DÉCEMBRE
Naissances. ...| 1 140 | 159 ÿ ( ù ; 27 | 125 | 122 [1967
Fièvre bilieuse hémoglobinurique. — À côté du paludisme, doit prendre place la fièvre bilieuse hémoglobinurique ou bilieuse
hématurique, suivant l'expression généralementadoptée dans le monde colonial. Cette affection est, à Madagascar, d'une fréquence considérable el cause la majorité des décès d'Européens. Là comme ailleurs, la race blanche y est particulièremeut sensible. Les races purement noires de la côte : Betsimisaraka, Sakalava, par exemple, ne sont pour ainsi dire jamais atteintes, mais les Antimerinas de race jaune sont quelquefois touchés lorsqu'ils quittent leur pays et descendent sur les régions côtières. Chez eux, d’ailleurs, comme chez le blanc, de grandes relations semblent exister entre l'affection et le degré d'impaludation des individus. Sans entrer en discussion au sujet de la pathogénie, qui n’est pas du cadre de ce travail, disons toutefois qu'à Madagascar, comme dans les endroits à bilieuse hématurique, il faut remarquer : 1° une relation de fréquence entre le paludisme et l'hématurie, puisque seuls en sont frappés les gens profondément impaludés ; 2 qu'un certain séjour dans la colonie est nécessaire, une attaque de bilieuse hémoglobinurique ne se produisant jamais instantanément chez le nouveau débarqué, comme il peut arriver pour un accès pernicieux palustre; 3° une relation de cause à effet entre la quinine et l'hématurie, mais avec cette restriction que ces accidents se produisent souvent et brusquement chez des gens capables jusque-là de supporter les sels de quinine, mais en ayant pris rarement et s'étant, par ce fait même, laissés profondément impaluder; 4° que l'administration par la bouche de la quinine provoque facilement l’hématurie, l'injection sous-cutanée la provoquant moins aisément; 5° qu'une première attaque, loin de conférer l'immunité, prédispose, au contraire, à l'apparition d’une série d’autres.
En tous les points de l'île se rencontre l'affection ; néanmoins, le plus grand nombre des cas signalés sur les hauts plateaux sont ceux de gens qui, s'élant profondément impaludés dans les régions chaudes de la côte, montent dans les régions froides du centre. Il semble, en effet, que le refroidissement brusque de l'organisme par une cause quelconque soit un facteur important dans l’éclosion de cette affec- Uon. Il est rare que, même dans les cas observés à la côte, l'interrogatoire du malade ne permette pas de meltre en cause le froid, el l'on sait combien sont fréquents les cas de bilieuse hématurique à bord des bateaux chez les rapatriés; combien sont nombreux les coloniaux indemnes dans la colonie et atteints dès leur arrivée en France.
L'impaludé devra donc d'autant plus faire attention au froid sous une forme quelconque (froid de la nuil, transpiration, douche) qu'il est plus paludéen et qu'il se sentira plus fatigué. Aussitôt l'apparition de l'urine noire, il cessera l'usage de la quinine. À moins de s'exposer à des rechutes pouvant avoir une issue fatale, il devra rentrer en Europe directement, si c'est l'été ou le printemps; rentrer encore, mais