NOUVELLE CALÉDONIE
ET NOUVELLES H£LBR/IDrS
Fig. 67. — Carte des Nouvelles-Hébrides.
À Aurora, à Valé, où se trouvent les centres français et anglais de
(1) P.-R. Jocx, Notes sur les Nouvelles-Hébrides, Bulletins’ el! Mémoires de ta
Soc. d'anthropologie de Paris, mai 1904.
Port-Vila et de Port-Havanah, les indigènes, plus instruits, savent cultiver les légumes d'Europe, choux, oignons, etc.
HABITATION. — De forme variable, carrées où coniques, en ruches d’abeilles ou simples toits très bas, les cases sont faites de pieux, de troncs de cocotiers ou de bambous reliés ensemble. La toiture, d'herbes sèches mêlées d'argile, ou de feuilles de cocotier et de pandanus tressées ou superposées, descend jusqu'au niveau du sol. À l'intérieur, des nattes et des feuilles sèches servent de lits; le feu est toujours allumé ; une fumée continuelle envahit la case; elle semble destinée à éloigner les moustiques, qui d’ailleurs finissent par s’y habituer.
Les colons des Nouvelles-Hébrides possèdent des habitations spacieuses et fraîches, mais qui sont encore dépourvues des grillages métalliques destinés à assurer la prophylaxie du paludisme.
PATHOLOGIE ET HYGIÈNE. — La pathologie des Nouvelles- Hébrides est encore incomplètement connue. D’après les observations faites sur les habitants des côtes et les colons européens, la tuberculose et le paludisme sont les deux endémies prédominantes.
La tuberculose se rencontre sous toutes les formes, comme chez les Néo-Calédoniens.
Quant au paludisme, il y sévit avec intensité, aussi bien sur l'indigène que sur l'Européen qui est lui-même mal protégé, méprise généralement les règles d'hygiène et souvent aussi traite la fièvre par l'alcoolisme. Quant aux sels de quinine, ils sont généralement appréciés, mais absorbés sans aucune méthode. Aussi les accès pernicieux el la cachexie sont-ils d'observation fréquente. La période habituelle d’incubation du paludisme est de douze jours, et il revient fréquemment à l'hôpital de Nouméa des libérés et des colons pris d'accès pernicieux, douze à quinze jours après leur débarquement aux Hébrides. La fièvre bilieuse hématurique a été également observée (Morel).
M. Laveran a décrit une espèce nouvelle d’Anopheles parmi les Culicides des Nouvelles-Hébrides (Anopheles Faraulti) (1). Il serait intéressant de préciser le rôle que joue cette espèce dans la propagation du paludisme aux Nouvelles-Hébrides.
Les maladies culanées (pian, tokelau, herpès circiné) sont extrémement répandues. On observe souvent des cas de tokelau généralisé à tout le tégument : l'indigène est couvert d'écailles (légende de l'homme-poisson).
La /ilariose a été observée avec ses diverses manifestations. La lèpre est assez répandue, mais nous avons peu de notions exactes sur sa distribution. L'avortement est pratiqué, mais moins couramment qu'en Nouvelle-Calédonie. On constate assez souvent des morts
(1) Laveran, Sur les Culicides des Nouvelles-Hébrides. C.- R..Soc. biol. 12 juillet 1902. |