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Fig. 68. — Flèches empoisonnées, etc. {d'après H. Le Chartier).

retirer la pointe d'une flèche ; avec l'éclat de verre ou de coquille, on saigne tout malade au front ou au pli du coude, et l'écoulement du sang est activé avec la côte de feuille de cocotier.

À Ambrym, il existe des cases spéciales pour les malades. Ces cases sont brûlées après la mort ou la guérison. Les morts sont veillés par les femmes pendant de longs jours dans des grottes où l'on dépose les cadavres. Souvent, elles ne les abandonnent que lorsque la putréfaction complète les a réduits à l'état de squelette.

Un point particulier de la pathologie des Nouvelles-Hébrides consiste dans la préparation et l'action des flèches empoisonnées (fig. 68). Pointes d'os humain ou d'os de porc fixées à l’extrémité de roseaux grèles, ces flèches sont trempées dans le cadavre en putréfaction d'un oiseau qu'on a laissé pourrir dans la vase. Cet enduit visqueux se dessèche, emportant avec lui les spores du télanos et du vibrion septique. C'est au télanos que succombèrent, en 1875, le commodore Goodenough et plusieurs hommes de l'équipage de la Pearl, atteints par ces flèches empoisonnées (1).

L'usage de ces armes redoutables, encore assez répandu, cède de plus en plus la place à celui du fusil, et les navires recruteurs d'engagés pour les iles voisines sont souvent reçus aux Nouvelles- Hébrides par les balles des indigènes qui veulent venger la mort ou le départ d’un des leurs.

Dans certaines îles, comme à Api, selon le D' Joly,ils savent manier les poisons, le suc toxique des Crotons entre autres, qu'ils emploient en les dissimulant dans les aliments.

Depuis quelques années, la France a envoyé un médecin aux Nouvelles-Hébrides ; il réside à Port-Vila. L'influence civilisatrice du médecin peut être considérable dans ces îles encore très peuplées : les indigènes acceptent volontiers les conseils et les médicaments et aiment se confier au takata français. Toutefois l'insouciance et la paresse intellectuelle des habitants rendent encore lointain l'espoir de civiliser la plupart de ces iles aux races tout à fait inférieures.

(1) Le Danrec, Précis de pathologie exotique, 1904. — A.-B. Messer, Recherches

sur les flèches empoisonnées des naturels des îles de l'océan Pacifique. Statistical report on the health of the Navy for the year 1875, analysé in Arch. méd. navale.

HYGIÈNE

DES

PAR

LE D: ALLIOT,

Médecin des troupes coloniales.

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