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LÈPRE

On observe d'ailleurs toutes les formes : pulmonaire, méningitique, péritonéale, cutanée. Le lupus, les ulcères fongueux des articulations du pied (ceux-ci portent le nom de crabe, mal qui ronge le pied) sont très répandus, de même que l'ostéite coxo-fémorale ou vertébrale. On rencontre assez fréquemment chez la femme une sorte de granulome induré et ulcéré des parties génitales, rebelle aux divers traitements. Le Dantec en a reconnu par l’inoculation la nature tuberculeuse (1).

LÈPRE. — Le problème de la lèpre, par le danger qu’elle présente pour l'Européen, est le plus grave qu'ait à envisager l'hygiéniste dans l'ile Calédonienne : difficultés budgétaires, difficultés d'internement des malades, difficultés de ravitaillement des léproseries, rien ne manque pour rendre la question complexe et délicate.

Fig. 64. — Habitations de lépreux européens à la léproserie de l’île aux Chèvres, près Nouméa.

La lèpre aurait été introduite par un Chinois avant 1865 dans le nord de la colonie. De là elle a été peu à peu disséminée dans toutes les tribus canaques.

En 1889, frappées des progrès rapides de l’endémie, signalés depuis longtemps par les médecins, les autorités locales finirent par décider la création de cinq léproseries partielles au voisinage des principales tribus : à l'ile aux Chèvres, près de Nouméa (fig. 64); au pic des Morts, près de Canala; au cap Bocage, à Houaïlou; à la pointe de Cougouma près Hyenghène; à Maré, une des îles Loyauté.

L'expérience montra bientôt que l'isolement ainsi pratiqué à proxi-

(1) Le Danrec, Précis de pathologie exotique, 1904,

mité des tribus était illusoire, les malades allant et venant des léproseries aux tribus et les parents sains se mêlant aux lépreux. Aussi, en 1893, l'installation d'une léproserie centrale à l'ile Art (des Bélep) fut-elle décidée. En 1895, 600 lépreux environ y élaient internés. Deux ans après, on n'en comptait plus que 172 : à part quelques morts, presque tous les indigènes avaient regagné leurs tribus. Devant les dépenses considérables engagées el le petit nombre de lépreux effectivement isolés, le Conseil général supprima le crédit affecté à la léproserie. C’est ainsi qu'on dut revenir, malgré les invitations réitérées du département, au système des léproseries partielles qui fonctionnent sous la surveillance des administrateurs et, de la gendarmerie et sous la responsabilité des chefs de tribus, qui no assurer l'entretien et la nourriture de leurs lépreux. On a créé ainsi 23 léproseries sur la côte est et 12 sur la côte ouest. Les lépreux des îles Loyauté doivent être isolés sur l'ilot Doudoune, à proximité de Maré et de Lifou. Ces léproseries renfermaient, en 1902, 568 indigènes, dont 190 pour les iles Loyauté. Il est probable qu'il reste à l'heure actuelle bien peu de lépreux non isolés; le nombre total des indigènes malades, qui a été beaucoup exagéré, ne doit pas dépasser 600, la mortalité élant chez eux très grande : le mal les tue en quatre ou cinq ans.

L'administralion pénitentiaire envoie ses lépreux à l'ile Art, qui renfermait, en 1904, 92 lépreux (Kermorgant).

On ignore le nombre des Européens libres atteints de lèpre. On peut en trouver une dizaine à Nouméa; ils sont plus nombreux dans l'intérieur; quelques-uns parviennent à partir en France, la plupart restent cachés.

En ce qui concerne les indigènes, le péril semble moins menaçant qu'il y a quelques années : si le système des léproseries partielles imposé par leur répugnance pour toute séquestration semble défectueux, les enquêtes incessantes et rigoureuses pourront néanmoins diminuer la diffusion dans les tribus.

Un danger plus immédiat nous semble résider dans un autre élément de propagation de la lèpre, qui est le « libéré ». Lorsque le condamné aux travaux forcés a Lerminé sa peine, il est autorisé à se fixer dans la brousse et choisit généralement le voisinage d’une tribu où 1] pourra, grâce au pécule amassé pendant sa détention, se procurer des femmes et faire le commerce de l'alcool. Dans la promiscuilé qui va s'élablir entre eux, les indigènes et le libéré pourront aisément faire l'échange de De tares : la lèpre et l'alcoolisme. Le libéré deviendra pr au bout de quelques années, au moment où, fatigué de sa vie sédentaire, il se mettra à vagabonder à travers l'ile. On le trouve partout en effet : employé aux mines, aux cultures, aux élevages, souvent dans l'intimité de la vie du colon ; au chef-lieu, les professions les plus répandues : jardinier, cocher, marchand de pois-

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son, tenancier de bar, etc., sont entre ses mains. Sa vie nomade, tour à tour indigène et européenne, en a fait le plus sûr intermédiaire entre les foyers de lèpre des tribus et la population blanche des centres de colonisation. Il faut ajouter que les libérés échappent le plus souvent aux visites sanitaires : ils évitent autant que possible tout ce qui les rapprocherait de l'hôpital et de l'administration. La misère el l’impotence absolue les conduisent seules auprès du médecin. Dans ces conditions, la lèpre frappe sans relâche parmi eux. Rare chez les relégués, qui sont séparés du reste de la population, l'endémie lépreuse atteint surtout les condamnés concessionnaires, qui jouissent d'une liberté relative, et surtout les libérés. Les cas de lèpre contrôlés par le microscope chez les Européens dans ces dernières années se réparlissent ainsi :

LSOOE on. RESATIE 6 nouveaux:cas. 19007 .:.., 1... 38 nouveaux cas. RÉ eee FE — ON LME ET) — ABOU CE CIN 277 — LOUORE. ANIURRR. 36 —

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