MADAGASCAR. — LÉPRE
en S'arrêtant dans un pays à température douce si c’est l'hiver, dans nos hôpitaux de Djibouti ou de Suez par exemple.
C'est au paludisme qu'il faut rattacher la maladie nerveuse appelée par les Sakalaves « Velonandrano », par les Hovas « Menabe » ou plus souvent « Ramanenjana », sorte de chorée hyslérique éminemment contagieuse, qui, à certaines époques de l'histoire malgache, a sévi sous forme épidémique. Caractérisée par des mouvements incessants et un besoin impulsif de danser, cette névrose, d'après une intéressante étude du médecin malgache, le D' Andrianjafy, est produite par le paludisme chez des gens prédisposés à la névrose : opinion à laquelle nous nous rangeons, Jourdran et moi-même, car nous avons trouvé nettement chez une malade de l'hôpital indigène des hématozoaires dans le sang au cours d’une attaque que nous traitâmes avec succès par la quinine. Il est à remarquer d'ailleurs que tous les Malgaches, quelle que soit leur race, ont un système nerveux extrêmement sensible. Chez les Hovas et les Sakalaves, on trouve couramment les formes de la grande hystérie, et le réflexe pharyngien est aboli chez eux dans les deux tiers des cas. Ces notions sont utiles à connaître.
LÈPRE. — La lèpre (boka) est extrêmement répandue dans tous les points de Madagascar, et 1l ne semble pas y avoir de provinces qui aient échappé à la contagion. Les renseignements ne sont pas encore suffisants pour pouvoir indiquer les zones les plus contaminées ; néanmoins 1l semble bien que l’Imerina, le Betsiléo et la région sud vers Farafangana doivent être rangés parmi les plus atteints.
Depuis longtemps déjà le gouvernement malgache avait essayé de prendre des mesures et ordonné l'isolement des lépreux. Mais règlements et arrêtés ne furent pas appliqués. Il y a quelques années encore on voyait à l'entrée des principaux centres et de Tananarive, en particulier, des groupes de ces malheureux sollicitant la charité du voyageur.
Les missions, de leur côté, avaient fait les plus louables efforts et avaient créé plusieurs asiles pour lépreux : ;
Les jésuites, deux léproseries : l’une aux environs de Tananarive, à Avaratr'Ilafy en 1885; l’autre à Marana, auprès de Fianarantsoa en 1893:
La mission protestante norvégienne, deux léproseries : une à Antsirabe en 1881 ; l'autre en pays Betsiléo en 1882.
Les missions protestantes anglaises, deux léproseries : une à Soavina en 1885; l’autre en pays Betsiléo en 1895.
Asiles malheureusement insuffisants et présentant le grave défaut de n'être pas complètement clos. Souventles malades s'en éloignaient pour aller, le long des chemins fréquentés, implorer la charité des
passants.
Depuis l'occupation, de nombreuses léproseries ontété créées. Elles
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sont closes, et les Iépreux ne peuvent en sortir. Les malades y sont envoyés d'office par le chef de la province après examen et avis du médecin-inspecteur de l'assistance médicale. A l'heure actuelle, 3 200 lépreux sont isolés, et le nombre doit en être porté Incessamment à 3750. Il y aura lieu de faire encore mieux, car il restera encore une foule de malades libres. Une statistique récente en porte le nombre total à 5 700. Il doit y en avoir plus.
Le graphique figure 39 montre le mouvement suivi depuis 1895 par l'isolement des lépreux.
Les quelques notions anthropologiques données au début de ce
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Fig. 39. — Courbe de l'isolement des lépreux de 1896 à 1905.
travail montrent l'impossibilité qu'il y aurait à réunir tous les lépreux de l'ile en une ou deux grandes léproseries. Ajoutons en plus que ces races si diverses sont Loutes attachées aux régions qu’elles habitent et qu'il faut toujours compter, dans un pays sans route et sans voies rapides de communication, avec les difficultés du voyage et le prix du transport. Le gouverneur général a donc avec raison préféré créer une série de léproseries correspondant chacune à un groupement ethnique. L'Imerina a ses léproseries pour les Hovas. Les Betsiléos ont les leurs. La léproserie de la Pointe-à-Larrée va recevoir les Betsimisarakas de la côte est. À Sakatia seront isolés les lépreux Sakalavas du nord-ouest. Ceux de la côte ouest ont la léproserie de Maintirano bientôt doublée par celle de Morondava. Enfin les peuplades du sud possèdent l'asile de Farafangana.