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HT. — NOUVELLES-HÉBRIDES

L'archipel des Nouvelles-Hébrides (fig. 67), situé entre 14° 29’ et 20° 4 de latitude sud et 164 et 168 de longitude est, au nord-est de la Nouvelle-Calédonie, forme une chaine étroite de 140 lieues environ, du nord-nord-ouest au sud-sud-est.

On distingue deux groupes d'îles : 1° au sud, Aneitum (Anatom), Erronan (Foutouna), Tanna, Immer, Erromango ; ce sont les îles les plus élevées; — 2° un groupe septentrional avec Sandwich, Api, Mallicolo, Ambrym, Pentecôte, Aoba, Aurore, Saint-Esprit.

GÉOLOGIE. — L'aspect de ces iles est très varié : Tanna, Lopevi, Ambrym sont volcaniques : on y trouve même des volcans en activité. Les autres sont constituées par des assises de plateaux coralliaires disposées en gradins de 30 à 40 mètres de hauteur et coupés à angle droit. Des alluvions couvrent ces plateaux et assurent au sol une fertilité remarquable. La végétation est admirable par sa richesse, son élégance et son pittoresque.

On trouve de nombreuses sources sulfureuses, notamment à Tanna.

CLIMATOLOGIE. — On observe aux Nouvelles-Hébrides deux saisons comme en Nouvelle-Calédonie, avec périodes de transition et pluies irrégulières. Le degré d'humidité et la température sont toutefois plus élevés que dans notre colonie. Le thermomètre sec marque à midi 28 à 32° et à minuit 25 à 27° dans les mois les plus chauds de Janvier, février, mars et avril (1). De mai à octobre, on observe des

températures de 24 à 27°, avec oscillations nychthémérales de 3° environ.

Les vents alizés du sud-est soufflent généralement. Les ouragans et les orages sont fréquents, à l'inverse de ce qu'on note en Nouvelle- Calédonie. De plus, ces îles sont fréquemment agitées par des tremblements de terre, surtout à Saint-Esprit, Tanna, Ambrym.

ANTHROPOLOGIE. — On évalue la population à 30 000 à 35000 habitants, soit Saint-Esprit : 7000; Sandwich, Mallicolo, Ambrym : chacune 4 000 à 5000; Aurora, Tanna, Api : 2 000 à 3 000; Anatom, Erromango, Pentecôte : 1 500 ou 2000 environ.

Les indigènes n’appartiennent pas à une seule race : la population mélanésienne de cesiles a subi de nombreuses invasions polynésiennes et les métissages sont encore fréquents aujourd'hui. On rattache cependant les Néo-Hébridais aux deux sous-races papoue et mélanésienne proprement dite.

A Mallicolo, Anatom, Erromango, en effet, la peau est noire, les

(1) Mon, Les Nouvelles-Hébrides. Arch. de méd. navale, t. XXX VIII, p. 401, 1882-1883. -- Bernaz, 1bid., 1899.

cheveux laineux, le crâne allongé. Le type est plus grand, plus alerte, plus intelligent à Tanna, Sandwich; Saint-Esprit : les indigènes ont les cheveux plus longs, le teint chocolat.

À Port-Sandwich (Mallicolo), on rencontre aussi des hommes simiesquesressemblant aux aborigènes de la Nouvelle-Galles du Sud. On connait peu d'ailleurs les Canaques del'intérieur queles hommes du rivage désignent sous le nom de men bush (hommes de la brousse) et qu'ils considèrent comme malfaisants. À Saint-Esprit, le dialecte se rapproche du tahitien, les hommes sont nus, forts, ont la peau très noire. Les hommes de Foutouna ressemblent aux Calédoniens. A Tanna, ils sont considérés comme très cruels, lâches, voleurs et anthropophages.

Très superstilieux, entourés d'’esprits malins, amoureux de vengeance afin de pouvoir satisfaire les âmes des morts, les Néo- Hébridais ont de nombreux sorciers ou guérisseurs (/akata). Les mœurs sont assez pures : la séparation après le mariage facilite les unions successives qui sont plus fréquentes que la polygamie.

Le tatouage, les danses guerrières sont de véritables passions. Ils aiment aussi les parures de perles, les bracelets faits de dents de cochons sauvages et les plumes dans la chevelure. On mange encore la chair humaine dans l’intérieur de plusieurs îles et ceci, simplement parce que l'homme, à leurs yeux, n’est pas différencié d'un autre animal. Détail caractéristique : on étouffe les vieillards impotents, les incurables, et ce meurtre leur parait très naturel ; c’est sans doute un phénomène instinctif de défense, comme celui qu'on observe chez les animaux qui achèvent leurs congénères malades (Joly). D'une façon générale, on peut dire que les Canaques des Nouvelles-Hébrides sont aux derniers échelons des races humaines. Ils constituent toutefois une main-d'œuvre appréciée en Nouvelle- Calédonie etsont capables d'acquérir des sentiments moraux très vifs, quoique passagers, tels que la reconnaissance et même le dévoñment.

VÉTEMENT. — Le vêtement est fort réduit dans l'un et l’autre sexe ; la parure prédomine : perles et coquillages, peignes de bambou. Les femmes portent des pagnes en fibres de cocotier. À Erromango, elles ont des jupes en écorce et en feuilles de maïs, comme on en voit aux iles Fidji. À Mallicolo, les hommes ont une large ceinture en écorce avec une touffe de feuilles aromatiques en arrière, dans le pli interfessier.

ALIMENTATION. — La nourriture se compose de pâte de banane et d'igname râpée, du fruit de l'arbre à pain, de cocos, de poisson, de crevettes d'eau douce et, assez rarement, de cochon sauvage ou de volaille. Dans le centre et sur la côte est, la chair humaine est cuite dans des trous creusés dans la terre, garnis de cailloux chauffés à blanc et recouverts de pierres plates chauffées. La préparation de cet aliment dure quarante-huit heures. On y ajoute

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