais à un moindre degré; quant au coton et à la toile, ils permettent le refroidissement; cependant beaucoup de colonss’en servent, parce qu'ils ne peuvent supporter la laine. Dans ce cas, la toile est préférable au coton.

Dans les pays très chauds, on portera le complet dit colonial, se boutonnant jusqu'au col, composé d'un pantalon, d'une veste à un rang de boutons et terminé par un col qu’ilfaudra fermer hermétiquement; en oubliant cette précaution, on peut s’exposer à une brûlure par rayon de soleil qui s'est infiltré directement sur la peau de la base du cou et produit une cloque, une véritable action vésicante des plus nettes, si l'on ne porte pas de chemise.

C’est li une mauvaise habilude, qu'il ne faut pas prendre en arrivant aux colonies. Il est certain qu'on est beaucoup plus à son aise en supprimant la chemise, mais cette habitude conduit souvent à se refroidir, à cause de la tendance que l’on a d'ouvrir son vêtement et de s'exposer à la fraîcheur de la brise. La peau, se trouvant exposée directement à l'air, on risque de s’enrhumer ou de contracter une attaque de diarrhée, cu même de dysenterie ; les chemises de flanelle n2 sont pas à recommander; elles s'imbibent de sueur, leur tissu est d'ailleurs souvent de mauvaise qualité ; les tissus les plus légers, les plus fins, la soie, par exemple, ou la satinette sont préférables. Si l’on porte de la flanelle sur la peau, peu importe la nature du vêtement de dessus, pourvu qu'il soit léger.

La couleur du vêtement est assez importante; généralement, on porte du blanc, ou du kaki; il faut éviter le bleu et surtout le noir, couleurs qui absorbent la chaleur au maximum.

On ne devra jamais porter de bretelles, qui tirent sur les épaules, compriment la poitrine, et laissent des traces sur la peau en déterminant de la bourbouille. Pour des raisons analogues, on ne devra pas trop serrer la ceinture du pantalon.

Les Anglais, pour alléger cette partie du vêtement, portent des culottes courtes, avec des bas de laine.

Unaccessoire desplusimportants, et que l'onnedoit jamaisquitter, c'est la cemture de flanelle; il est de toute nécessité d'en porter, si l'on veut éviter la dysenterie et la diarrhée. Cette ceinture doit être en bonne laine, faisant {rois fois le tour du corps au moins et prenant. Fe. UN jusqu'au bas-ventre ; on fait des ceinà Peu nu Æ passent par-dessus Ja tête et rendent

S > la ceinture en serge, telle qu'elle est fournie

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aux mililaires coloniaux, est absolument insuffisante ; elle devrait être en laine.

Il faut, également, pouvoir se garantir contre les pluies. Un bon caoutchouc sera indispensable en exploralion; de même, on peut recommander les vêtements en toile imperméable, tels qu'on les fait à Paris, et qui peuvent, lorsqu'ils sont de bonne qualité, recevoir une averse de deux ou trois heures sans être traversés. De plus, on passe avec eux à travers les épines sans se déchirer.

Reste une question importante, celle de la quantité de vêtements et de linge à emporter. Elle dépend, naturellement, de la longueur du séjour; le point capital est de ne jamais utiliser de suite tout ce que l'on a emporté; en exploration, il faut user jusqu'à la corde les différentes pièces de lingerie et n'en employer que le strict nécessaire ; mettre tout en circulation présente l'inconvénient de voir les blanchisseurs nègres réduire rapidement en pièces tout le linge de corps.

Chaussures. —- Les chaussures seront quelconques, sandales, espadrilles, chaussures de chasse; l'essentiel sera, lorsque l’on aura à marcher beaucoup, de porter des bas de laine. Ces bas présentent l'avantage de protéger les pieds.

En voyage, la chaussure de chasse s'impose, pour protéger les pieds contre les épines, surtout les épines de mimosa. Les jambes seront garanties par des jambières de cuir. Les chaussures et les jambières devront être bien entretenues.

Le meilleur procédé pour les rendre imperméables est de les graisser avec de l'huile de ricin additionnée d’un cinquième d'alcool méthylique.

Coiffure. — Le soleil est un des plus importants facteurs des maladies dans les colonies : on ne devra pas s’y exposer inutilement ; les heures de sortie sont assez nettement indiquées : on devra rester chez soi de onze heures à deux heures, et même davantage, pendant les cinq ou six heures les plus chaudes de la journée.

Le nouvel arrivant aux colonies est moins sensible au soleil que les vieux colons, et, par suite, il a une tendance à ñe pas accorder d'attention aux dangers de l'insolation. Il en résulte des accidents que l'on aurait pu facilement éviter.

Il faut savoir, à propos de l’insolation, qu'il y a des heures dangereuses dans la malinée : à l'aurore même, lorsque le soleil apparait à l'horizon, quand son disque vient de paraitre, vers six heures et demie du matin, il est déjà dangereux ; on ne sent pas encore la chaleur, on peut cependant contracter un coup de soleil (Voy. p. 42) dont on ne sentira les effets que deux ou trois heures après.

Casque colonial. —Toute la journée, le colon doit garder son casque vissé sur la tête; s’il a à saluer, il fera le salut militaire ; ce n'est guère que le soir, huit à dix minutes avant le coucher du soleil, qu'il pourra quitter son casque et sortir têle nue ou changer de coiffure.

Il y a divers modèles de casques (fig. 25), de forme et de hauteur différentes; quel que soit le modèle choisi, un casque, pour être bon, doit être léger; il doit bien entourer la tête et porter un ventilateur. A ce propos, il faudra avoir soin de bien vérifier le fonctionnement de ce ventilateur. C'est un bouton qui se visse sur le sommet du casque, percé de quatre trous qui permettent la ventilation. Il est de grande importance de vérifier le ventilateur, car, parfois, lorsque les trous sont mal percés, ils laissent passer un filet de soleil qui

Fig. 25. — Coiffure coloniale.

frappe le crâne directement et détermine rapidement, sinon une insolation, Cu moins un violent mal de tête. En outre, le tour de tête doit être double, pour permettre une circulation d’air entre le front et le sommet du casque.

La matière première du casque colonial est le cuir, la moelle de sureau, ou surtout la moelle de dourah. Ce casque doit être bien adapté à la tête, couvrir les tempes et porter une jugulaire, pour pouvoir résister aux coups de vent; le casque doit encore couvrir complètement la nuque, car on peut très bien être frappé d'insolation dans cette région.

Il existe des casques plats, à bords très épais, à coiffe moins LA qui sont également d’un bon usage, surtout pour chasser : ils n'empèchent pas de viser, comme fait le casque à visière frontale basse qui s'appuie sur le canon de la carabine (1).

Ce n’est pas seulement par la tête que l'on peut s'insoler ; on peut encore prendre le coup de soleil par la moelle ; c’est un accident assez fréquent aux Indes ; aussi y a-t-on remédié en protégeant la colonne vertébrale des soldats au moyen d'une bande d'étoffe fixée au cou, descendant jusqu'à la ceinture et se portant sous le veston.

EXERCICES PHYSIQUES. — En dehors de soins de propreté du Corps et du vêtement, une question importante au point de vue de 1 hygiène est celle de l'exercice que l’on doit prendre.

Le fait de rester enfermé dans une chambre à moitié obscure pen-

(1) On fait à Londres et à Marseille des chapeaux de feutre doubles; ils se com-

posent de deux ch c ; i i apeaux emboîtés l'un dans l’autre, laissant entre les deux épais-

seurs une couronne d'ai i e d'air, mauvais i ; ; e conductrice de la chaleur. Ils peuvent rem-

dant toute la journée est certainement une des causes principales de la mauvaise santé de la plupart des Européens, sous les tropiques. Un exercice régulier, n'amenant pas de fatigue, est absolument indispensable, si l'on veut, sous un climat chaud, conserver sa santé. Ceux qui se portent le mieux parmi les Anglais sont ceux qui aiment passionnément les exercices de plein air, tennis, golf et autres passetemps sportifs; la chasse est aussi un très bon exercice, de même que l'équitation, soit à cheval, soit à mulet, à la condition, bien entendu, de sortir de bonne heure le matin ou le soir. Il est préférable de ne pas faire de sieste.

On n'a que trop de tendance à rester inactif sur sa chaise longue et à prolonger la sieste : tout travail physique ou intellectuel nécessite chez certains individus un véritable effort de volonté. L'exercice musculaire a une influence merveilleuse chez l'Européen; il favorise la digestion, et, par conséquent, l'assimilation: il aide aux mouvements péristaltiques de l'intestin et évite la constipation; enfin il favorise la respiration, qui est normalement insuffisante sous les tropiques. Bien entendu, cet exercice doit être modéré; les excès sont toujours à éviter aux colonies, excès de tous genres, excès d'exercice physique aussi bien qu'excès génitaux ; ces derniers sont, en effet, les plus dangereux de tous et sont indirectement la cause de bien des rapatriements. La marche, la bicyclette, la gymnastique suédoise, les mouvements d'entrainement faits avec des poids très légers, avant les ablutions, constituent les meilleurs modes d'exercice physique aux colonies.

ALIMENTATION. — Si l'hygiène de la maison, l'hygiène individuelle sont des facteurs principaux de la santé aux colonies, l'hygiène de l’alimentalion a une importance encore plus considérable.

La nourriture est, presque toujours, trop azotée. Nous avons déjà dit l'influence désastreuse de cette nourriture sur les organes digestifs et principalement sur le foie.

Boissons. — La supériorité des anciennes races indigènes tenait à leur sobriété et à leur régime végétarien, composé de riz, de sorgho, de mil, de dourah, dans laquelle n'intervenait jamais l'alcool. Ce n'est qu'exceptionnellement, à certaines fêtes, après des chasses, que ces populations se livraient à des orgies de viande; mais, en général, en restant dans les limites que trace le Coran, les races indigènes même non musulmanes étaient végélariennes et sobres.

La boisson se composait de boissons fermentées, sève de palmier, bière, hydromel ; l'alcool, avec son cortège de maux, a été introduit par les Européens.

Boissons alcooliques. — L'influence délétère de l'alcool s'exerce, peut-être même davantage, sur l'Européen vivant dans les climats intertropicaux; le principe fondamental du régime alimentaire sera donc une abstinence totale de l'alcool; nous parlons de l'alcool

distillé, faisant une exception en faveur des boissons fermentées, qui n'en contiennent qu'une faible quantité. |

Une des plus mauvaises façons de prendre l'alcool, c'est de boire des apéritifs. Malheureusement, à la suite de la conquête algérienne, et sous prétexte de corriger la mauvaise qualité de l'eau, on a importé de l'absinthe en Algérie, et l'alcoolisme y a fait des progrès effrayants; de même, à Madagascar, sur 21 millions d'importations l’année dernière, il y avait 4 millions d'absinthe, d'apéritifs et d'alcools divers.

L'absinthe est encore plus nocive que les autres apériufs.

Une loi fort sage, édictée par l'Élat belge du Congo, a interdit, d'une façon absolue, l'entrée d'une caisse ou même d’une bouteille d’absinthe sur son territoire. C'est une mesure qui rendra les plus grands services à la santé des fonctionnaires de l'État belge.

On avait souvent recours, autrefois, aux excès alcooliques, dans les colonies parce qu'on les considérait comme un médicament contre les fièvres ; l'ivresse au champagne jugulait, pensait-on, un accès de paludisme, d'où l'habitude de boire du champagne à toute occasion : c'est une mauvaise habitude, bien que le champagne possède des avantages certains sur les autres vins, dans les pays chauds, lorsque l’on en use avec modération (1).

En outre, aux colonies, on a tendance à boire, parce qu'il fait chaud, que l'on a soif, que l’on est souvent déprimé, et parce que l'alcool donne une excitation factice; on boit aussi par suite d'habitudes acquises où d'habitudes ataviques.

En ce qui concerne l’action de l'alcool sur le foie, elle s'exerce plus rapidement aux colonies que dans les pays tempérés : de plus, l'hépatite, les abcès du foie, sont probablement favorisés chez les dysentériques par l’action congestive de l'alcool.

Pour le vin, ilest certes difficile à un Français de s’en passer ; c’est, pour les gens de notre race, un aliment atavique, et nous estimons, quant à nous, que les apôtres de la lutte antialcoolique ont mal engagé le problème en proscrivant, avec les alcools, toutes les boissons fermentées et en particulier le vin.

I faut faire une grande différence entre les bons vins etles mauvais vins ; proscrire les premiers est une mauvaise mesure ; proscrire les seconds, qui sont ou plâtrés ou fabriqués de toutes pièces, qui en outre, aux colonies, sont le plus souvent alcoolisés, est une mesure bien plus hygiénique et plus pratique.

Le Mauvais vin, même pris à dose modérée, mais d'une facon continue, délabre lentement et sûrement l'estomac; les substances nocives qu'il contient amènent, à coup sûr, de la dyspepsie.

ATEN Un en particulier, pris à doses modérées, aux colonies, dans

A en. ce Che s'agit de combattre une dépression physique ou mo-

ot. P opriétés qui lui sont reconnues par tous ceux qui ont habité » 4 que:que nationalité qu'ils appartiennent.

Un des signes de début de l'alcoolisme est le pyrosis, qui indique les fermentations acides de l'estomac; la sensation de brûlure gastrique et œsophagique est exaspérée par l'ingestion de liqueurs ou de boissons fermentées, et l'usage prolongé de ces boissons ne tarde pas à amener de la dyspepsie gastro-intestinale, de la tension, du ballonnement du ventre, une perte totale de l'appétit, entraînant le délabrement de l'organisme et nécessitant le repatriement.

Thé. — Aux colonies, la boisson de choix est le thé, qui assure la salubrité de l’eau, en même temps que la caféine qu'il contient produit d'heureux effets. On s'habitue assez vite à cette boisson, même pendant les repas, comme d'ailleurs on s'habitue au café. L'usage constant du {hé a fait ses preuves aux colonies anglaises depuis cent ans.— Le thé de Ceylan est préférable, d'après nous, au thé de Chine, pour un usage prolongé.

Lait. — En ce qui concerne le lait, nous renvoyons le lecteur à l'étude des aliments (Voy. p. 82).

Eau. — C'est dire une chose banale que de rappeler combien la pureté chimique et physiologique de l'eau a d'importance en hygiène. Nous n'y insisterons donc pas autrement. Mais il faut bien relenir que, dans les pays chauds, les maladies d’origine hydrique ont une importance considérable, plus considérable que sous notre climat; d'abord parce que les germes morbides et les parasites animaux qui vivent dans l'eau sont beaucoup plus abondants dans les pays chauds ; ensuile, parce que ces parasites végétaux et animaux y trouvent des conditions plus favorables à leur développement et à leur pullulement. En dehors des maladies bien déterminées, telles que le choléra et la dysenterie, les eaux, impures, même sans contenir de microbes pathogènes, peuvent causer des diarrhées. Il n’est pas nécessaire que les eaux soient très riches en bactéries pour causer des troubles intestinaux. Les eaux chargées de magnésie ou de particules argileuses ; les eaux saumâtres qui contiennent des sels tels que le chlorure de magnésium — comme il s’en trouve, par exemple, à Biskra et dans la région du Sahara — toutes ces eaux peuvent donner la diarrhée, non seulement lorsqu'elles contiennent un sel soluble purgatif, mais aussi lorsqu'elles sont chargées de particules solubles en suspension, telles que mica, schiste, sable et limon. La matière organique en excès peut également causer des diarrhées. Enfin toutes les eaux qui sont extrêmement riches en bactéries, même lorsqu'elles ne sont pas pathogènes, peuvent déterminer de la diarrhée.

Les matières en putréfaction sont une des causes très fréquentes de l'empoisonnement intestinal. On sait que, lorsqu'un animal est tombé dans l’eau, cette eau est malsaine; c'est là un des procédés de guerre des peuplades sauvages, qui n'hésitent pas à jeter dans les puits des chameaux ou des chevaux pour empoisonner les eaux. On a même pensé que les eaux contaminées pouvaient donner le palu-

disme. C'était autrefois une croyance bien établie que le paludisme était d'origine hydrique; on a vu, en effet, des fièvres très nettes, à type intermittent, succéder à l'absorption d'eau de HO mais on n'est pas sûr qu'il s'agissait vraiment de fièvres paludéennes, parce qu'on n’a pas fait l'examen du sang. |

D'autre part, en dehors des microorganismes végétaux, il peut se trouver dans les eaux de nombreux parasites animaux, qui peuvent engendrer des maladies, par exemple : le Botriocephalus, le Tænia echinococcus, le Distoma hepaticum, l’Ascaris lombricoïdes, l'Ankylostoma duodenalis, le Dracunculus medinensis par l'intermédiaire du cyclope qui vit dans l'eau, les Filaria sanguinis hominis, les sangsues. La preuve des différentes contaminations de l'eau par ces parasites se fait par l'analyse microscopique. Je n'insiste pas sur ces constatations parce qu'elles ont été faites maintes et maintes fois.

Origine des eaux potables. — L'origine des eaux potables est variable ; on peut les diviser en eaux de pluie, eaux de surfaces et eaux souterraines.

Eau de pluie. — L'eau de pluie peut recouvrir un vaste espace où la pluie tombe comme dans un pluviomètre. Dans les régions telles que l'Himalaya, où il tombe de 5 à 6 mètres d’eau, on peut la recueillir avec la plus grande facilité; mais, dans l'immense majorité des cas, on recueille l'eau de pluie par les toits, d'où on l'amène directement dans les citernes, où on la puise avec des vases de terre ou de fer; c'est ainsi qu'on recueille l’eau sur la côte occidentale d'Afrique, dans les possessions anglaises.

Quand on établit une citerne, les précautions à prendre sont les suivantes : on doit donner autant de profondeur que possible à la citerne, pour que les eaux soient à l'abri de la chaleur etpuissent être fraiches. |

À Venise, où l’on boit surtout de l'eau des citernes, on a imaginé le disposilif suivant : l’eau des toits arrive dans la citerne, c'est-à-dire dans un parallélipipède rectangulaire, sorte de fosse remplie de sable Jusqu'à une certaine hauteur; au centreestun puits maçonné, mais la maçonnerie ne va pas jusqu'au fond du récipient, en sorte que le sable filtre l’eau. L'eau n'arrive ainsi dans la citerne qu'après avoir été lamisée à travers le sable. Cette disposition pourrait être utilisée avec fruit aux colonies.

Il importe beaucoup, en effet, que l’eau des toits soit purifiée de toutes les souillures qui existent sur les toits, ne fût-ce que les excréments des oiseaux ; 1] devrait donc toujours exister, avant la citerne, un premier réservoir de décantation ; de là, l'eau une fois décantée se rend dans la cilerne, qui doit être construite de façon à pouvoir être inspectée facilement,

Laux Ii + de surfaces. — Les eaux de surfaces sont celles des rivières et des lacs naturels ou artificiels.

Les eaux des lacs sont généralement impures: toutefois, dans les très grands lacs, les causes d’impureté sont atténuées par l'étendue de la masse d’eau.

Les lacs artificiels, utilisés souvent en Angleterre, sont constitués par les barrages qui emprisonnent l’eau et la contiennent dans une seule masse; c'est un moyen très commode de procurer à une ville une grande quantité d'eau potable et pure ; mais il faut avoir la précaution de faire une canalisation fermée, c'est-à-dire à l'abri des souillures, depuis le lac jusqu'à l'endroit où se fait la distribution de l’eau. Si la canalisation était à ciel ouvert, l’eau serait exposée à d'innombrables causes d’impureté, et le but qu’on recherchene serait pas atteint.

L'eau des fleuves est moins souillée, dit-on, en général, dansles pays chauds que dansles pays tempérés; il y a peut-être des réserves à faire à ce sujet. Cela tient à l'énorme volume d’eau que charrient ces fleuves ; cela vient aussi de ce que la densité de la population des contrées traversées par ces fleuves immenses est relativement faible. Or l’on sait que la salubrité d'un cours d'eau dépend du rapport entre le volume d'eau du fleuve et les matières usées qui y sont déversées.

Aux Indes, il existait autrefois une cause particulièrement grave d'infection : c'était la coutume religieuse adoptée par les peuples de ce pays de jeterles cadavres à la rivière. Les autorités anglaises sont enfin parvenues à abolir cette coutume antihygiénique, et ce fait est devenu une rareté. Il reste assez de cadavres d'animaux pour entretenir cette cause d’insalubrité. Mais, si les fleuves d'une étendue considérable sont généralement moins insalubres dans les pays chauds, on observe le contraire pour les rivières et les petits ruisseaux. En effet, ces cours d'eau passent ordinairement à travers de petites agglomérations; alors le rapport mentionné ci-dessus, entre le volume de l’eau et les matières usées, se trouve renversé, et la population est trop dense pour le volume d'eau de la rivière ou du ruisseau ; de plus, dans les saisons sèches, ces petits ruisseaux dont le cours était déjà insuffisant deviennent de simples filets d’eau et laissent à découvert une vase infecte, très souvent dangereuse par sa profondeur et dans laquelle les bestiaux s'envasent et meurent étouffés, devenant ainsi une source de putréfaction pour le lit du ruisseau.

La conclusion à tirer de ces observations est qu'il ne faut jamais boire dans les pays chauds d’eau de rivière ou surtout de ruisseau, abstraction faite des ruisseaux de montagnes, sans l'avoir fait préalablement bouillir.

Les plus souillées de toutes les eaux sont celles des mares. Les mares où lanks (fig. 26) des villages indous qu'on trouve dans les possessions anglaises des Indes, ou dans la région de Calcutta et dans

le Bengale, sont bien connues et sont une cause de la dissémination du choléra. Généralement ces tanks sont formés par l'accumulation des eaux de pluie dans les excavations produites par l'enlèvement des terres nécessaires à la construction des huttes des indigènes. Leur eau, qui sert d’eau de boisson à ces populations, reçoit tous les égouts, toutes les immondices, toutes les matières usées des huttes : c'est pourtant là que viennent s'alimenter les malheureux indigènes. Cependant l'odeur et la coloration de l'eau de ces mares suffisent à montrer combien elles sont insalubres; aussi n'est-1l pas étonnant qu'on y trouve si fréquemment le bacille du choléra.

Eaux souterraines. — Il n’y a rien de très spécial à dire sur les puils aux pays chauds.

Dans les régions désertiques, les puits sont constitués par des exca-

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