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SOS PE A CE

Le plus grand nombre de ces malheureux sont des libérés. C'est ainsi qu'en 1901 l'examen bactériologique permettait de déceler sans recherche systématique 27 lépreux de race blanche, dont 1 relégué, 10 condamnés et 7/6 libérés. Sur les 92 lépreux de l’administration pénitentiaire internés aux Bélep, on comptait, en 1904, 58 libérés (1).

Il est ainsi facile de s'expliquer la constitution de foyers de lèpre dans la population libre. Malheureusement, pour arrêter la propagation de la lèpre parmi l'élément libre, la lutte n'a pu encore être ébauchée, malgré les rapports et les appels pressants du service de santé (2). |

D'une part, l'idée d'entrer dans une léproserie inspire une horreur profonde aux malades; d'autre part, le budget de Ia colonie ne lui a pas permis d'installer une léproserie- “hôpital où les malades libres de toutes classes pussent être isolés et traités dès le début de leur maladie.

C'est dans cette solution cependant que réside la prophylaxie de la lèpre parmi les colons et les fonctionnaires. Le péril actuel pour la colonie venant de la disparition des lépreux indigènes et de leur remplacement par des lépreux européens, il est indispensable de faire exécuter la loi sur la déclaration obligatoire des maladies contagieuses et d'habituer la population à faire entrer ses malades, non dans une léproserie, qui signifie séquestration sur unîlot abandonné, mais dans un sanalorium, pourvu de tous les moyens d'action AS disposent la Hérpatique et l'hygiène modernes.

(1) KenmonGanr, Historique sommaire de la lèpre dans nos diverses possessions coloniales : Ann. d’hyg. et de méd. coloniales, 1905.

(2) Voy. Primer, Prophylaxie de la lèpre en Nouvelle-Calédonie. Ann. d'hyg. et de méd. coloniales, t. IV, 1901, p. 513 540.

Dans une colonie de peuplement comme la Nouvelle-Calédonie, il appartient au médecin de modifier la conceplion acluelle de la lèpre qui fait du lépreux un objet d'horreur ; de répandre la notion de la curabilité de la maladie : de faire comprendre aux administrations la nécessité de l'assistance au lépreux comme on l’applique au tuberculeux et au syphilitique; de faire disparaître enfin, avec le terme moyenàgeux de léproserie, les précaires installations coloniales pour imposer à l'opinion publique la nécessité du sanatorium-hôpital Alors seulement le lépreux viendra facilement au médecin, alors seulement verra-t-on un grand nombre de cas traités dès le début de la maladie, et ce sera là sans doute le seul moyen de parvenir à la cure de la lèpre.

Il est temps d’ailleurs que la métropole comprenne le danger qui s'accentue pour elle avec la progression incessante des lépreux revenant en France et qu'elle apporte dans ce but à cette colonie d'avenir qu'est la Nouvelle-Calédonie les secours budgétaires indispensables.

Il nous paraît important enfin d’insister sur le fait que nous avons déjà signalé, il y a quelques années, que les moustiques, très nombreux en Nouvelle-Calédonie, paraissent jouer un grand rôle dans la propagalion familiale de la lèpre (1).

FILARIOSE ET ÉLÉPHANTIASIS. — L'éléphantiasis, Ja chylurie ont été signalés depuis les premières années de l'occupation par les médecins de la marine. Ces symptômes sont généralement considérés comme des manifestations de la filariose. Nous avons constaté d’ailleurs la présence des embryons de filaire (F. nocturna) dans le sang des indigènes et des Européens, quelquefois même en l'absence de toute manifestation du côté du système lymphatique. Les crises épileptiformes sont assez fréquentes chez les Canaques : elles paraissent liées, dans quelques cas, à la présence des embryons de filaire dans la circulation cérébrale.

Il faut reconnaître toutefois que l'éléphantiasis et la chylurie n'ont pas pris les proportions que l’on observe à Tahiti et aux îles Wallis (2).

AUTRES MALADIES INDIGÈNES. — Le « tokelau », aspergillose cutanée, est peu répandu en Nouvelle-Calédonie, sauf chez les immigrants des Nouvelles-Hébrides, sur lesquels d'ailleurs une surveillance minutieuse s'exerce à l’arrivée. Le pian (tonga), le pytirtasis versicolor, l'herpès circiné, les syphilides sont d'observation courante.

La dysenterie paraît être la dysenterie amibienne et s'accompagne

(1)Noc, Fonctionnement du laboratoire de bactériologie de Nouméa. Ann. d’hyg el de méd. coloniales, 1903, no 3. se

(2) LawG et Noc, Les filaires en Nouvelle-Calédonie. A 1 1 1 Vie non nie. Archives de parasitologie,

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