‹ hygiene colonialeChapitre 21 sur 251 · OO · texte numérisé non relu

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Fig. 26. — Tanks.

valions, formées dans le sable et mettant en communication la surface du sol avec le cours d'eau souterrain d’une rivière. Ces rivières désertiques sont à sec, en effet, pendant une partie de l'année et le volume d'eau qui tombe du cielest insuffisant pour leur SSoane un cours continuel et, en dehors de la-saison des pluies, leur cours n est constitué que par une nappe souterraine qui court sous le lit de la rivière et dans le même sens.

Il existe re I xiste un grand nombre de puits arlésiens dans les colonies, en Algérie en particulier. |

À Pondichérv. il v a 6o ; en h TY, 11 y à également un grand puits arlésien qui donne >a res à à ‘ag à Cyrus S pure, et c'est à la boune qualité de celte eau qu'on

ALIMENTATION. f 1 —79

attribue la rareté du choléra à Pondichéry, par rapport aux autres villes de l'Inde. Il en existe un aussi à Java, où il rend les plus grands services. La ville de Queensland, en Australie, en possède également un.

Différents moyens de purifier l'eau. — Dans les pays chauds, en dehors de toute ville, de tout centre un peu considérable d'installation, le moyen le plus simple de purifier l'eau est de la faire bouillir et de la boire quand elle est un peu refroidie, après l'avoir additionnée de thé. C'est une pratique dont je me suis toujours bien trouvé, et < est pour ainsi dire le procédé physique le plus simple. Mais d'autres moyens peuvent être employés : ils dépendent de l’origine de l'eau dont on veut se servir.

Procédés de purification des eaux. — 1° PROCÉDÉS CHIMIQUES. — Il existe un grand nombre de procédés chimiques pour purifier l’eau. La précipitation par substances végétales contenant du tanin est employée par plusieurs peuplades. Dans l'Amérique du Sud, les Indiens purifient les mares avec l'écorce du Pérou. Dans l'Inde, on frotte avec le Strychnos polatoruml'intérieur des récipients à eau, etle lanin qui est déposé le long des parois suffit à précipiter les matières qui sont en suspension dans l’eau.

Il est important de connaître les moyens de purifier l’eau, en exploration ou en expédition. Dans ces cas, la stérilisation par la chaux est impraticable ; elle ne peut se faire que dans ies villes ou dans les postes fixes.

Un des procédés chimiques les plus simples consiste à employerle permanganate de potasse ; il suffit d'en ajouter quelques gouttes dans 1 litre d'eau pour voir la liqueur se décolorer sous l'influence des matières organiques; alors on en rajoute encore un peu, puis on verse quelques gouttes d'une infusion végétale, telle que du tilleul ou du thé, avec un morceau de sucre, pour enlever au permanganate sa coloralion, qui pourrait effrayer les personnes. C’est le procédé qu'emploient les Russes et les Anglais.

L'armée coloniale française emploie le permanganate de potasse, avec le filtre Lapeyrère adapté au bidon; mais celui-ci n’est pas pratique, à cause des accessoires qui, comme le caoutchouc, peuvent se détériorer par un séjour prolongé sous la zone torride.

L'armée autrichienne se sert du chlorure de chaux, procédé analogue à celui de la stérilisation par le fer et le chlore, mais qui n'est pas très pratique, parce que le chlorure de chaux se conserve mal.

Les Allemands emploient le procédé Schaumburg, consistant dans l'usage de l'acide bromhydrique, auquel on ajoute de l’eau saturée d'ammoniaque.

Tous ces procédés offrent des inconvénients dans la pratique. Le procédé Vaillardet Georges semble meilleur; il emploie trois espèces de comprimés : un blanc, un bleu, un rouge.

Les comprimés n° 1 sont bleus et comprennent :

Iodure de calcium sec..............e......esses No Iodate de sodium sec..............-......... Ce x : Bleu de méthylène 2.0 RE TE Dj (er

Pour 100 comprimés.

imé S € insi osés :

Les comprimés n° 2 sont rouges et sont ainsi Comp

Acide tartpique........0.0%0rr-tmete Hrnle see à EE Huchsine cr: rer. cs esse aen 525 ES D.

imés, 08",1 d'aci artrique par comprimé. - Pour 100 comprimés, 08",1 d'acide tartriq a Les pastilles n° 3 sont blanches et contiennent 118r,60 d’hyposulfite de soude pour 100 comprimés.

Voici comment on se sert de ces pastilles pour stériliser 1 litre d'eau. On dissout dans un peu d'eau une pastille bleue et une pastille rouge simultanément. Dans ces conditions, quand on opère avec peu d'eau, l'acide tartrique met l'iode en liberté. Cet iode, à l’état naissant, se dissout dans l'iodure de sodium. On verse alors dans le litre à purifier et, dix minutes après, l'eau est à peu prèsstérilisée, et, pour la rendre à peu près buvable, on met une pastille blanche d'hyposulfite de soude dans l’eau iodurée et, sous l'influence de la transformation de l'iode libre en iodure de sodium, on a une eau à peu près potable ou qui, du moins, d'après Vaillard et Georges, diffère extrèmement peu d'une eau ordinaire.

On peut faire ces comprimés pour 10litres, ce qui est plus commode quand on a besoin d'une grande quantité d'eau. Avant de mettre les comprimés, il faut toujours avoir soin d’épurer l'eau et de la filtrer, si possible. Vaillard préconise pour cela le seau à fond d'amiante de Schuking, usité dans l’armée autrichienne et qui est maintenu entre deux tamis. 11 peut, comme filtre, rendre de grands services en campagne.

2 Procénés PaysiQues. — 1° Chaleur. — Le plussimple des procédés physiques est l'emploi de /a chaleur et consiste dans l’ébullition simple, qui tue les germes morbides. Le grand inconvénient del'eau bouillieest d’être fade et sans saveur et d'exiger longtemps pour se refroidir complètement. Sans doute on peut remédier à ce défaut par l'addition d'un peu de thé, qu'on peut prendre même brûlant, sans qu'il soit désagréable. Mais, dans les pays chauds, on éprouve le besoin de boire frais, et ce serait une grande privation que de manquer d'eau fraiche ; aussi les inventeurs se sont-ils ingéniés à faire disparaitre autant que possible cet inconvénient et il existe un grand nombre d'appareils qui, tout enstérilisant l'eau par la chaleur, la refroidissent, Mais aucun ne remédie complètement à cet inconvénient.

Ces différents appareils sont très ingénieux, mais ils coûtent cher etne donnent pasune eau rigoureusement stérile. Car, en général, ils marchent très bien au début, mais lorsqu'on s'en est servi pour traiter des eaux très calcaires, ils ne tardent pas à se boucher; il se produit des détériorations dans l'appareil.

Le principe employé pour obtenir le refroidissement de l'eau est le même dans tous ces appareils : il y a un échangeur de température, c'est-à-dire une juxtaposition plus ou moins étendue de l'eau froide qu'on va faire bouillir avec l'eau stérile chaude qui échauffe l'eau impure froide par contact et, par conséquent, diminue d'autant le nombre de degrés à obtenir pour l'élévation de température nécessaire à la stérilisation.

Il existe de nombreux types de ces appareils; il en existe spéclalement pour les armées en campagne et dont les Anglais semblent s'être bien trouvés.

2° Filtration. — Le second moyen physique de purification de l'eau est la filtration. Elle peut être centrale (filtres à sable dans les agglomérations), ou se faire à domicile. Nous ne parlerons pas ici des filtres à sable, qui peuvent trouvér dans les villes coloniales le même emploi qu'en Europe.

Tous ces filtres donnent d'excellents résultats, lorsqu'ils sont entretenus de façon très soignée, et surtout lorsqu'ils sont précédés d'une préfiltration qui consiste à décanter l’eau pour que les plus grosses impuretés se déposent dansles bassins et que le filtre ait le minimum de travail possible. Les filtres dégrossisseurs de Puech, adoptés par la ville de Paris et que la ville de Londres est en train d'adopter en ce moment pour traiter d'immenses quantités d’eau, constituent actuellement le meilleur appareil préfiltrant que l’on connaisse.

Il faut cependant noter que la filtration absolue par les filtres à sable n'existe pas ; mais ils ont fait leurs preuves et donné d’excellents résultats ; ils sont pour l'hygiène de très utiles, souvent d'indispensables instruments.

Pour la filtration domestique, on peut employer aux colonies les appareils tels que le filtre Chamberland, en porcelaine dégourdie, le filtre à infusoires de Berkefeld, les filtres Pottevin, Eden et Grandjean à terre d'infusoires et à cellulose. Ils sont tous bons, à condition d'être bien entretenus et stérilisés au bout d'un certain temps. Un filtre de ce genre, filtrant de l’eau de Seine, comme dans les laboratoires de Paris, laisse passer des bactéries au bout de cinq à six Jours en été, un peu davantage en hiver. Il ne faut pas les stériliser par l'ébullition, car souvent, en les faisant bouillir sans précautions suffisantes, on les casse ; il faut faire tremper la bougie dans du permanganate de potasse à 5 p. 100 pendant dix minutes, puis la rincer jusqu'à ce que l’eau passe incolore; alors on peut consommer celte eau.

Dans les pays chauds, les filtres Chamberland ne peuvent pas rendre de grands services, parce que les eaux contiennent en grande quantité des particules de boue, d'argile, qui encrassent rapidement ces filtres; il se forme un enduit très épais qui bouche absolument le filtre et s'oppose au passage de l’eau. Ces filtres sont donc inutiles lorsqu'on a affaire à des eaux boueuses; mais ils ont NICE 0

souvent rendu de grands services, il ne faut pas l'oublier, en particulier, en Indo-Chine sous la direction de Calmette, qui en avait installé à Nah-Thrang et qui a ainsi préservé celte localité de la dysenterie et du choléra. Mais, pour une exploration, ces filtres ne sont pas pratiques.

Il faut en dire autant de tous les modèles si nombreux de filtres d'amiante ou à pastilles, qui marchent à l'aide d'une petite pompe: ils ne peuvent être utiles, parce qu'ils ne stérilisent pas rigoureusement et que leur débit est beaucoup trop lent.

Lorsqu'on a affaire à des eaux très boueuses, le procédé que l’on peut recommander comme le plus pratique, en expédition, consiste à employer un entonnoir en tôle émaillée, incassable, avec un filtre en papier Laurent, comme ceux que l’on emploie dans les laboratoires ; l'eau passe grossièrement filtrée, mais elle l'est suffisamment pour être débarrassée du plus grand nombre de ses particules solides ; alors on la fait bouillir et on y ajoute un peu de thé.

Aliments solides. — Aliments d'origine animale. — Les viandes sont d’un emploi général sur le globe parmi les Européens, qui n'abandonnent que difficilement celte partie pour ainsi dire essentielle de leur régime.

Le bœuf est très abondant dans un certain nombre de colonies, où on le consomme aussi couramment en Europe. Il peut donner le ténia ; il est assez souvent tuberculeux au Soudan et au Niger, mais on sait que l’ingestion de viande d'animaux tuberculeux ne semble pas être dangereuse, le bacille n'ayant aucune élection pour le système musculaire.

Le veau est assez rare et, dans certaines régions, en Abyssinie, par exemple, les lois défendent de le tuer : on a voulu ainsi éviter de voir les troupeaux décimés par la consommation alimentaire en même lemps que par l’épizootie.

Le porc se rencontre fréquemment et est semblable au nôtre.

Le mouton, très répandu, a le plus souvent une saveur désagréable, parce qu'il n'est généralement pas châtré.

En Afrique et en Asie, une des grandes ressources alimentaires est le poulet, petit par sa race, le plus souvent étique faute de nourrilure. La poule au riz forme la base des menus, et on s'en dégoûte assez vile, malheureusement.

Le canard se mange beaucoup en Indo-Chine, mais on s’en lasse encore plus vite que du poulet.

Les œufs sont également une ressource précieuse et suppléent souvent à la disette d'autres aliments.

Le gibier, dans beaucoup de régions, fournit un appoint appréciable à la cuisine, mais, là encore, on se lasse vite, à cause du fumet qui est très prononcé, surtout quand il s'agit des animaux à poil.

Le lait est en général peu abondant et mauvais dans les pays

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chauds : nous avons dit plus haut combien la lactation était diminuée sous les tropiques.

Le poisson, à l'état frais ou sec, est très apprécié; les mers des tropiques sont poissonneuses; il en est de même des rivières africaines et américaines. Les poissons des eaux tropicales constituent un aliment azoté, précieux, qui peut se substituer à la viande, et qui nourrit d'innombrables peuplades. Il faudra cependant se méfier de certaines espèces toxiques.

Les mollusques, les crustacés sont plutôt à éviter; c'est une nourriture succulente, mais lourde ; les huitres ne semblent pas présenter les mêmes causes de danger que dans certains ports d'Europe dont les eaux sont contaminées par les égouts.

Aliments d'origine végétale. — Céréales. — Le pain, qui constitue le fond de l'alimentation du Français, manque souvent, et c'est pour le colonial une grosse privation que de n'avoir pas de pain frais. Autrefois, surtout, la privation était encore plus grande, parce que les farines transportées dans des barils étaient souvent attaquées et gâtées en cours de route; on remédie aujourd'hui à cet inconvénient, en les transportant dans des barils de fer-blanc, soudés comme des boîtes de conserves.

Ona réussi à cultiver le blé en Afrique; à Koulikoro, sur le Niger, à Bamakou, on cultive du blé depuis 1897; les moulins installés sur le bord du fleuve donnent une farine presque équivalente à la farine française. Pour l’Européen sous les tropiques, la ration du pain devra être de 500 à 700 grammes par jour.

Comme succédanés du pain, on a le brscuit, ou le pain biscuilé, ou enfin la galette.

A défaut de pain, on utilisera le riz, qui est une denrée de premier ordre, facile à transporter, légère, et qui, à la cuisson, gonfle et constitue un aliment nourrissant, quoique peu azoté. Il a, d’ailleurs, à peu de chose près, la même composition chimique que le pain. La façon de faire cuire le riz n’est bien connue que des cuisiniers indigènes indiens et indo-chinois, qui l’assaisonnent avec du carry et en entourent la volaille, le poisson ou le mouton.

Les succédanés du riz sont le sorgho, qui sert à fabriquer le couscous, le maïs, la dourah, le millet, avec lesquels on fabrique des galettes qui, en Afrique particulièrement, constituent le fond de l'alimentation indigène dans beaucoup de contrées.

Légumes. — Les légumes jouent un rôle important également dans l'alimentation européenne; on manque souvent aux colonies de légumes frais, ce qui constitue parfois une grosse privation. On sait que le scorbut, si fréquent autrefois à bord des navires dont les hommes se nourrissaient presque exclusivement de viandes salées, est déterminé par l'absence d'aliments frais, et en particulier de

légumes frais.

En général, aux colonies, l'industrie maraichère est peu développée, sauf en Indo-Chine, où les jardiniers annamites et chinois, les jardiniers des colonies anglaises, se livrent à la culture maraîchère. La courge, l'aubergine, la tomate, le pourpier poussent bien dans les pays chauds. :

Dans cette question de l'alimentation en légumes aux colonies, le médecin peut rendre les plus grands services en suivant l'exemple des missionnaires et en important des graines de légumes ; 1l encouragera les blancs et les mdigènes à en semer. D'ailleurs, les fonctionnaires et les officiers pourront rendre service à la colonisation comme le médecin et devront donner le même exemple (1).

Les féculents sont en général malsains et mal digérés : autrefois, dans la marine, les haricots, les pois, les lentilles, constituaient, avec le lard salé, le menu invariable d'une nourriture encore moins azotée que celle des prisonniers, auxquels on donne du pain et des légumes avec un peu de sel. Actuellement le régime alimentaire des matelots est plus varié et satisfaisant. L'uniformité des menus ne tarde pas à engendrer des désordres gastro-intestinaux et des maladies graves; il faut alors introduire dans l'alimentation d’autres variétés de légumes : du riz, du millet ou de la farine de manioc.

Fruits. — Les fruits, aux colonies, sont abondants et variés, mais l'Européen devra en user avec prudence, car ils occasionnent de la diarrhée et de la dysenterie. D'après un vieux préjugé, ils donnaient, disait-on, la fièvre; c'est une notion absolument erronée.

Les fruits acides, oranges, ananas, acidifient le contenu stomacal, en même temps qu'ils sont agréables à manger. Nous n'’insistons pas sur les variétés innombrables de fruits que l’on rencontre aux colonies et qui, à une ou deux exceplions près, sont loin de valoir les fruits des climats tempérés. On s’en fatigue vite.

Condiments. — Les condiments et les épices rendent parfois des services, en réveillant et en excitant l'appétit, mais pris en trop grande abondance ; ils ont une action funeste sur l'organisme ; ils plaisent beaucoup dans les pays chauds; il est certain que, lorsque l’on a mangé tous les jours pendant des mois de la poule au riz, on éprouve une satiété telle qu'on éprouve un impérieux besoin d'une autre nourriture, on cherche tout au moins à relever les mets par quelques épices ou condiments, mais il faudra toujours éviter avec soin d'en faire abus; la moutarde, le vinaigre, les pickles à saveur prononcée ne devront pas être employés d'une façon constante.

Conserves. — On est très souvent réduit aux colonies à user de conserves; aussi est-il un principe fondamental dont on ne doit jamais se départir quand on s'embarque pour les colonies : c'est de n’em-

(1) Il convient de rappeler le rôle important et utile joué par M. de Vilmorin, qui

. aux colonies françaises d'éminents services en favorisant la culture marai- Chéie par de corstants envois de graines.

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porter que des conserves de foule première qualité ; en effet, celles-là seules peuvent être supportées assez longlemps sans donner lieu à des troubles digestifs.

En ce qui concerne la viande, la conserve dont on se lasse peut-être le moins, c'est le corned-beef que l’on peut se procurer dans toutes les grandes villes du globe, et qui est presque toujours de bonne qualité; on s’en fatigue moins que des langues ou du jambon ; consommé sans assaisonnement, où assaisonné avec des oignons ou de la salade et du vinaigre, il constitue un mets excellent,

Les conserves de légumes et surtout de beurre ne supportent pas la médiocrité, Cerlaines marques françaises jouissent, à ce sujet, d'une réputation mondiale.

Repas.— Il faut en général prendre trois repas par jour, c'est-à-dire ne pas changer son régime ordinaire. On doittout d'abord,en selevant, prendre un tub suivi d'un déjeuner au thé, café noir ou lait ; le repas le plus important sera celui de midi. Si l'on a assez d'énergie pour ne pas faire ensuite la sieste, cela sera préférable ; ce repas de midi sera composé d'un seul plat de viande avec du riz, des légumes et de quelques fruits.

En fait, il n'y a pas de règle absolue en ce qui concerne le menu ; tout dépend de l’état de santé et aussi de l'argent que l'on peut dépenser; mais, dans les pays tropicaux, plus encore que dans nos pays, 1l est recommandable de toujours rester sur sa faim.

Ce sont là des principes fondamentaux qui sont le seul moyen de conserver une bonne santé.

M. Van den Burg a fait les remarques suivantes en ce qui concerne l'alimentation des Européens aux colonies.

L'Européen fera bien de prendre des aliments d’origine végétale à cause de leur digestibilité; il y joindra du poisson, de la volaille ou un peu de viande, mais surtout il mangera des œufs, du bouillon, des soupes, des fruits, quelques condiments ; la boisson devra être une boisson rafraichissante.

L'assaisonnement doit être particulièrementsoigné,les plats devront être bien présentés et bien préparés; les qualités appétissantes des mets servis sont indispensables pour exciter l'appétit endormi.

Après un séjour de quelque durée, chacun aura appris à connaître les avantages et les désavantages des aliments du pays et choisira ce qui convient le mieux à son goût. Toutes lesexpériences scientifiques ne vaudront jamais, à ce point de vue, l'expérience personnelle.

Les Anglais qui, aux colonies, continuent leur régime de viande et de thé, qui mangent toujours beaucoup de bœuf, se trouvent bien de ces habitudes; les Français le font aussi, mais ils sont en général moins résistants sous les tropiques qu'en France; de même, les Hollandais et les Allemands se trouvent bien du régime qu'ils suivaient

dans leur pays.

Alimentation des travailleurs. — L'alimentation cles travailleurs indigènes est une question importante au point de vue social comme au point de vue économique, car la main-d'œuvre indigène, de quelque industrie qu'il s'agisse, est une question vitale pour la colonisation.

Dans les anciennes colonies d'Amérique et d'Asie, on trouve des usines à sucre, des vanilleries, des distilleries de rhum, des décortiqueries de riz, des distilleries d'alcool de riz, des usines à opium et des magnaneries; aux Indes anglaises et à Hanoï, des filatures de coton et de soie; à Hanoï également, des fabriques de papier et d’allumettes ; les industries de la laque, la gravure, la chaudronnerie, emploient ce nombreux indigènes; enfin, au Transvaal, les mines d'or occupent lamain-d'œuvre indigène, et l'onsait quelles difficultés ont créées dans l’industrie minière les indigènes, en refusant de venir travailler dans le Rand.

Les règles hygiéniques en ce qui concerne ces indigènes sont les mêmes que celles dont nous avons parlé plus haut ; il faut prendre des précautions contre la chaleur et le soleil; nous ne nous occuperons pas de la réglementation des heures de travail.

Pour tous ces travailleurs, l'alimentation est une question difficile à résoudre parce que les aliments diffèrent suivant les contrées ; mais le riz est toujours l'aliment le plus usité.

Dans une commission créée en 1897, à Batavia, pour l'alimentation des prisonniers, et composée de personnes compétentes, on a dressé le tableau suivant en ce qui concerne la nourriture des prisonniers, suivant le travail qu'on leur impose :

Travail dur. Travail léger.

MIZC RE tee eee een 150 grammes. 650 grammes. SOLS Penn se RE ER 15 — 15 — SUCreMN EN eee Ce 20. — » Viande fraîche ou poisson ....... 200 — 200 — TÉSUMOS AIS EN PURE 250 — 250 — Piment... ct SD NOTE None

Le sucre est donné immédiatement avant ou après le travail.

Ce qui domine cette question, c'est que les dépenses de l'organisme sont accrues dans les pays chauds par le travail, et que, de plus, les hommes de couleur ne sont pas faits pour travailler d'une façon intensive; à plus forte raison s'il s'agit d'individus transplantés. Ils sont exposés au béribéri, à la tuberculose, à la fièvre typhoïde; ces causes de mortalité disparaissent lorsque l’on augmente la teneur en azote des aliments donnés aux travailleurs. I faut donc augmenter notablement la ration alimentaire des indigènes qui travaillent; au repos, ils peuvent sans inconvénient reprendre leur régime végétarien ordinaire. nie ur de fer au Congo belge, en 1892, on

rs 750 grammes de riz cuit et 250 grammes

de poisson sec ; la mortalité était de 75 p. 1 000 par mois, 900 sur 1 009 en un an.

Les blancs mieux nourris résistaient, et, si le régime des indigènes n'avait pas été modifié, ils seraient tous morts. On donna alors, en 1897:

500 grammes de riz:

250 grammes de fèves ou d’un biscuit spécial ;

250 grammes de poisson sec ou de viande salée.

Sous l'influence de ce nouveau régime, la mortalité diminua dans des proportions considérables.

Les indigènes employés dans les Indes néerlandaises à bord des navires auraient presque tous le béribéri si les rations alimentaires n'étaient pas renforcées.

Les expériences intéressantes faites par le D' Jourdran, à Tananerive, sur des prisonniers malgaches qui faisaient tourner une dynamo ont donné les mêmes résultats.

Enfin, aux colonies, la variation dans le régime a une importance considérable, pour les travailleurs noirs comme pour les blancs; on doit faire alterner la viande avec le riz, le poisson, la volaille et les œufs. En ce qui concerne les noirs, le cycle alimentaire est moins varié, puisque le nombre des aliments est moins grand.

Pour diriger une expédition coloniale et des explorations, &/ fauF un colonial (Kermorgant). C'est faute d’avoir négligé cette précaution fondamentale que bien des vies humaines ont été sacrifiées.

Choix de la saison. — La première chose à considérer, dans une expédition coloniale, qu'il s'agisse d'une simple exploralion ou bien d’une expédition militaire nécessitant un nombre considérable de porteurs et de sollats, c'est le choix de la saison, à cause de l'action que produit le climat sur les Européens.

L'année se divise en deux parties et quelquefois en quatre, comme sous les tropiques. Il y a une saison sèche on frorde et une saison humide ou chaude, saison des pluies, hivernage ; ces quatre derniers termes sont synonymes. Les deux principaux facteurs d'insalubrité sont, pendant la saison humide, la chaleur et lhumiditf, la chaleur sèche étant beaucoup plus douce à supporter que la chaleur humide. De plus, les varialions nycthémérales sont importantes à considérer ; les nuits qui sont aussi chaudes que les jours sont fatigantes, parce qu'on ne peut dormir. De plus, les pluies n'augmentent pas seulcment cette humidité qui rend la chaleur si malsaine, mais elles ont des conséquences désastreuses sur les troupes en marche el même en campement et déterminent l'éclosion, chez les individus mouillés. et fatigués, de certaines maladies, en particulier du paludisme et de la

dysenterie.

Époque d'arrivée. — Sous réserve des variantes dues à la saison

des pluies, on devra arriver aux époques suivantes :

Zone tropicale sud : Mai ou commencement jun;

Zone tropicale nord : Fin novembre (Zoulous);

Zone équatoriale nord : Décembre (Achantis):

Zone équatoriale sud : Premiers jours de juin.

Il est important aussi de connaître les maladies régnantes dans la région qu'on explore, parce qu'on pourra ainsi prendre des mesures prophylactiques et des précautions. Si c'est le paludisme surtout qui règne, par exemple, on le préviendra en faisant usage de moustiquaires. L'exemple, qui sera toujours à citer, d'une expédition bien conduite, est celle de la guerre des Achantis, en 1874. L’Angleterre avait envoyé là-bas des hommes de choix, qui n'avaient jamais été débilités par le climat, qu'on avait bien nourris à l'avance et qui le furent encore mieux durant l'expédition; en même temps on prit un soin tout spécial de leur équipement et de leur campement ; la campagne fut faite pendant la saison sèche, aux mois de janvier et de février; enfin le débarquement fut rapide et n'eut lieu que lorsque tout fut prêt pour recevoir l'expédition. Au contraire, l'expédition française de Madagascar peut servir d'exemple inverse. Le débarquement fut opéré sans que rien fût préparé pour recevoir nos troupes; leur séjour se prolongea outre mesure dans des recoins insalubres, on fit construire aux soldats des routes pendant la mauvaise saison; l'ignorance et l'incurie criminelle de l'administration de la guerre et une négligence absolue des précautions nécessaires, tout concourut à déterminer et à étendre cette mortalité qui enleva un sixième de l'effectif de l'armée.

Choix des hommes. — Voici comment on procède en Angleterre, quand une expédition est décidée. On commence par faire la visite médicale des troupes susceptibles d'être envoyées, et l’on renvoie au dépôt tous les hommes reconnus impropres au service, c'est-à-dire qui ne pourraient pas supporter les fatigues, les privations et les

intempéries et qui, au bout de quelques jours de chemin, affaibli-

raient la valeur combative de l'effectif.

Les très jeunes soldats sont impropres à ces expéditions. Lord Roberts, qui a une expérience consommée des expéditions tropicales u'admet pas qu'un seul homme de l'armée anglaise soit ee dans les pays chauds avant d'avoir vingt-cinq ans, âge auquel la croissance el la force musculaire ont atteint leur complet dévelop- PA PA ee aussi la conclusion à laquelle sont arrivés les médecins

res français : jet ] l fièvres paludéennes FE le Den te a. | ns indigènes et des soldats euro eee : As ne use A péens sera indiquée plus loin. En ce qui Re X des porteurs, on devra se rappeler que les noirs, aus sont mal nourris et mal traités, sont plus réceptifs que les

és til

HYGIÈNE DES EXPÉDITIONS COLONIALES. fA—89

blancs au choléra, à la peste, au béribéri, au typhus. La race des porteurs n’est pas non plus indifférente à considérer. Les Sénégalais, les Haoussas, les Dahoméens passent pour les meilleurs parmi nos races noires coloniales.

L'acclimatement partiel joue un rôle assez important, les nouveaux arrivants payant toujours un tribut plus ou moins lourd au climat, au début ; lorsqu'on est resté un certain temps dans un pays, on est plus où moins renseigné sur la façon dont il faut se comporter. Mais il ne faut pas tomber dans l'excès contraire; un séjour prolongé a un effet délétère sur certains organismes; on sait que les hommes qui ont eu plusieurs fois les fièvres seront beaucoup moins résistants que des individus qui n'ont pas plus de un ou deux mois d’acclimatement, quand ils partiront en campagne. La vérité est que, plus on reste sous les tropiques, plus on a de chances de s'infecter, d'une façon latente ou non, le germe qui était resté latent, pendant le séjour à la caserne et à la côte, réapparaissant sous l'influence des fatigues de la campagne.

Les soldats européens, pendant letrajet, en paquebot, de la métropole au pays où devra se faire l'expédition, seront attentivement surveillés au point de vue médical, surtout aux escales, où ils peuvent commettre des excès d'alcool ou de fruits indigènes. Arrivés à la côte, on aura grand soin de choisir une heure propice pour le débarquement, avant neuf heures du malin ou après quatre heures du soir.

Nourriture des troupes. — C'est là un des côtés les plus délicats des expéditions coloniales. Il faut nourrir convenablement les hommes, non seulement au moment de l'expédition, mais encore auparavant, de façon à les mettre dans le meilleur état possible pour résister aux intempéries et aux fatigues.

Voici les rations adoptées par le War Office en temps de guerre : une livre et demie de pain ou une livre de biscuit, ou une livre de farine. La livre anglaise est de 452 grammes. Avec cela, une livre de viande soit fraîche, soit salée, soit en conserve ; 5 grammes de thé; 10 grammes de café; 60 grammes de sucre; 15 grammes de sel;

8.80 de poivre; une demi-livre de légumes frais; 30 grammes de légumes comprimés. De plus, sile commandant en chef l'ordonne, sur la recommandation du médecin en chef, on ajoute 15 grammes de lime-juice avec un quart de livre de sucre.

Mais c’est là la ration de guerre type. Pratiquement, on donne la

ration suivante :

Phitsiabacandoc donnent HE none AMV Wan des s OS REC eee ee ohu eee ee 1 livre POIS SeCS OU hArICOLS ere. RC De 100 grammes. Pommes de terre ou légumes verts.........,..... 1 livre. Hromage cr... RAR rc ttes arte ele te ait ee Na 60 grammes. Re ce eee ec eee eee ce 00 —

SELS PEAR ER ONE AA I AISE PR RE D DE cp Son 15 grammes. Poivre... : RE A PO Do ne die 1 — Cafe moule rc Re EC EC CEE 30 — Thés MT Ma does RTS RES 4 do Go c 15 = Vinrougeneete OENO CPS A D Dec oo nc 300 centilitres.

Le pain doit toujours être donné le plus souvent possible et la viande salée le moins souvent possible, sans interruption. Quand on est obligé de donner pendant plusieurs jours de suite de la viande salée, on ordonne du lime-juice ou jus de cilron anti scorbutique et des légumes frais. À défaut de légumes frais, on donne des légumes comprimés.

La cuisson des aliments a beaucoup d'importance. Dans toutes les armées européennes, on a introduit les vivres réserves; auparavant, quand on n'avait pas le temps de faire la soupe, les soldats étaient obligés de rester vingt-quatre heures sans manger autre chose que du pain avec un peu d'eau-de-vie. C'est pour remédier à cette situa- Lion qu'on a adoplé les conserves de viande en boîtes. L'armée anglaise se sert de marmites auloclaves dans lesquelles on peut faire la soupe ; on les met sur le feu, et la soupe finit de cuire à l'élape.

On a exposé (1) les données principales relatives à l’eau potable. Il faut ajouter que, si l’on se trouve dans le voisinage de la mer, on dislillera l'eau de mer. Celle eau distllée est peu agréable à consommer, aussi les Anglais conseillent-ils d'y ajouter un peu de limejuice (citron conservé); l'addition d'alcool devra être proscrite; l'alcool, sous forme de liquide distillé, est non seulement inutile mais nuisible dans les expédilions, tant au point de vue de la santé que de la discipline. Voici ce que dit Plehn à ce sujet.

« Je vous ai dit, en parlant de la vie sédentaire, que je n'admets pas, sous quelque forme que ce soit, l'alcool dans les colonies; à plus forle raison en est-il de même pour les expéditions. Je ne suis pas un défenseur acharné de l’abstinence totale des boissons alcooliques. Cependant je considère l'abstinence comme très recommandable dans la vie d'expédilions, et j'ai toujours considéré les caisses de vin et de cognac, dont j'ai vu encombrer mainte et mainte expédilion dans l'intérieur de l'Afrique, comme une surcharge inulile et nuisible. La vie d'exploration amène en effet assez d'excilalion pour que l'Europten, vivant sur les côles, ne puisse faire intervenir celte excuse. Quelques flacons de cognac et de champagne suffisent pour les cas de maladies. » Plehn admet que les hommes, en dehors de la marche, arrivés à l'endroit du repos, peuvent prendre un ou deux verres de vin rouge sans que la santé en soil affectée; mais il ne permet pas qu'on boive pendant la route des boissons alcooliques.

Davidson admet aussi l'usage modéré du vin rouge. L'armie

(1) Voy. page 76.

anglaise le préconise dans certains cas et s'en est fort bien trouvée en Égypte, dans l'expédition de Souakim, en 1885.

La température des boissons est à considérer; l'eau chaude est moins désagréable à boire que l'eau tiède, à moins qu'elle ne soit addilionnée de thé ou de café.

Un bon moyen à employer pour boire à une température agréable est de mettre, dans un ou deux litres en verre, du thé froid. Ceslitres sont placés dans la fonte de la selle, après avoir été entourés d'une ficelle ou cordelette très fine ou de feutre ou de flanelle. On les trempe dans l'eau au départ, et l'évaporation de l'enveloppe permet de boire relativement frais. On fait actuellement des flacons à double paroi de verre, entre lesquels on a fait le vide et qui constituent le récipient de voyage idéal pour conserver le froid ou le chaud.

Les machines à faire la glace ne sont pas pratiques dans les régions tropicales, parce qu'elles se dérangent facilement ; les très grandes machines marchent seules avec quelque régularité : les petites sont constamment hors d'usage.

Lorsqu'on voyage dans un pays où l'eau est rare, le médecin doit surveiller avec beaucoup de soin les outres qui contiennent l’eau et prendre bien garde à ce qu'il n’y ait pas de gaspillage. Les porteurs indigènes boivent souvent plus que les Européens et sont en général gaspilleurs ; en sorte que, si on ne les surveille pas de près, on risque de se trouver à court d’eau.

Vêtements. — La question du vêtement a déjà été traitée (1). En expédition, 1l faut, autant que possible, avoir sur le corps une flanelle légère, ce qui est réglementaire dans l’armée anglaise : une ceinture de flanelle ; des vêtements larges, avec beaucoup de poches et ne serrant ni la poitrine ni le cou. Il faut préférer aux bottes les souliers. Les bandes de chasseur alpin (putties) sont une façon très commode de raffermir les chevilles. Elles sont d’ailleurs d'un poids presque nul et tiennent l’eau pendant longtemps. Les chaussettes de laine sont recommandables. Il est bon de se laver les pieds souvent et de changer de chaussettes à la fin de chaque étape. En cas d'excoriations des pieds, les eaux suspectes de contenir des parasites devront être additionnées d’une pastille de sublimé.

La question du casque a été déjà traitée plus haut.

Les effets de la réverbération intense du soleil seront évités à l'aide de lunettes bleues ou fumées à verres en coquilles.

Chaque soldat anglais emporte dans ses effets un drap imperméable qui pèse 2 kilogrammes ; c’est un poids supplémentaire pour le porteur, mais qui est indispensable, car il ne faut jamais coucher sur le sol, à cause de l'humidité; même avec une enveloppe imperméable, il vaut mieux coucher à une certaine distance au-dessus du

(1) Voy. page 69.

sol : d'abord pour éviter les morsures, parfois mortelles, des node pions, des mille-pieds et d'autres insectes, et ensuite paies qu'on peut ainsi contracter certaines maladies qui sont causées par les effets du rayonnement ou du refroidissement; donc il faut se coucher à une certaine distance du sol, ne serait-ce qu'à 20 ou 30 centimètres.

Il faut avoir aussi deux couvertures: elles devront être souvent exposées à l'air et au soleil. Un des manteaux les plus pratiques est celui des officiers italiens : c'est une sorte de poncho coupé d'une façon très ingénieuse ; comme 1l est imperméable, il peut constituer un excellent abri ainsi qu'une très bonne couverture de lit.

Marche. — Dans les pays tropicaux, la marche d'une troupe offre plus de difficultés que dans les pays tempérés. La température est plus élevée ; à chaque inspiration on absorbe moins d'oxygène, et enfin on est souvent accablé par une poussière épouvantable.

En marche, il faut espacer les hommeset il faut laisser une certaine distance entre les fantassinset les cavaliers. La longueur des marches peut varier beaucoup ; les troupes peuvent faire 10, 20 et 30 ou 32 kilomètres par jour; certaines troupes ont fait des marches forcées de 60 et jusqu'à 65 kilomètres. Plus l'armée est nombreuse, plus la marche est pénible. Ainsi, un régiment bon marcheur mettra huit heures pour faire 32 kilomètres, tandis qu’une brigade ou une division mettra seize ou dix-huit heures pour faire le même trajet.

Le premier inconvénient des marches forcées, sous les tropiques, est de rendre le cœur irritable et forcé. Le cœur est aussi impressionné par le paludisme, par les vicissitudes de la campagne et du climat. Le médecin doit prendre surtout garde aux défaillances des individus, porteurs ou soldats, confiés à ses soins, pendantla marche.

Le meilleur moment pour la marche estle matin. Il faut lever le camp dès le crépuscule, un peu avant les premiers rayons du soleil, et marcher jusqu'au point d'eau ou à l'étape qui a été fixée.

Les résultats des marches de nuit sont déplorables, parce que ces marches fatiguent très rapidement les hommes et les animaux. En effet, la chaleur étant accablante pendant la journée, on ne peut pas dormir ou, en tout cas, le sommeil n'est pas réparateur, parce qu'il est trop agité: on ne profite pas ainsi de l'abaissement nocturne de la température. La balance n’est done pas égale, et il vaut infniment mieux marcher pendant le jour et profiter de la nuit pour dormir.

Avant de partir, il faut toujours manger quelque chose: par exemple, un verre de café avec un biscuit. Pendant la marche, il faut donner abondamment à boire, autant que possible, car la boisson, non alcoolique, prise pendant la marche, favorise la sueur et prévient, Jusqu à un certain point, les insolations.

Au Set de la quinine préventive, on ne devra l'employer que lorsqu'on traverse des régions où sévit le paludisme.

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Pendant la marche, le médecin doit toujours être sur le qui-vive, à cause des insolations et des collapsus cardiaques qui peuvent se présenter chez les soldats ou les porteurs. C’est surtout quand la chaleur est étouffante et qu'il n'y a pas une brise d'air qu'il faut faire attention ; malgré l'écran constitué par le casque, les rayons du soleil sont très nocifs ; on se sent alors la tête prise; ce n’est pas encore le mal de tête, mais il faudrait bien peu de chose pour que cette sensation dégénère en céphalalgie. Il faut alors prendre son mouchoir ou des herbes, les mouillersi possible et mettre cet écran isolant dans son casque. Même sans eau, le mouchoir ou des feuilles interposés entre la tête el le casque procurent un grand soulagement et peuvent parfois empêcher des insolalions. Une bonne précaution, également, est de se plonger les pieds et les mains dans l’eau froide.

Les moyens de transport pour les insolés, les éclopés, les blessés doivent être nombreux; car rien ne démoralise plus une troupe que de semer par-ci, par-là, des soldats ou des porteurs.

Il faut se rappeler que l'exercice musculaire est un des facteurs principaux de l'insolation; il faut donc veiller à éviter autant qu'il est possible tout sarmenage. Aussi le soldat ne doit porter que ses armes ; le soldat français ne porte pas le sac, mais la musette, contenant des cartouches, les vivres de la journée, un bidon en aluminium, une serviette, une éponge, un voile de mousseline et une cartouche de pansement; le tout ne doit pas peser plus de 15 kilogrammes, et c'est encore beaucoup trop aux colonies. Il ÿ a un porteur pour deux hommes. Dans la guerre des Achanlis, les Anglais avaient, pour un bataillon de 600 Européens, 650 porteurs, ainsi décomposés 217 pour les soldats, soit 1 porteur pour 3 hommes ; 240 porteurs de pain et 193 cuisiniers, boys et porteurs de tentes. Pourun bataillon indigène de 600 hommes, il ÿ avait 206 porteurs.

Au Dahomey, il y eut.1 porteur de bagages pour 2 soldats et 1 abri pour 3 soldats.

Dans l'expédition anglaise d'Abyssinie de 1868, il y eut, pour un bataillon de 600 hommes, 478 mulets et 400 suivants d'armée. L'armée abyssine est également suivie d'un nombre considérable de porteurs, dont la plupart sont des femmes. Les soldats ne portent absolument que leur fusil etune cartouchière autour de leur taille.

La marche est désastreuse pour une troupe, en temps de pluie. Pendant la grande saison des pluies, on peutrencontrer des obstacles à tous les pas; les ruisseaux qu'on passait à sec un jour auparavant peuvent se changer en torrents impétueux. IT faut donc éviter de s'aventurer pendant la saison des pluies.

Le soir, il faut changer de vêtement, et cette recommandation s'applique, d'ailleurs aussi bien aux climats tempérés qu'aux climats

tropicaux. On peut rester mouillé pendant la journée el ne pas s'en porter plus mal; mais, s'ilcoucheavecses vêtements mouillés, l’homme

le plus robuste tombera malade. C'est là une cause banale d'accès paludéens, en particulier.

Lieux de campement. — Il faut choisir autant que possible, pour le campement, un endroit élevé, parce qu'il sera plus sec, plus salubre et moins exposé aux moustiques. De plus, au point de vue stratégique, qu'il faut toujours considérer même en exploration, cela est plus avantageux : il est plus difficile d'être surpris sur un mamelon que dans une vallée ou dans une plaine.

Si on campe sur une hauteur, il faut s’abriter contre le vent régnant, en se mellant à quelque distance du sommet.

Lorsqu'on élablit le campement, il faut éviter autant que possible de remuer la terre; les travaux de terrassement sont une cause d'éclosion d'épidémies paludéennes. En temps de pluie, cependant, il est nécessaire d'établir des rigoles le long des tentes, et elles devront être reliées à une rigole unique qui suivra la pente des eaux.

Tout le travail de campement doit être fait exclusivement par les indigènes; aucun Européen ne doit être palefrenier, portefaix ni cuisinier, n1 surtout terrassier ; tout cela est l'affaire des porteurs.

Les tentes doivent être doubles, pour éviter les insolations.

Le fait de rester sous une tente simple pendant deux à trois heures en plein midi, la tête découverte, peut exposer à de violents maux de tête et même à des accidents. S'il fait trop chaud et si on a de l’eau à discrétion, on peut, de temps en temps, arroser les tentes, les rafraîchir. Dans les expéditions militaires bien ordonnées, les baraquements pourrontrempla cer les tentes.

Dans la guerre des Achantis, les troupes en arrivant à l'étape trouvaient tout prêts des baraques confortables avec des lits complets, élevés au-dessus du sol, et ce qu'il fallait pour se laver, manger et se coucher. Les baraques dont se servaient les Anglais pendant la guerre des Achantis sont très pratiques. Il en existe des modèles analogues en France.

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